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Le portrait d’Adèle Bloch-Bauer– également connu sous le nom de La Dame d’Or –de Gustav Klimt attire l’attention de l’imaginaire collectif dans le monde entier depuis des décennies ; non seulement c’est l’une des œuvres d’art les plus précieuses sur le marché, mais l’image a été reproduite plusieurs fois dans différents objets, il existe même une poupée inspirée par Adèle ; mais très peu connaissent la triste histoire que raconte cette toile.

Sigmund Freud développe ses théories de la psychanalyse, Richard Strauss compose “Electra” et la Sécession viennoise est à son apogée.

Ce dernier est un mouvement qui s’est formé grâce à un collectif d’artistes et que le peintre symboliste autrichien Klimt a contribué à fonder, dont le but était de s’opposer à l’académisme et d’ouvrir ses portes aux nouvelles propositions artistiques des jeunes peintres.

A cette époque, la ville était le centre de grandes avancées et d’importants penseurs coexistaient et échangeaient des connaissances différentes.

Au début du siècle dernier, la société viennoise était profondément complexe ; son multiculturalisme se reflétait dans la composition de sa population, car il y avait de nombreux migrants de Bohême, de Moravie et d’autres d’origine juive.

Ce dernier groupe, bien que très petit, a eu une grande influence sur l’économie du pays, car il possédait de puissantes institutions financières et de grandes entreprises.

Il est possible que cette situation ait provoqué une sorte de rejet des Juifs et des manifestations antisémites, surtout en temps de crise.

Le peintre autrichien Gustav Klimt était le fils d’immigrants de la région de Bohême ; il avait une carrière très mouvementée et, dès son plus jeune âge, il s’écarta du traditionalisme qui accompagnait la peinture viennoise de l’époque.

Cette voie lui a valu de nombreuses répudiations et, en même temps, de nombreux adeptes; d’ailleurs, on sait qu’il avait beaucoup d’amants et l’érotisme était un aspect qui l’a toujours intéressé, qu’il a su saisir de manière magistrale dans son travail.


Quand il commença à dessiner Adèle, il avait déjà une certaine notoriété et était un portraitiste de personnages riches.

Le mari d’Adèle, un riche producteur de sucre, l’a engagé et a parié sur sa façon novatrice de faire de l’art.

Le projet a commencé en 1903 et a duré environ trois ans, et la femme est devenue la seule femme représentée deux fois par le peintre ; certains biographes de l’artiste ont spéculé sur une possible romance entre eux, mais tout ce que l’on sait est qu’ils étaient de bons amis.

Le portrait de la Dame d’Or est considéré comme l’un des joyaux les plus importants de l’histoire de l’art mondial.

Le regard pénétrant d’Adèle contemple paisiblement quelque chose et est soutenu par les yeux égyptiens de la robe qui recouvre son corps pâle. Avec une influence byzantine et japonaise marquée, Klimt nous a imposé une vision sensuelle de cette femme qui ensorcelle tous ceux qui voient le tableau.

Une fois terminé, le travail s’est poursuivi pour orner la maison Bloch-Bauer, mais son histoire a pris un tournant inattendu.

Adèle mourut en 1925 et dans son testament, elle demanda qu’après la mort de son mari, son portrait fasse partie de la collection du Musée du Belvédère.

13 ans plus tard, avec l’entrée des Allemands en Autriche, les nazis s’emparèrent des œuvres d’art des juifs riches.

Selon les nazis, il s’agissait de capturer l’art de forgeron de la culture viennoise, qui était aux mains de l’étranger.

La famille Bloch-Bauer ne fait pas exception et subit les conséquences les plus tragiques du Troisième Reich, certains de ses membres ont dû émigrer et d’autres sont morts dans des camps de concentration, et leurs biens ont été confisqués par le régime.

Il a fallu beaucoup de temps à une descendante des Bloch-Bouers pour décider de mener une bataille juridique contre le gouvernement autrichien et récupérer la peinture injustement enlevée à sa famille.

Après l’ouverture de la procédure de restitution des œuvres d’art, l’Autriche a promis d’absoudre leurs fautes et de restituer les œuvres volées aux véritables propriétaires ; cependant, le portrait d’Adèle Bloch-Bouer était devenu l’un des piliers de la société et était considéré comme la Joconde autrichienne.

L’attention de la presse internationale sur cette affaire a rendu le procès compliqué et plein de bouleversements.


Maria Altmann, héritière des Bloch-Bauers, a fait appel à la souffrance du peuple juif et aux injustices subies par sa famille, si bien qu’après une longue lutte, à la fin du processus, elle a obtenu la décision du tribunal en sa faveur et la toile de sa tante lui fut donnée.

Cela a non seulement redonné à sa famille une partie de la dignité perdue en Autriche, mais lui a également permis de placer le tableau dans un endroit spécial pour honorer la mémoire d’Adèle.

Aujourd’hui, le tableau est exposé à la Neue Galerie de la 5e Avenue à New York, une ville qui a accueilli à bras ouverts tous les Juifs exilés d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Source : www.mediacritik.com


Le tableau a été peint à Vienne et commandé par Ferdinand Bloch-Bauer, un riche industriel qui, ayant fait fortune dans l’industrie du sucre, est devenu un mécène pour de nombreux artistes et notamment Gustav Klimt, qu’il a soutenu.

Adele Bloch-Bauer est le seul modèle que Klimt a peint deux fois puisqu’il existe un second tableau la représentant, Adele Bloch-Bauer II, réalisé en 1912.

Spolié par le régime nazi en 1938 à Vienne — de même que le collier de diamants porté par le modèle, qu’arbore désormais la femme de Göring —, le tableau a séjourné jusqu’en 2006 au musée du Belvédère à Vienne.

Au terme d’une longue bataille juridique, il a été rendu, avec quelques autres œuvres, à Maria Altmann, nièce du modèle et du commanditaire. C’est son avocat Randol Schönberg (en), petit-fils du compositeur Arnold Schönberg, qui a mené tous les procès en sa compagnie jusqu’à la restitution.

Il est acquis pour 135 millions de dollars par le milliardaire Ronald Lauder1, qui l’expose à la Neue Galerie de New York.

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