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La Judenplatz, ancien coeur de la vie juive viennoise (photo André Degon)

Vienne: à la découverte de la ville et du quartier juif

Pour la dixième année consécutive, Vienne a été élue ville la plus agréable à vivre au monde. Il n’y a pas meilleure période que l’automne et l’hiver pour découvrir les arts, la culture et les délices culinaires de Vienne. Au programme : visite de Château de Schönbrunn, de la Cathédrale Saint-Étienne ou de l’une des nombreuses expositions d’artistes nationaux et internationaux.

On dit de Vienne qu’elle est une vieille âme. Ce qui n’empêche pas la capitale de la valse d’inspirer l’avant-garde, aujourd’hui comme hier. Il en résulte un subtil mélange entre une architecture splendide et imposante et un charme tout en légèreté.

Contrairement à beaucoup d’autres grandes villes, Vienne a conservé intact son paysage urbain historique, marqué par de fastueux édifices baroques et historicistes. Quand on emprunte le boulevard du Ring, on passe ainsi devant le Staatsoper, le Burgtheater, le Parlement, l’Église votive, le Musée d’histoire de l’art et l’Hôtel de ville.

L’histoire de Vienne est étroitement liée à l’histoire juive. Les intellectuels et artistes juifs ont en effet contribué de manière déterminante au rayonnement culturel et scientifique de la capitale autrichienne.

Ainsi, depuis une trentaine d’années, la municipalité a beaucoup œuvré à la mise en valeur du patrimoine juif. Une balade à travers la Vienne juive donne un bon aperçu de l’histoire mouvementée de la communauté juive viennoise.

Le quartier des musées, où se côtoient le musée Léopold, le Musée d’art moderne, le Centre d’architecture et la Kunsthalle, est l’un des plus importants au monde, et sa vaste cour intérieur, un immense salon à ciel ouvert.

Vienne est sans contexte une ville à découvrir pour la richesse de son histoire et de son patrimoine. Jusqu’en 1938, cette ville a été particulièrement marquée par l’influence artistique et intellectuelle de sa communauté juive. Il suffit de se promener dans l’ancienne capitale de l’Empire austro-hongrois pour s’en rendre compte.

Par André Degon

Au nord de la ville, à l’ouest de la Praterstrasse, dans le deuxième arrondissement, Leopoldstadt

Ce quartier juif a été réhabité après la guerre. Autour de Templegasse, supermarchés, boulangeries, boucheries casher servent une population dont l’origine est totalement différente de celle d’avant 1938. Depuis les années 70, les Juifs ont immigré de Russie, de Géorgie, du Tadjikistan, d’Ouzbekistan. Communauté colorée où le rite sépharade l’emporte.Ce melting-pot offre une grande richesse culturelle et le marché des Carmélites (Karmeliterplatz) est devenu un des quartiers les plus insolites de Vienne. Boutiques de vêtements branchés jouxtent galeries de peinture et restaurants géorgiens comme Madiani qui propose des khinkalis, sortes de raviolis à la viande.

En remontant la Praterstrasse, anciennement Jägerzeile (le chemin des chasseurs), à l’angle de la Zirkusgasse, la statue de Johann Nestroy, comédien et auteur populaire du XIXe siècle, semble veiller sur l’immeuble du numéro16 où vécu l’écrivain Arthur Schnitzler qui impressionnait tellement Freud que le psychanalyste ne voulut jamais le rencontrer.

théâtre Nestroyhof- Hamakom construit au début du XIXe siècle par l'architecte Oskar Marmorek (photo Isolde.J)

théâtre Nestroyhof- Hamakom construit au début du XIXe siècle par l’architecte Oskar Marmorek (photo Isolde.J)

Plus loin, sur la Nestroyplatz il ne faut pas hésiter à pousser  la porte d’entrée du NestroyHof.

Cet immeuble de style Jugendstil, construit au début du XIXe siècle par Oskar Marmorek, ami de Theodor Herzl, cache un vrai trésor : au rez-de-chaussée, se trouve les restes du Théâtre Juif de Vienne. Le plafond de verre, le balcon aux rambardes rouillées, les murs souillés sont en cours de restauration. Ce théâtre qui est en train de renaître de ses cendres sous le nom de théâtre Nestroyhof- Hamakom (www.hamakom.at ), est réutilisé comme centre culturel.

Dans les années 30, sous le nom de Reklame, le théâtre était le rendez-vous des auteurs viennois, un centre de créativité international,. Une association s’est battue pour sa réouverture.

La Czerningasse, à droite du NestroyHof devrait être empruntée religieusement par tous les visiteurs. Dans cette rue, Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, qui ne suivit pas la même direction que Sigmund Freud, ouvrit un cabinet de médecine générale pour les plus démunis.

Sur le trottoir opposé, est né et a travaillé jusqu’en 1942, avant d’être déporté, Viktor Frankl, le père de la logothérapie dont la vie fut exceptionnellement riche. D’une grande sagesse, cet homme fut reconnu et respecté dans le monde entier  pour sa pensée.

1/La grande roue sur le Prater( Photo J.Thuault) 2/Synagogue Joseph Kor, une merveille de style Biedermeier 3/ Juif religieux du quartier de Leopoldstadt (Photos André Degon)

1/La grande roue sur le Prater( Photo J.Thuault) 2/Synagogue Joseph Kor, une merveille de style Biedermeier 3/ Juif religieux du quartier de Leopoldstadt (Photos André Degon)

A la sortie de Czerningasse, on débouche sur le Prater

Ce gigantesque parc public de 1 300 hectares, ancien terrain de chasse des Habsbourg est dominé par la mythique grande roue, haute de  65 mètres, où se rencontrèrent l’espace d’un film, Le troisième homme de Carol Reed, Joseph Cotton et Orson Welles.

En redescendant vers la Schwedenplatz, commence le premier arrondissement. Après la Salztorgasse où se trouvent, au numéro 6, les bureaux de Simon Wiesenthal le chasseur de nazis disparu il y a plus de six ans ans, la Seitenstettengasse abrite le centre de la vie juive, le lieu où sont regroupés le rabbinat de Vienne et d’Autriche, le siège de la communauté, les œuvres sociales et la synagogue Joseph Kor, une merveille de style Biedermeier. Construite en 1824, c’est la seule qui n’ait pas été incendiée lors de la Nuit de cristal, du 9 au 10 novembre 1938.

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