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Benjamin Netanyahu semble en route pour un cinquième mandat de Premier ministre. Au pouvoir depuis dix années consécutives (et 13 ans en tout), le « magicien » de la politique israélienne pourrait battre le record de longévité jusqu’ici détenu par David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël……..Détails……..



L’indétrônable. Cela semble désormais acté: Benjamin Netanyahou, 69 ans, devrait remporter un cinquième mandat de Premier ministre israélien suite aux élections législatives qui ont eu lieu ce mardi. 
Le dépouillement de la quasi-totalité des votes crédite le Likoud, son parti, d’autant de sièges (35, mais cela pourrait encore évoluer) que la liste centriste Bleu et Blanc de l’ancien chef d’état-major Benny Gantz. Mais surtout, l’arithmétique des alliances fait que « Bibi » semble assuré de pouvoir former une majorité de plus de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset, le parlement israélien. 
Et ce grâce au soutien des autres listes de droite, dont les ultra-orthodoxes et les nationalistes religieux.
Le score réalisé par la coalition Bleu et Blanc (« Kahol Lavan » en hébreu, les couleurs du drapeau israélien) de Benny Gantz, qu’il a formée avec le centriste Yair Lapid et deux autres anciens chefs d’état-major, tient tout de même de l’exploit. 
Le haut gradé ayant su se poser en seulement quatre mois comme alternative crédible aux yeux d’électeurs israéliens avides de changement, siphonnant notamment une partie des voix de la gauche historique. 
Pas assez toutefois pour faire face à un politicien aguerri – et populaire – qui a su obtenir, selon les projections, cinq sièges de plus que lors du précédent scrutin de 2015.
Benny Gantz a reconnu sa défaite en fin de journée mercredi. « Nous respectons la décision du peuple », a affirmé le chef de la liste centriste Bleu-Blanc.

Un règne menacé par les affaires judiciaires

Ces élections législatives, dont l’issue aura été incertaine jusqu’au bout, ont pris l’allure d’un référendum pour ou contre la reconduite de Benjamin Netanyahou à la tête du pays, alors que le Premier est empêtré dans des affaires judiciaires qui menacent la suite de son règne. 
Le procureur général Avichai Mandelblit avait annoncé en février dernier son intention de l’inculper pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes. Netanyahou, de son côté, nie toute malversation et dénonce une « chasse aux sorcières ».
Les résultats définitifs de ces élections pourraient jouer un rôle clé dans une éventuelle mise en examen du Premier. 
En effet, depuis plusieurs mois des critiques de Netanyahou le soupçonnent de vouloir faire passer une loi visant à accorder l’immunité judiciaire au Premier ministre. 
Avec une telle législation, surnommée ici « la loi française », la police ne pourrait pas enquêter sur les affaires qui le cernent. Mais afin d’obtenir la majorité nécessaire pour faire passer cette loi, Bibi aurait a priori besoin du soutien du chef du parti Koulanou (centre), Moshe Kahlon. 
Or celui-ci a d’ores et déjà déclaré qu’il s’opposerait à adopter un tel texte.
« Sauf que Bibi pourrait ne pas avoir besoin de Kahlon s’il obtient un nombre suffisant de sièges », analyse David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy. 
« Le système juridique israélien est très fort et résistant, donc je ne les vois pas abandonner ces affaires. Mais ce à quoi ressemblera la prochaine coalition décidera de ce qu’il se passera ensuite. 
Et si Netanyahou est effectivement inculpé, il pourrait très bien y avoir de nouvelles élections d’ici un an. »
« Nous avons suivi ces élections avec une certaine dose de résignation »
Netanyahou avait mené une offensive de charme ces derniers jours pour cannibaliser les électeurs les plus à droite, avec notamment une sortie controversée où il évoquait, lors d’une interview télévisée donnée ce week-end, sa volonté d’annexer les villes israéliennes de Judée et de Samarie.
Si certains observateurs n’y voient qu’une simple promesse électorale qu’il ne sera pas obligée de tenir, d’autres craignent qu’une telle mesure, si elle devait être appliquée, sonne le glas de la solution dite « à deux États ». 
Soit la création d’un État palestinien à côté de l’État d’Israël, tel que souhaité par la communauté internationale.
« Nous avons suivi ces élections avec une certaine dose de résignation », soupire un diplomate européen. 
« On sait bien que Netanyahou fait ce genre de coup de théâtre juste avant chaque scrutin. Mais avec le soutien américain inconditionnel dont il bénéficie, il a les coudées franches et il semble clair qu’il va avancer sur ce front-là. L’annexion progressive, par blocs, des villes de Judée Samarie située en zone C (qui représente à peu près 60% du territoire et abrite la majorité d’israéliens, est un scénario qui, s’il n’est pas forcément probable sur le court terme, est en tout cas crédible. »
Maintenant que les élections sont terminées, l’administration Trump pourrait bientôt dévoiler son « deal du siècle », un plan de paix en préparation dans le plus grand secret depuis deux ans sous l’égide de Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain. 
Après la reconnaissance, l’année dernière, de Jérusalem comme capitale d’Israël et, plus récemment, la signature d’un décret par lequel les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, les Palestiniens disent déjà ne rien espérer du plan. 
« Côté américain, les valves sont ouvertes. Il n’y a plus de garde-fou », souligne une seconde source diplomatique. « C’est une surenchère qui a pour effet de d’intoxiquer davantage le débat. 
Et avec cette déclaration de Netanyahou sur l’annexion – à laquelle les Européens ont répondu par un grand silence – on est un peu dans le flou. Est-ce que ce sont des ballons d’essai qui sont lancés? Moitié pour des raisons électoralistes, moitié pour voir si le ballon flotte. »

Source L’Echo

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