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– Certains disent que vous êtes membre du conseil théologique des musulmans de France, lié aux Frères musulmans.
– Non, pas du tout! C’est faux (…) On n’a rien à voir avec aucun mouvement
Hassan El Houari, imam de la mosquée de Gonesse#BourdinDirect


Dans les premières heures qui ont suivi l’attentat, les medias ont tous expliqué que Mickaël Harpon était « peut-être » converti depuis 18 mois, de surcroit à un « islam modéré ». En réalité, selon plusieurs témoignages et informations internes déjà anciennes, le comportement de l’auteur de la tuerie – qui s’était en fait converti à l’islam une dizaine d’années plus tôt – avait attiré l’attention à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Tout d’abord, Harpon fréquentait régulièrement la mosquée fréro-salafiste de Gonesse (ville ou il résidait), dite « mosquée de la Fauconnière », où prêchaient notamment Youssef Baouendi, le chef du bureau de l’Organisation de la Ligue islamique Mondiale à Mantes-la-Jolie (organisation qui diffuse l’islam salafiste-wahhabite saoudien), ou encore l’imam Hassan al Houari, membre du Conseil théologique des musulmans de France – lié aux Frères-musulmans. Il faut rappeler aussi que lors d’un prêche datant de septembre dernier, l’imam El Houari se déclarait favorable à la création d’un État islamique « soft » régi par la charia… Pour résumer, le terroriste fonctionnaire français du renseignement Mickaël Harpon fréquentait une mosquée dirigée par un « imam radicalisé » sous le coup (depuis 2017) d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français). L’imam étant carrément « fiché S » depuis 2015, une « faille » incroyable de nos services étatiques et de renseignement. Certes, depuis 2017, l’imam a changé, mais on peut se demander pourquoi l’information n’est pas remontée jusqu’à son service à l’époque, et comment un fonctionnaire de la Préfecture de Paris chargé notamment de la lutte contre le radicalisme ait pu fréquenté une telle mosquée fréro-salafiste ? Comment est-il possible que Mickaël Harpon ait pu fréquenter régulièrement cette mosquée sans que cela n’attire l’attention du Service central du renseignement territorial (SCRT), compétent en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Roissy-Charles-de-Gaulle ? Fait ubuesque, l’ex-imam de la Fauconnière, un marocain de 35 ans, qui a probablement joué un rôle dans la fanatisation de Mickaël Harpon, a bénéficié en 2014 d’une carte de résidence temporaire d’un an et, en 2015, est resté illégalement sur le territoire français et ce malgré une «obligation de quitter le territoire français sous 30 jours». C’est alors qu’il a été fiché S et a subi une perquisition administrative à son domicile. L’imam radical a pu tout de même, comme 80 des expulsables, demeurer en France et a même réussi à devenir l’imam officiel de la mosquée de la Fauconnière de février à décembre 2017 ! En juin 2019, l’imam, toujours en France, est passé devant la commission du titre de séjour et a obtenu un avis favorable pour se maintenir au titre de parent d’enfant français. Une nouvelle carte de séjour lui a été délivrée, d’ailleurs valide jusqu’en avril 2020… Bien entendu, l’une des questions qui se pose et à laquelle l’enquête judiciaire en cours répondra, est si il a participé réellement à la « radicalisation » de Harpon. Rappelons enfin que l’Association des Musulmans de Gonesse a obtenu de la mairie socialiste la cession d’un terrain de 5000m² pour construire une grande mosquée. On est donc déjà très loin de l’islam « modéré » dont parlaient certains médias et on comprend donc mieux pourquoi le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard déclarait lors de la conférence de presse de samedi, que l’assaillant était susceptible d’avoir des fréquentations appartenant à la «mouvance salafiste». Une information corroborée par le fait que Harpon aurait été en contact régulier avec des personnes radicalisées appartenant à la mouvance islamiste.
Source :
https://www.valeursactuelles.com/faits-divers/attentats-la-prefecture-de-paris-la-nouvelle-guerre-du-renseignement-des-jihadistes-111530

Le Conseil théologique musulman de France relais des Frères Musulmans voit le jour
Des imams gravitant dans la mouvance des Frères musulmans viennent de fonder une instance capable d’édicter des avis juridiques religieux, sans les imposer.
Des imams et savants de l’islam en France, gravitant dans la mouvance des Frères musulmans notamment, ont créé un conseil théologique qui n’entend pas se substituer aux instances représentatives, mais pourrait édicter des avis juridiques religieux – aussi connus sous le nom de fatwas -, a annoncé vendredi cette organisation. Le Conseil théologique musulman de France (CMTF) a vu le jour lors d’une réunion à Paris d’une cinquantaine de théologiens, imams et prédicateurs, précise un communiqué. Il est dirigé par un bureau exécutif de neuf membres, dont Ahmed Jaballah, ancien président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), le principal relais dans l’Hexagone des Frères musulmans.
On y trouve les noms de Larbi Kechat, recteur de la mosquée Addawa à Paris, Larbi Bechri, responsable de l’institut de formation de l’UOIF dans la Nièvre, et de l’imam et khatib (prédicateur) Mohamed Bajrafil. Le recteur de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, figure libérale de la mouvance « frériste », n’y figure pas. Le CTMF assure qu’il « n’a pas vocation à représenter les musulmans de France », estimés à environ cinq millions, pratiquants ou non. Mais ses membres « demandent à l’ensemble des imams, des prêcheurs et des savants (musulmans) de collaborer avec le CTMF » et de « participer à ses projets et à ses travaux ».
Des avis proposés, et non pas imposés
Des voix se sont élevées ces derniers mois, notamment depuis les attentats djihadistes de janvier, pour appeler à la création d’une structure théologique dans un paysage institutionnel fragile, occupé surtout par des gestionnaires de mosquées et de fédérations. Mais rien ne dit que le CTMF trouvera un accueil favorable dans une communauté échaudée par les défaillances du Conseil français du culte musulman (CFCM) et perplexe dans l’attente d’une nouvelle « instance de dialogue » avec l’État. La première réunion de cette instance doit avoir lieu avant le ramadan, qui commencera autour du 18 juin.
Dans ses orientations, le CTMF « exhorte les jeunes musulmans à suivre la voie du juste milieu, à affirmer avec fierté leur appartenance à l’islam et à servir la société », et invite la femme musulmane à y « jouer pleinement son rôle, au même titre que l’homme ». « On s’inscrit dans une vision de modération », a affirmé à l’AFP Ahmed Jaballah. Si le CTMF est amené à émettre des avis juridiques, par exemple sur « le ramadan, la citoyenneté, l’enseignement », « ce ne sera pas des avis qu’on impose, mais des avis qu’on propose », a-t-il ajouté.
Source :
https://www.lepoint.fr/societe/le-conseil-theologique-musulman-de-france-voit-le-jour-29-05-2015-1932201_23.php

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