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Yacov S. a revécu tellement de fois la scène. Alors quand les avocats des parties civiles lui posent les questions, avec une voix très douce, comme s’ils avaient peur de le casser, il répond. L’horaire, d’abord. C’est à 8 heures que les élèves arrivent, pour la prière. Myriam Monsonégo, Gabriel et Arieh Sandler n’étaient pas écoliers à Ozar Hatorah, qui est un collège-lycée, mais à Gan Rachi, une autre école primaire du quartier. « Myriam, elle attendait juste qu’on la conduise à l’école. Quelques minutes. » Une avocate de la famille Monsonégo lui demande de revenir encore, plus précisément, sur les derniers instants de la petite.
« Myriam a voulu fuir, elle a trébuché sur son cartable, et dans le cartable, il y avait son tutu et ses chaussons de danse, c’est cela ? – Elle a commencé à courir, le cartable est tombé, il s’est ouvert, les chaussons de danse sont tombés, elle s’est penchée pour ramasser, je crois, et puis il l’a rattrapée, et il a tiré, à bout portant. »

Le 19 mars 2012 vers 8 h, un homme casqué gare un scooter Yamaha T-Max blanc devant le collège-lycée juif Otzar Hatorah situé dans un quartier résidentiel de Toulouse. Armé d’un 11,43 et d’un pistolet mitrailleur de type mini-Uzi, il ouvre le feu sur un groupe de personnes rassemblées devant l’établissement. Il tue un enseignant et ses deux enfantsn . La première arme s’enrayant, le terroriste sort la seconde, pénètre dans la cour, met à terre la fille du directeur âgée de huit ans et lui tire dans la tempe à bout portant327. L’homme s’enfuit en scooter après avoir atteint de deux balles un adolescent qui se réfugiait dans sa chambre. À 10 h 49 et à 12 h 2, Mohammed Merah reçoit deux appels téléphoniques de la DCRI. L’après-midi, il joue au football avec les enfants d’une « relation » aux Izards et finit la soirée dans une boîte de nuit toulousaine, le Bahia3
La même arme, un pistolet semi-automatique Colt.45 de calibre 11,43 a été utilisée pour les trois attentats. Elle est retrouvée le 21 mars 2012 dans une voiture de location, une Clio garée dans un box. Le 19 mars 2012, Mohammed Merah est identifié par la police comme le principal suspect des attentats. Il a été confondu notamment par l’adresse IP de sa mère qui fait partie des 576 identifiants à s’être connectés à la petite annonce passée par la première victime sur le site Le Bon Coin. Il est ensuite localisé chez lui par des policiers, qu’il a repérés. Malgré la surveillance policière, il parvient à sortir avant l’assaut du Raid en passant vraisemblablement par les sous-sols de sa résidence3. Vers 19h30, il remet un sac à dos contenant la caméra GoPro ainsi qu’une perruque à une amie dont l’ex-mari, carrossier, l’a fait travailler. Il lui précise : « S’il m’arrive quelque chose, donne ce sac à ma mère ». Une clé USB contenant ses prises de vue sera retrouvée dans la poche de Mohammed Merah après son décès. Une autre sera envoyée par la poste le 21 mars 2012 aux bureaux parisiens d’Al Jazeera. Vers 0 h 22, il utilise une cabine téléphonique se trouvant au numéro 79 de l’avenue de la Gloire pour appeler Al-Jazeera Paris, BFMTV, i>télé et France 24. Enfin, vers 1 heure du matin, il regagne son domicile. Selon les policiers, il aurait prévu un autre attentat le matin même de l’intervention de la police, visant un militaire. Selon Nicole Yardeni, la présidente du CRIF en Midi-Pyrénées, Nicolas Sarkozy aurait lui aussi indiqué dans un entretien avec les représentants de son mouvement que Mohammed Merah avait l’intention de commettre un attentat le matin même, mais sans donner plus de précisions. Le journal Le Monde précise pour sa part que Mohammed Merah avait envisagé de commettre un attentat à l’ambassade d’Inde à Paris et qu’il avait dû y renoncer compte tenu de la difficulté de l’entreprise.

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