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Benjamin Weller comparait le 22 mai à Paris pour injures antisémites proférées à l’encontre du philosophe lors de l’acte 14 des gilets jaunes, le 16 février.
Dans une vidéo devenue virale, le vendeur de téléphones mulhousien âgé de 36 ans apparaît visage découvert et revêtu d’un gilet jaune, vociférant en direction d’Alain Finkielkraut, alors qu’il se trouvait à proximité du cortège. « Grosse merde sioniste », « sale race », « sale sioniste de merde », « va mourir en enfer » sont les principales phrases retenues par la justice contre ce barbu radicalisé.
Dès le lendemain des faits, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Identifié par un policier de la brigade anticriminalité de Mulhouse, Benjamin Weller a été convoqué et placé en garde à vue pendant 45 heures. Alain Finkielkraut n’a pas souhaité porter plainte. « J’ai ressenti une haine absolue, a déclaré l’académicien âgé de 69 ans. Une violence pogromiste. » Mais l’écrivain a ajouté : « Je ne suis pas là pour punir, mais pour comprendre. » L’audience correctionnelle du 22 mai lui permettra-t-elle d’en savoir plus sur les motivations de son agresseur?
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Fils d’un Algérien et d’une Française alsacienne, Benjamin Weller est le père de cinq enfants. Cet ancien petit délinquant converti à l’islam a brièvement fréquenté des salafistes. Pas suffisamment pour être fiché S, le répertoire « sûreté de l’Etat » pour les personnes radicalisées. En 2014, il a participé à une mission humanitaire au Sud-Liban organisée par l’Association des Palestiniens de France.

Benjamin Weller a choisi un avocat à la personnalité forte et engagée. Me André Chamy, 59 ans, connu pour avoir été le conseil du dictateur irakien Saddam Hussein et de son ministre des Affaires étrangères Tarek Aziz, est qualifié d’ »avocat historique de la CGT » à Mulhouse et à Belfort, où il a été candidat en 2011 à une élection cantonale sous les couleurs du parti de Jean-Luc Mélenchon.
Quel est aujourd’hui son état d’esprit ? « Serein et combatif !, répond Me Chamy à L’Express. Je ne serai pas une lavette. » Selon lui, « sale race » n’est pas une injure raciste mais seulement un « banal propos de quartier », dont on ne pourrait critiquer que la grossièreté. Quant à « sale sioniste », selon le conseil de Weller, ces mots ne sont pas davantage racistes. « Le sionisme est une idéologie, pas une race, plaide l’avocat. Pour Finkielkraut et ses acolytes, « sioniste » signifie « juif », ce qui est faux. » Sauf que dans certaines banlieues, avec un glissement pervers de vocabulaire, « sioniste » remplace « juif » dans les insultes visant les porteurs de kippas. En partie sous l’influence de Dieudonné, qui a trouvé là un moyen de limiter le risque judiciaire qu’il encourt avec ses provocations contre les juifs.
Lors de l’audience du 22 mai, le parcours singulier de l’avocat de Benjamin Weller ne devrait pas être évoqué, même si ses activités semblent manifestement avoir un lien avec ce débat sur la qualification de « juif » ou de « sioniste ». Me André Chamy intervient au titre de commentateur sur des plateaux de télévisions d’Etat iraniennes. « Je ne suis pas inféodé pour autant », se défend-il. Vice-président du Réseau Voltaire France, l’avocat y livre régulièrement des articles. C’est de fait le site Internet de Thierry Meyssan, célèbre promoteur des théories complotistes sur le 11 septembre 2011, devenu proche du Hezbollah comme des gouvernements iranien et syrien. À L’Express, Me Chamy déclare, avec un soupçon d’agacement, que ses engagements personnels ne regardent que lui : « Le 22 mai, c’est le procès de Benjamin Weller, pas celui d’André Chamy. »
Source :
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/proces-de-l-agresseur-d-alain-finkielkraut-sale-race-banal-propos-de-quartier_2079401.html

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