La source de cet article se trouve sur ce site

Après avoir demandé l’annulation du spectacle de Dieudonné en 2017, le maire de Grenoble se retrouve avec deux parrains de la Biennale des villes en transition potentiellement très embarrassants. En 2013, Salim et Linda, vainqueurs du jeu télévisé Pékin Express, avaient en effet été plusieurs fois immortalisés faisant le geste de la quenelle. En toute connaissance (politique) de cause ? Simple provocation potache rétorquent les deux Grenoblois.

Salim et Linda (à gauche), photographiés mimant la quenelle. DR Il est des publications dont le maire de Grenoble se serait bien passé… En l’occurrence des photos polémiques avec Linda et Salim, deux des parrains de l’édition 2019 de la Biennale des villes en transition qui se tient dans la capitale du Dauphiné jusqu’au 16 mars. Des photos, datant de 2013, repêchées sur le web par Pascal Clérotte, porte-parole du groupe d’analyse métropolitain (Gam).

On y voit les deux Grenoblois, vainqueurs de Pékin Express en 2013 – un jeu télévisé sur M6 – faire ostensiblement la quenelle, geste popularisé par Dieudonné au début des années 2000. À l’époque, les images avaient été largement relayées sur le web. Sur des blogs proches de l’humoriste, mais aussi sur le site de l’idéologue d’extrême droite Alain Soral, lequel est par ailleurs annoncé le 23 mars à Grenoble. La presse généraliste s’en était également fait l’écho.

La quenelle, référence au salut hitlérien ou simple geste subversif ? Le geste, main sur l’épaule et bras tendu, prête à controverse. Référence au salut hitlérien ou simple geste subversif ? Dans une vidéo postée sur Youtube, Dieudonné M’bala M’bala explique qu’il s’agit d’un acte subversif qui ne lui… appartient plus. Provocation antisystème pour les uns, gestuelle antisémite pour les autres… toujours est-il que la quenelle est devenue le symbole politique des causes défendues par l’humoriste, condamné à plusieurs reprises pour avoir tenu des propos antisémites. Lors des élections européennes de 2009, alors candidat, il avait déposé une « liste antisioniste » en Ile-de-France, expliquant sa démarche lors d’une conférence de presse par ces mots : « glisser une petite quenelle dans le fond du fion du sionisme ».

De l’anti-système à l’antisémitisme, il n’y aurait donc qu’un pas chez Dieudonné. C’est ce qu’affirme le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus dans Libération. Pour le politologue, l’humoriste entraîne avec lui « une mouvance transversale, antisystème et complotiste, dont l’antisémitisme reste la colonne vertébrale. Leur vision du monde est celle d’un ordre mondial dominé par l’axe Washington–Tel-Aviv. » « Derrière les discours fustigeant l’Otan et la finance internationale, tout en soutenant Bachar Al-Assad et Hugo Chavez, il y a la conviction qu’au fond, ce sont les juifs qui tirent les ficelles. »

Dieudonné persona non grata à Grenoble en 2017 Tous ceux qui relaient ce geste en ont-ils conscience ? Quoi qu’il en soit, en faisant de Linda et Salim des « invités de choix » dixit la plaquette de la Biennale, le maire de Grenoble est dans une position pour le moins inconfortable. Car Eric Piolle connaît bien le cas Dieudonné. En octobre 2017, il avait réclamé que soit annulé le spectacle de l’humoriste dans une salle de la ville. Recours qui avait été rejeté par le tribunal administratif de Grenoble.

Source :

https://www.placegrenet.fr/2019/03/15/quenelle-salim-linda-parrains-biennale/233386

happywheels

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here