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Accompagnant l’exposition qui se tient du 19 mars au 3 novembre au Mémorial de la Shoah à Paris, l’ouvrage d’Emmanuelle Polack décrit le marché de l’art à Paris pendant l’Occupation, en particulier l’activité des commissaires-priseurs à Drouot, et ouvre le sujet à la Côte d’Azur et la Suisse…….Détails……..



Depuis les années 1980, plusieurs publications ont abordé le sujet hyper-sensible du marché de l’art dans Paris sous la botte nazie. Laurence Bertrand-Dorléac en 1986, puis Hector Feliciano et Lynn H. Nicholas en 1995 avaient lancé le débat. 
Des noms étaient sortis dans la presse et des histoires que l’on croyait perdues avaient ressurgi. Chercheuse associée à l’Institut national d’histoire de l’art, Emmanuelle Polack publie ici sa thèse mais semble-t-il nettoyée, expurgée, aux dires de ceux qui l’ont lue avant cette édition. 
Au final, il s’agit d’une somme très facile à lire, décrivant l’activité bien connue des marchands collabo, de Martin Fabiani à Paul Pétridès (mais où sont passés les Cailleux et autres Schmit cités dans l’ouvrage d’Hector Feliciano ?). 
On ressasse les opérations de l’ERR, on répète une nouvelle fois le pillage des collections Schloss et Paul Rosenberg, on rappelle l’action inouïe de Rose Valland au Jeu de paume. 
Les nouveautés sont à trouver dans le chapitre sur l’Hôtel Drouot dont l’accès est interdit aux Juifs en 1941. 
Les noms des commissaires-priseurs Etienne Ader, Alphonse Bellier et Henri Baudoin et des experts André Schoeller et Martin Fabiani reviennent souvent, même dans les cas de ventes sur ordonnance de « biens israélites » comme ceux d’Alphonse Kann, Elie Fabius, Jos. 
Hessel et du stock de la galerie Bernheim-Jeune. En ce qui concerne Drouot, l’auteure détaille les ventes des trois cents tableaux du docteur Viau (où l’expert André Schoeller achète des Cézanne, Daumier, Pissarro, Degas et Corot pour le docteur Hildebrand Gurlitt, connu à Paris comme l’acheteur officiel d’Hitler), les successions Periollat, Félix Fénéon et Maurice Delacre. 
L’enquête d’Emmanuelle Polack se poursuit à Nice (vente Armand Isaac Dorville, indivision Jaffé) et en Suisse (achat d’œuvres de la galerie Paul Rosenberg par Berta Coninx-Girardet ou Emil Bührle dont une exposition au musée Maillol montre du 20 mars au 21 juillet la richesse de la collection). 
C’est un ouvrage qui reprend donc les enquêtes des années 1990, les réactualise en ce qui concerne les restitutions récentes, et ouvre quelques pistes nouvelles.

Le marché de l’art sous l’Occupation, d’Emmanuelle Polack, préface de Laurence Bertrand Dorléac, éd. Taillandier 303 pp., 21,50 €

Source Connaissance des arts

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