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La phobie de cette maladie ne se limite pas aux seuls touristes : une bonne partie de la clientèle chinoise a, elle aussi, disparu ces derniers jours.

Dans le quartier chinois de Belleville, à Paris, le 7 février. MICHAEL ZUMSTEIN / AGENCE VU POUR « LE MONDE »

Voilà deux semaines que les commerces de Belleville, quartier cosmopolite, populaire et bouillonnant du Nord-Est parisien, tournent au ralenti. Les clients ont déserté les supermarchés et grossistes asiatiques, les restaurants chinois comme thaïlandais paraissent vides, même les vendeurs à la sauvette ne sont pas au rendez-vous. Les rues habituellement très passantes, animées, joyeusement en désordre, sont anesthésiées par l’inquiétude irrationnelle autour du nouveau coronavirus. La phobie de cette maladie ne se limite pas aux seuls touristes : une bonne partie de la clientèle chinoise a, elle aussi, disparu ces derniers jours.

En France, il n’y a aucun signe d’épidémie de 2019-nCoV. Les six cas confirmés sur le territoire français « sont stables », rappelait le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, lundi 3 février. Pourtant, l’inquiétude qui s’est développée a des conséquences bien réelles : moins d’une douzaine de clients font leurs courses dans un des plus grands supermarchés asiatiques du quartier, dont les allées paraissent subitement gigantesques. « Un vendredi matin de marché, les chariots s’y bousculent normalement, là, il n’y a personne », déplore le gérant du magasin. Le trentenaire d’origine vietnamienne estime que son chiffre d’affaires est actuellement inférieur de 30 % par rapport à la même période l’an dernier.

Ruée sur les masques

Une femme portant un masque de protection fait son marché dans le quartier de Belleville, à Paris, le 7 février. MICHAEL ZUMSTEIN / AGENCE VU POUR « LE MONDE »

Qu’ils soient thaïlandais, japonais, cambodgiens ou chinois, les restaurateurs d’origine asiatique ne cachent plus leur angoisse des conséquences économiques de cette appréhension. « D’abord les grèves de décembre, maintenant le coronavirus. Combien de temps mon commerce va-t-il pouvoir rester encore ouvert, faute de clients ? », se lamente une restauratrice thaïlandaise. Seuls trois hommes déjeunent sur la quinzaine de tables dressées. « Notre chiffre d’affaires est en baisse de 50 %. On continue de travailler malgré tout en espérant que le mois prochain sera meilleur », tente de philosopher la quinquagénaire.

« L’inquiétude ambiante est un virus facilement transmissible »

En temps normal, la brasserie La Vielleuse est bruyante et la terrasse bondée. En cette fin de semaine, même les tables extérieures qui donnent sur le carrefour de la rue et du boulevard de Belleville sont loin d’être prises d’assaut. « L’inquiétude ambiante est un virus facilement transmissible », croit deviner Walid, le nouveau cogérant. Peu de commerces sont épargnés par ce phénomène : l’un des bureaux de tabac situés un peu plus haut dans la rue de Belleville est, lui aussi, moins animé qu’à l’accoutumée. « Les deux derniers dimanches, ça a été catastrophique. Les annulations d’anniversaires, de fêtes de fiançailles et de mariage ont des répercussions énormes pour tout le monde, on ne fait pas exception », se désole la jeune vendeuse de cigarettes.

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