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Israël a massivement investi dans le point de passage de Kalandia, établi pendant la seconde Intifada, au début des années 2000 et théâtre d’émeutes fréquentes.

Des Palestiniens passent entre Ramallah et Jérusalem à Kalandia, le 10 mai. MAJDI MOHAMMED / AP

Vision stupéfiante. On croit rêver. Des officiers de police palestiniens tombent dans les bras de leurs homologues israéliens sur le point de passage de Kalandia, entre Jérusalem et Ramallah.

Ces officiers ne se cachent pas, ils n’essaient même pas d’être discrets. Ils assument cette coproduction sécuritaire comme une évidence, une nécessité en partage. Tous les gradés se saluent chaleureusement, claques dans le dos et poignées franches. En ce deuxième vendredi de ramadan, le 17 mai, ils gèrent ensemble une immense affluence.

Les haut gradés palestiniens sont venus faire un point avec les maîtres du nouveau terminal inauguré cette année, si propre, si moderne. On compare les derniers messages sur les portables. « Déjà 25 000, et il n’est que 9 heures ! » Dans la chaleur accablante, dès l’aube, les Palestiniens ont afflué vers Kalandia avant de prendre la route de la vieille ville de Jérusalem. Tous se rendent à l’esplanade des Mosquées, où se trouve Al-Aqsa.

Abou Walid Alami, 55 ans, ingénieur mécanicien travaillant en temps normal en Jordanie, a fait le déplacement avec sa fille. C’est la première fois que l’adolescente découvrira Al-Aqsa pendant le ramadan, et ses yeux en brillent d’émotion. Khaled Sekhem, 42 ans, est aussi mu par cette idée de transmission. Le chauffeur de bulldozer, qui travaille en Israël depuis deux ans, est accompagné par ses trois fils. « Ils doivent apprendre à prier et à connaître Al-Aqsa comme leur maison », dit-il.

Kalandia a été fermé aux voitures. Les fidèles traversent à pied le terminal. Les critères de passage ont été assouplis par rapport au ramadan 2018. Sont autorisés à passer les enfants de moins de 16 ans, les hommes de plus de 40 ans, les femmes, les 110 000 personnes qui ont reçu un permis de visite pendant le mois saint, ainsi que les 85 000 habitués, qui disposent d’un permis pour travailler en Israël.

Beaucoup portent un tapis de prière sous le bras, ou une couverture dans un sac en plastique, en prévision d’une longue halte sur l’esplanade des Mosquées. A Kalandia, ils passent devant une équipe médicale du Croissant-Rouge, prête à aider les personnes déshydratées. Des dizaines de bus conduisent les Palestiniens vers la porte de Damas, leur permettant ensuite d’entrer dans la vieille ville.

A l’occasion de ce vendredi de ramadan, un haut responsable de l’appareil sécuritaire israélien nous a proposé une visite guidée du nouveau terminal, qui fait penser à une structure d’aéroport. Il a coûté près de 40 millions de shekels (10 millions d’euros), en attendant l’édification d’un pont pédestre.

Source : lemonde, Piotr Smolar

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