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A.B Yehoshua est depuis longtemps et à l’unanimité une des grandes plumes de la littérature israélienne. Dans son dernier ouvrage « Le tunnel », il mêle à nouveau l’universalité des sentiments humains et les épreuves de la vie, à la complexe réalité d’un conflit israélo-palestinien qui ne finit pas.

L’écrivain était invité dimanche dans « Elie sans interdit » pour parler de son 19ème roman et exprimé sa vision de la relation entre Israéliens et Palestiniens, du conflit, de l’identité d’Israël et de la situation présente à Gaza.

« Il n’y a qu’une solution pour ne pas devenir un Etat apartheid, c’est de donner la citoyenneté aux Palestiniens en Cisjordanie. Dès la guerre des Six Jours, j’étais avec la gauche – mais la vraie gauche – et nous avons parlé de la solution à deux Etats: un Etat israélien à côté d’un Etat palestinien », a déclaré A.B Yehoshua.

« Et puis les Palestiniens ont fait beaucoup de problèmes, tout comme les Israéliens qui ont bâti dans les territoires occupées des colonies. Et maintenant, il y a 400.000 Juifs qui vivent en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

A la question de savoir si Israël à la capacité d’absorbé deux millions de Palestiniens, l’écrivain israélien rappelle à titre d’exemple le cas de Gaza.

« C’est très difficile mais on ne peut pas évacuer les 400.000 Juifs qui vivent maintenant à Jérusalem et en Cisjordanie. Il y a 400.000 Juifs en Cisjordanie. A Gaza, il y en avait 8.000 et cela à coûter 10 milliards de shekels (2.5 milliards d’euros) », a-t-il expliqué.

« Alors maintenant, la question d’un Etat palestinien – pendant 50 ans j’étais partisan de cette solution -c’est impossible. J’ai signé pour cela, j’ai travaillé pour cela, et c’est devenu une solution acceptée par tout le monde », a-t-il encore expliqué, ajoutant qu’aujourd’hui cette solution n’est plus viable.

Selon un sondage publié fin janvier, les Arabes israéliens souhaiteraient participer davantage au prochain gouvernement. Parmi les 511 Arabes israéliens sondés, 61% d’entre eux ont affirmé qu’ils soutiendraient un parti judéo-arabe s’il se présentait aux prochaines élections du 9 avril.

« Nous avons un exemple magnifique et courageux, à l’image des deux millions de Palestiniens qui vivent maintenant en Israël et qui sont Israéliens : les Arabes palestiniens israéliens, qui ont reçu la citoyenneté en 48 par Ben Gurion. Ils étaient 180.000 c’est tout, les Arabes qui étaient dans l’Etat juif, puis ils ont reçu immédiatement la citoyenneté israélienne et ils ont envoyé des délégués à la Knesset. C’est remarquable », a souligné A.B Yehoshua.

« Avec toutes les guerres, avec l’Intifada, avec l’occupation… avec tous les malheurs qui sont ici les deux communautés ont su garder un modus vivendi honorable », a-t-il encore dit.

En 2015, dix ans après l’évacuation par Israël de la bande de Gaza et le démantèlement des implantations, une majorité de juifs israéliens étaient toujours pour la reconstruction d’un bloc d’implantations dans l’enclave palestinienne.

Comme les autres implantations de la bande de Gaza, le Goush Katif a été évacué par Israël en août 2005 dans le cadre d’un plan de désengagement lancé par le Premier ministre de l’époque Ariel Sharon. Depuis, les autorités israéliennes interdisent l’entrée de tout Israélien à Gaza.

Deux ans plus tard, le Hamas islamiste, privé par la communauté internationale et Israël de sa victoire aux législatives, prenait le pouvoir par la force dans la bande de Gaza et Israël renforçait son blocus sur l’enclave exigüe où s’entassent 1,8 million de Palestiniens.

« Je pense que ce que le Hamas a fait à Gaza a abimé totalement et détruit la possibilité de faire la paix avec l’OLP, qui est plus modérée et qui finalement et officiellement a reconnu la solution à deux Etats. Mais ce que le Hamas a fait à Gaza est terrible parce que Gaza c’est la Palestine aussi – c’est un territoire palestinien – et au lieu de faire de la petite Palestine une sorte de Singapour – quelque chose qu’on va bâtir – ils envoient les jeunes sur les barrières », a affirmé A.B Yehoshua.

Faisant référence à son dernier roman, il a par ailleurs conclu en disant que « les tunnels du Hamas et du Hezbollah sont terribles. Mais moi je parle de nos tunnels, des tunnels de communication »

Faisant référence à son dernier roman, il a par ailleurs conclu en disant que « les tunnels du Hamas et du Hezbollah sont terribles. Mais moi je parle de nos tunnels, des tunnels de communication ».

Source : i24news.tv

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