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Frédéric Sroussi

La guerre est différente si elle est anticipée ou subie. Si un conflit entre l’Iran et Israël se déclenche, il ressemblera plus à la configuration de la Guerre des six jours (1967) qu’ à celle de Yom Kippour (1973).

Pourquoi
? Eh bien, parce qu’ à la différence de la Guerre de Kippour, Israël a déjà
fait savoir qu’il s’attendait à une attaque (la Guerre de 1973 a pris les
israéliens quasiment par surprise).

Les
forces antiaériennes d’Israël sont toutes en état d’alerte depuis la fin du
mois d’octobre (aux dires même du chef de l’ armée de l’air , le général Amikam
Norkin). Ce que redoute évidemment Israël est une attaque iranienne contre son
territoire par le biais de missiles de croisière et de drones qui pourraient
être lancés du Yémen, de l’Irak ou du sol iranien (une attaque venant de la
Syrie serait plus problématique pour Téhéran qui devra obtenir l’accord des
Russes qui dominent le ciel syrien). Le Hezbollah pourrait par contre
s’abstenir pour le moment de lancer ses 120 000 missiles et roquettes qui sont
pointés vers l’État juif dans le cas où l’insurrection du peuple libanais
perdurerait. En effet, il y aurait alors des représailles de la part d’Israël
contre le territoire libanais, et le mouvement djihadiste chiite passerait
alors pour ce qu’il est, c’est-à-dire une armée d’agents à la solde de l’Iran
qui se soucie comme d’une guigne de l’intérêt des Libanais (l’Iran pourrait dès
lors attendre une période de retour au calme au Liban avant de lancer une
attaque afin de profiter de l’atout majeur que représentent les missiles et
roquettes du Hezbollah).

Un test du système de défense de missile la Fronde de David. (Ministère de la Défense)

Ce qui
nous porte à considérer une prochaine guerre entre Israël et l’Iran comme s’apparentant
à une «seconde Guerre des six jours» réside aussi dans le fait qu’Israël
s’attendant à une attaque, il pourrait (il devrait !) lancer une frappe
préventive comme l’a laissé entendre le Premier ministre israélien Benjamin
Netanyahou au mois d’octobre dernier ( lors,justement, d’un discours de
commémoration de la Guerre de Kippour).

Ensuite,
le temps que durerait le conflit : il est évident qu’ Israël ne pourra jamais
se permettre une guerre longue contre un pays de plus de 80 millions
d’habitants (il n’y a que 6,5 millions de Juifs en Israël) dont la superficie
atteint plus d’un million de km2 (alors que l’État juif ne possède qu’un peu
plus de… 20 000 km2). L’ exiguïté d’Israël est malheureusement un handicap
majeur du point de vue de sa condition sécuritaire : ceux qui ne comprennent
pas cela sont des idiots patentés !

Si
guerre il y a , j’espère que l ’État d’ Israël jettera toutes ses forces dans
la bataille et considérera très sérieusement l’emploi de bombes atomiques
tactiques (appelées aussi dans la doctrine française : armes nucléaires
«préstratégiques» dont le rôle est d’envoyer un ultime avertissement à l’ennemi
avant l’emploi d’armes nucléaires stratégiques).

La
survie du petit État juif face à l’ empire iranien chiite, auquel même les
États-Unis n’ont pas osé se confronter, ne sera pas une mince affaire (et c’est
un euphémisme !). Une guerre contre la République islamique d’Iran sera, comme
l’a dit lui-même le Président iranien Hassan Rouhani en août dernier, «la mère
de toutes les guerres ».

En tout cas, à l’heure où Téhéran annonce la poursuite de son programme d’enrichissement d’uranium qui rapproche encore plus vite les fanatiques iraniens du seuil de la production de l’arme atomique, il est grand temps qu’ Israël joue le tout pour le tout afin d’assurer sa survie !

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