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Avant même la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël, le 15 mai 1948, des femmes du Yichouv décident de célébrer, comme partout ailleurs dans le monde, la fête des mères. Elles vont le faire dans les conditions difficiles de l’après-guerre, quand les survivants de l’horreur étaient encore empêchés de pénétrer en Palestine, toujours sous mandat britannique.

La première date retenue est celle du 21 mai 1947. L’initiative en revient à l’association Ezra, une association d’aide aux femmes et aux jeunes filles, dirigée par Sarah Herzog.

Dans les années cinquante, le jour du décès de Henrietta Szold sera choisi pour, désormais, fêter les mères d’Israël. Il s’agit du 2 du mois d’Adar. Henrietta Szold est la fondatrice de l’organisation sioniste féminine Hadassah et elle n’eut jamais d’enfants. Tous ses enfants, disait-elle, sont les jeunes olims qui arrivent en Eretz Israël. Elle devient ainsi, légitimement, la figure de la mère pour de nombreuses générations.

Vingt ans plus tard, le ministère de l’éducation décide de changer la date de cette fête. Depuis lors, elle se déroule le 30 du mois de Shvat. En 1990, la fête des mères devient la fête de la famille.

Pour les religieux, fêter la mère juive, c’est fêter la matriarche Rachel. Rachel, nous disent-ils à la suite de Jérémie, pleure ses enfants et refuse d’être consolée… ce à quoi le Tout puissant lui ordonne : «  que ta voix cesse de pleurer et tes yeux de verser des larmes, car les enfants reviendront à leur frontière. » Autrement dit, à toi, Rachel, à toi qui comme l’indique la genèse « avait un beau visage et une belle figure ». Joseph a su hériter de la beauté de sa mère et, soulignent les sages, la beauté n’est pas une arme ordinaire.

Beaucoup d’entre nous, je l’avoue, ne penseront pas à Rachel durant cette fête. Nous penserons à nos propres mères, celles qui sont encore avec nous et celles qui ne sont plus et à qui on n’offrira que notre amour et, peut-être, un petit caillou. Mais, quand nous y penserons, nous aurons comme un moment de culpabilité en associant cette fête à Pétain.

Rassurons-nous, la fête des mères existe très officiellement, en France, depuis 1929, grâce à la politique nataliste du gouvernement et grâce aussi à Aristide Briand. Elle ne doit rien à Pétain et elle est célébrée dans plus de cent trente pays à travers le monde.

En 1941, il est vrai, Pétain donne une dimension idéologique à cette fête et l’inscrit dans la logique de sa devise : « Travail. Famille. Patrie » Elle sera installée par le nouveau régime collaborationniste en 1942, quelques semaines avant la rafle du Vel d’Hiv. La fête survivra à ce désastre, et c’est tant mieux, et fera l’objet d’une loi votée le 24 mai 1950… Il y a tout juste 69 ans.

Alain Herbeth

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