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La Maison-Blanche indiquait le 6 octobre 2019 le retrait militaire américain de sa zone d’activité sise au nord de la Syrie. Le 9 octobre suivant, au prétexte d’établir une zone de sécurité de trente km de large entre l’Euphrate et la frontière irakienne, le président de la république turque Erdogan lançait une offensive contre les forces militaires kurdes présentes en Syrie dans la zone évacuée par les américains. L’intervention turque décime depuis lors non seulement les cibles militaires kurdes, mais aussi les civils.

Donald Trump a annoncé le retrait des troupes américaines, abandonnant ses protégés kurdes syriens. KEYSTONE

L’argumentaire turc d’Erdogan repose sur le refus de voir s’installer une zone kurde à la frontière avec la Turquie, qui réprime par sa législation, la guerre, la répression, toute velléité kurde d’affirmation identitaire sur son territoire comme à l’extérieur de ses frontières.

Rappelons qu’Erdogan est un islamiste de formation, de parti politique (AKP), d’exercice du pouvoir (internements massifs de magistrats, de journalistes, de militaires, etc), de diplomatie (menaces réitérées contre Israël, l’Union Européenne-UE-, Chypre, l’Arménie, etc). Agresser les Kurdes revient à agresser l’ennemi local n°1 de « Daesh ».

Rappelons également que les Kurdes forment une Nation sans Etat, pourtant promis depuis la fin de l’Empire ottoman en 1918 par les puissances occidentales.

Plusieurs incidences à l’agression turque sont à déplorer.

1- Les interventions militaires turques à l’extérieur des frontières de la Turquie constituent une violation des règles internationales et de la Charte des Nations-unies. Celles-ci prohibent la résolution des conflits par voie de guerre. Erdogan dénonce régulièrement et violemment les prétendues agressions israéliennes au Proche-Orient au nom du Droit international alors que l’Etat hébreu est en légitime défense. Erdogan commet précisément contre les Kurdes ce qu’il reproche illégitimement à Israël. Il s’agit d’une manipulation turque des règles à son seul profit.

2- L’agression turque contrevient à la réglementation internationale prohibant à une armée d’attaquer des civils.

3- Les forces militaires kurdes agressées constituent la force principale en termes de lieu, de stratégie, de prévision, de connaissance du terrain, de génies militaires et civils sans laquelle le combat contre les islamistes « Daesh » n’aurait pu être mené ni gagné. S’en prendre aux Kurdes revient à s’en prendre à la force ennemie victorieuse principale contre les islamistes de « Daesh » dans la région.

4- L’absence d’intérêts militaire, civil, diplomatique des Nations qui composent l’ONU, son conseil de sécurité, son assemblée générale, à l’égard des combattants kurdes victorieux de « Daesh » n’a d’égal que leurs absences d’intérêt pour le respect des accords internationaux anciens mais toujours valides prévoyant la création d’un Etat kurde.

5- Les bombardements turcs au Kurdistan syrien provoque un chaos civil et général qui permet entr’autres dangers, les évasions des assassins de « Daesh » des prisons en lesquels ils étaient incarcérés.

6- Le nouvel abandon des Kurdes par les Américains et les Européens renouvelle pathétiquement l’Histoire. L’incapacité des USA et de l’UE à assumer leurs responsabilités militaires et diplomatiques est d’autant injuste que ces deux entités constituaient une cible de « Daesh ». Ils en ont été débarrassés essentiellement par les Kurdes.

7- L’agression turque contre les Kurdes, le désintérêt international que cela provoque, l’abandon des règles de Droit doivent fournir à Israël en légitime défense depuis 1948 une ligne d’alarme hors de laquelle sa sécurité ne serait plus assurée.

Pierre Saba

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