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Sur sa bannière Twitter, une photo des victimes à terre des attentats de Nice. Le tueur d’extrême droite qui a revendiqué l’attaque ayant causé 49 morts à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, est australien mais il se définit néanmoins comme « un Blanc, européen de cœur et de sang ». Et il semblait particulièrement obsédé par la France.

En témoigne son long manifeste de 73 pages intitulé « The Great Replacement » (« le Grand Remplacement »), posté juste avant les attaques, que « l’Obs » a lu, une sorte de salmigondis brutalement raciste, qui commence par « C’est le taux de natalité ! C’est le taux de natalité ! » Et rappelle les théories nauséabondes de l’écrivain Renaud Camus et son « génocide par substitution des Européens ».

Le concept même de « grand remplacement » semble en effet être devenu la matrice idéologique des identitaires et de l’alt-right, un peu partout dans le monde.

Les « envahisseurs »

Expliquant les raisons de son passage à l’acte, et pourquoi « une solution violente et révolutionnaire était la seule solution », le tueur évoque en tout cas comme catalyseur un voyage touristique en Europe au printemps 2017 et l’élection présidentielle en France.

« Les deux candidats étaient représentatifs de notre temps. Un ex-banquier d’affaire globaliste, capitaliste, égalitarien, sans croyances nationales, contre une nationaliste timide et un peu controversée, dont l’idée la plus courageuse était de déporter les immigrés illégaux. La possibilité de la victoire de la nationaliste était un signe qu’une solution politique était possible. La victoire de l’internationaliste m’a plongé dans le désespoir. »

Le tueur raconte son voyage en France :

« J’ai été accablé de voir l’état des villes françaises. Pendant des années j’avais entendu des histoires sur l’invasion de la France par les non-Blancs, mais je pensais que c’était des rumeurs ou des exagérations. Mais quand je suis arrivé en France, […] j’ai vu que dans toutes les villes françaises les envahisseurs étaient là. Les Français qui restaient étaient souvent seuls, vieux ou sans enfants, alors que les immigrés étaient jeunes avec de grandes familles. […]

Le tueur se trouve dans une « petite ville de l’Est de la France ». Il se poste devant un centre commercial.

« Dans le parking je voyais tous ces envahisseurs. J’ai roulé dans une autre ville. […] Je me sentais désespéré par cette invasion de la France, le pessimisme des Français, la perte de notre culture et de notre identité. »

C’est ensuite, en tombant sur un cimetière de guerre, que le tueur dit avoir eu une révélation :

« C’est là que je me suis dit que je passerais à l’action, à la violence. Que je me battrais contre les envahisseurs moi-même. »

« Aucun endroit sûr »

Le terroriste explique alors qu’il a choisi de frapper à Christchurch en Nouvelle-Zélande pour montrer « qu’il n’y avait aucun endroit sûr dans le monde, que les envahisseurs étaient dans toutes nos contrées, y compris les plus reculées ». Il est ensuite parti en repérage dans plusieurs mosquées, et s’est décidé pour Christchurch après avoir constaté que c’était là « qu’il y avait le plus d’envahisseurs ». Le tueur projetait aussi d’attaquer « en bonus » une autre mosquée, car il s’agissait d’une église ayant été « désacralisée et convertie à l’ennemi ».

L’assaillant appelle aussi à tuer des « hauts profils anti-Blancs » avec en haut de sa liste « Angela Merkel, la mère de tout ce qui est anti-Blanc et antigermanique », qui a « endommagé et nettoyé racialement l’Europe de son peuple ».

Il fustige ensuite « la diversité, une faiblesse », en donnant l’exemple de la Chine, « le régime dont je me sens le plus proche », en invoquant l’absence de diversité, et d’expliquer que les immigrés jamais ne « s’assimileront », du fait de la culture « décadente » de l’Occident.

Une rhétorique bien ancrée dans les milieux identitaires, qui ont érigé comme oracle l’écrivain français Jean Raspail, pour son livre « le Camp des Saints » publié en 1973, lequel décrivait une « catastrophe migratoire » et qui, réexhumé ces dernières années, a été traduit en 18 langues et s’est écoulé à plus de 100.000 exemplaires.

Autre figure de proue des milieux identitaires, l’essayiste français d’extrême droite Dominique Venner, qui s’était suicidé dans une église, le martyr du « grand remplacement », dont les écrits devenus « cultes », sont régulièrement traduits à l’étranger.

Doan Bui

Source : nouvelobs.com

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