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Le prix « Echo » a suscité la polémique en remettant un prix à deux rappeurs aux textes empreints d’antisémitisme, d’homophobie et de misogynie.

Le principal prix de musique en Allemagne, les « ECHOs », n’aura plus lieu. Ce mercredi 25 avril, la Fédération de l’industrie musicale qui organise cet événement annuel, équivalent allemand des Victoires de la musique, a annoncé avoir pris cette décision suite à la polémique récente suscitée par la remise d’un prix à des rappeurs accusés de textes antisémites, homophobes et misogynes.

« Il n’y aura plus d’ECHos (…) On ne veut pas que ce prix de la musique puisse être considéré comme une plateforme pour l’antisémitisme, le mépris des femmes, l’homophobie ou la banalisation de la violence », a déclaré dans un communiqué la Fédération de l’industrie musicale. « La marque ECHO a été endommagée à un tel point qu’un nouveau départ total est nécessaire », a ajouté l’organisation, qui prévient qu’elle prendra son temps avant d’annoncer la formule qui remplacera ces prix l’année prochaine.

Deux rappeurs aux textes antisémites

Depuis 1992, la remise des prix ECHO est la cérémonie de prix musicaux la plus renommée en Allemagne, dans des domaines allant du classique à la musique pop en passant par le jazz. Tous les prix se fondent sur les succès commerciaux des artistes. Mais depuis le 12 avril 2018, le « scandale du prix Echo », comme l’a baptisé la presse allemande, ne cesse de prendre de l’ampleur à mesure que les jours passent.

À l’origine de cette polémique nationale, la remise mi-avril du prix de meilleurs artistes hip-hop de l’année aux deux rappeurs Kollegah et Farid Bang qui ont vendu en Allemagne plus de 200.000 exemplaires de leur album « Jeune, brutal et beau gosse 3 ». L’une de leurs chansons, « 0815« , dans laquelle les deux rappeurs se comparent aux prisonniers du camp d’extermination d’Auschwitz, a déclenché une controverse dans un pays hanté par son passé. Les deux chanteurs ont rejeté tout antisémitisme.

Une pluie de protestations

Plusieurs responsables des prix ECHO ont démissionné pour protester contre la récompense accordée aux deux rappeurs avant que de nombreux ministres allemands et différents responsables d’organisations juives ne montent au créneaux. Des artistes anciennement récompensés ont également décidé d’agir.

Lundi 23 avril, le célèbre chef d’orchestre Daniel Barenboim, directeur musical d’un des deux grands opéras de Berlin, a annoncé dans un communiqué rendre les prix ECHO qu’il a remportés ces dernières années. Le musicien dénonce sans détour un album de rap aux textes « clairement antisémites, misogynes, homophobes et d’une manière générale méprisants pour la dignité humaine ».

Le lendemain, mardi 24 avril, c’est au tour du grand violoniste français Renaud Capuçon de remettre ses distinctions. « J’ai décidé de rendre mes prix Echo pour protester contre l’attribution de ce prix à un groupe de rap dont les paroles des textes sont racistes, antisémites et indignes de la dignité humaine », a expliqué l’artiste dans un communiqué publié sur ses comptes Twitter et Facebook. « Toute forme d’art, et bien évidemment la musique, doit être au service de la réconciliation entre les peuples, du dialogue entre les cultures et du respect de chacun », a ajouté le musicien savoyard de 42 ans.

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