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Le Hamas a appelé mardi à poursuivre les manifestations à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, après la mort de plus de trente Palestiniens. Ben-Dror Yemini, écrivain et éditorialiste israélien, invite à prendre du recul.

Plus de trente Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens depuis fin mars, alors qu’ils s’approchaient de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Jets de pierres, pneus en feu… les manifestants se pressent chaque jour vers le territoire israélien, revendiquant le « droit au retour » des réfugiés palestiniens.

En face, les soldats des forces de défense israéliennes ouvrent le feu contre les protestataires qui tentent de s’infiltrer sur le territoire. Pour Israël, le groupe islamiste Hamas, à l’origine de ces manifestations, est une organisation terroriste.

Mardi, la tension est montée d’un cran. Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, a appelé à poursuivre ces manifestations. La « marche du retour » devrait se poursuivre jusqu’à la mi-mai. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a répliqué de Sdérot, une ville visée dans le passé par les roquettes du Hamas. « Si quelqu’un tente de vous attaquer, levez-vous et attaquez-le », a-t-il lancé.

Guerre des images

Dans ce conflit, la guerre des images et de la communication fait rage. « Je suis pro-palestinien et israélien. Je veux que la Palestine puisse être prospère et qu’il puisse exister deux États. Mais nous en sommes loin »,déplore Ben-Dror Yemini, écrivain et éditorialiste au quotidien Yediot Aharonot. Pour lui, le Hamas et le gouvernement israélien commettent des erreurs.

« Il faut voir l’objectif poursuivi par le Hamas. Regardez les manifestants. Ils crient « mort aux Juifs », brandissent des croix gammées avec le drapeau palestinien. On l’oublie, mais le Hamas appelle dans ses diffusions à détruire Israëlpoursuit-il. Le Hamas mène une guerre de l’image. Il veut qu’un petit nombre de gens se fassent tuer pour remporter la cause. Pour ce faire, il verse aux familles une prime de 3.000 dollars par mort. »

Ben-Dror Yemini, partisan d’une résolution pacifique du conflit, n’est pas tendre avec son gouvernement. « Ne vous méprenez pas sur moi. Je critique aussi Israël, continue-t-il. Tuer un homme désarmé, c’est regrettableSi j’étais ministre de la Défense, je dirais de faire autrement. » Mais lorsque le Hamas presse ses gens à la frontière dans un but d’infiltration terroriste, Ben-Dror Yemini reconnaît la légitime défense dans le chef des soldats israéliens. « Chaque pays a le droit de défendre ses frontières contre les infiltrations. »

L’industrie du mensonge

« L’industrie du mensonge », son dernier livre, disponible en français chez Berg International à partir de mai, dénonce la propagande entretenue contre Israël, entre autres par la campagne internationale « boycott, désinvestissement et sanction » (BDS). Il décrypte les images manipulées, comme celle d’une école de Jerusalem-Est détruite alors qu’il s’agit d’une petite pièce attenante.

« Ce mouvement est né à Berlin en 2001, lors d’une conférence pour la paix qui a tourné en manifestation contre l’existence d’Israël, précise-t-il. BDS, comme le Hamas, est contre l’existence d’Israël. Il diffuse par exemple des articles, comme ceux de l’historien israélien Zeev Sternhell, qui assimile Israël à un État fascisteIl existe une extrême droite en Israël mais cela n’en fait pas un État fasciste, au contraire, c’est le pays le plus démocratique de la région. » S’il critique les leaders du BDS, qu’il juge « antisémites », il se montre clément envers les militants emportés par la vague. « Je ne suis pas opposé à la discussion, mais je suis en colère contre les mensonges », assène-t-il.

Ben-Dror Yemini invite à prendre du recul. « Tout tend à montrer que c’est une guerre du super-État d’Israël contre les misérables Palestiniens. Mais ce n’est pas le cas. C’est une lutte contre une coalition entre Israël et une coalition sunnite-chiite, sans oublier le rôle majeur joué par l’Iran qui est occupé à devenir une superpuissance en s’installant en Syrie, au YémenL’islam radical prend pied en Afrique du Nord, où il détruit le peu qui existe. »

Source lecho

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