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Il existait au moins une bonne raison de se rendre à la manifestation de défense de la mémoire de Sarah Halimi, cet après-midi, à Paris: écouter le discours que devait prononcer le frère de la victime, William Attal. On sentait qu’il allait se passer quelque chose.

On n’a pas été déçu. Toute l’assistance a été stupéfaite.

À 14 heures, il n’y avait pas grand-monde, place de la République, pour exiger que l’islamiste Traoré soit jugé conformément à la loi, et non déclaré “irresponsable” par des experts-psychiatres et des juges soumis au politiquement correct le plus toxique, tellement conformes à la lâcheté de l’État macronien.

À 15 heures, la foule était un peu plus dense, mais loin d’être impressionnante. La mobilisation de la communauté juive, et de tous ceux qui la soutiennent face à l’islamisme, était de toute évidence un demi-échec. Mais c’était compter sans William Attal.

À 15 heures 30, après la séance de slogans hurlés, inhérente à toute manif, le silence se fait: un homme corpulent, âgé mais costaud, habillé de noir et portant une casquette noire, monte à la tribune. Il n’a pas de notes. Il improvise, et, sans une larme, sans un sanglot, sans un cri, sans le moindre signe d’apitoiement ni d’énervement, sans la moindre volonté de vengeance, il se lance dans un discours impressionnant, qui va tenir la foule en haleine des dizaines de minutes.

Ce que William Attal avait à dire à la France

Ce speech hors-normes est divisé en deux parties. La première consiste à décrire, minute par minute, détail par détail, coup par coup, le déroulement de l’assassinat, depuis la veille du crime jusqu’à la mort de Sarah Halimi. Comme souvent les victimes collatérales d’assassinats, William Attal connaît le dossier à la perfection, et il le décrit à la perfection. L’agonie de Sarah Halimi est montrée de manière chirurgicale, sans digressions: des faits, des faits, rien de que des faits. Et les faits sont terribles. La scène est d’une sauvagerie vertigineuse et la préméditation crève les yeux.

La deuxième partie est réservée aux irrégularités de l’instruction. Et là, c’est un déluge de scandales. Les policiers, les juges, les psychiatres, tous, sans exception, ont failli. Wiliam Attal dresse la liste interminable des erreurs et des fautes de la justice française dans cette affaire. La foule est bouche bée. Les juifs de Paris ont beau s’être passionnés pour cette affaire insensée, ils sont ahuris par la quantité de manquements au bon sens, à la morale et à la loi commis par l’État.

Et puis, il y a le moment-clé du discours. William Attal rappelle, pour ceux qui ne le savent pas, qu’un policier se trouvait derrière la porte de Sarah Halimi pendant les vingt minutes qu’a duré la séance de torture. Vingt minutes pendants lesquelles Sarah Halimi a subi vingt-deux fractures du crâne! Vingt minutes pendant lesquelles elle a hurlé de terreur et de douleur, avant d’être jetée par la fenêtre par Traoré.

À cet instant, Wiliam Attal sort son joker: très intelligemment, très subtilement, il rappelle que la justice française a refusé d’organiser une reconstitution des faits. Et tout le monde comprend instantanément ce qu’il veut dire: il ne faut pas qu’il y ait reconstitution parce que l’État ne doit pas avoir à rendre compte de la passivité totale d’un policier parfaitement équipé pour une telle situation (William Attal a précisé plusieurs fois: “Il était armé jusqu’aux dents”), et qui a préféré ne pas intervenir.

Le sang des auditeurs les plus lucides se glace… William Attal, qui est partie prenante de l’affaire, ne peut pas aller plus loin et dire clairement ce qu’il a en tête, mais la foule le décode sans peine. Et si toute cette machinerie judiciaire délirante avait pour but de couvrir un policier? Qui est ce policier? Pourquoi a-t-il eu peur de tuer un islamiste qui tuait une juive? Sa hiérarchie est-elle impliquée?

Ici, il n’y a pas de complotisme. Simplement la juxtaposition de deux faits indéniables: le refus d’intervenir de la police, et le refus d’une reconstitution par la justice. Pensez que Traoré n’a été interrogé que deux mois après les faits! Et que le contenu de son téléphone n’a jamais été examiné! Il y a, de la part de la justice, un refus obstiné, littéralement pervers, de comprendre ce qui s’est passé. Et si ce refus était une omerta? Et si l’affaire Sarah Halimi était bien plus grave qu’on ne pense?

William Attal a laissé la foule conclure par elle-même. Il est descendu de l’estrade humblement, sa mission accomplie. Il était venu informer la France de ce dont elle est malade. Sans un mot politique, ni religieux, sans une phrase méchante, sans une plainte, il a fait son travail de citoyen: dire toute la vérité, rien que la vérité, et comprenne qui pourra. Un homme, un vrai.

Puis, le speaker a annoncé qu’un représentant de la mairie de Paris allait prendre la parole. Huée générale. Nous avons préféré quitter les lieux. Après la magistrale et tellement digne démonstration de William Attal, il était hors de question d’écouter un technocrate idéologique venu chercher le vote juif et aligner des âneries sur le vivre-ensemble. Quand on vient d’entendre ce vieil homme au cœur brisé et à la tête froide, on n’a pas envie de vivre avec le socialisme.

Source: envoyé spécial FL24

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