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Commençons par une citation car il faut bien de temps en temps sortir son parapluie, surtout pour aborder un tel sujet sans se mouiller évidement. Comme par hasard il s’agit d’un auteur juif qui, à ma connaissance, ne s’exprima guère sur son judaïsme. Harold Rosenberg et son livre La dé-définition de l’art.

Je parlerai donc de la dé – définition de mon identité d’artiste juif ou de Juif en général.

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Pourquoi définir ?

Pourquoi finir ?

Pourquoi finir un tableau d’ailleurs ?

N’y a-t-il pas des tableaux bien faits qui ne soient pas finis, pas achevés ? Et Picasso n’écrivit-il pas qu’on achevait un tableau comme on achevait un taureau…

Je préfère donc sortir des sentiers rabattus de l’achèvement et des définitions ou des subtiles distinctions entre sensibilité juive, thèmes juifs, références à la Shoah, à l’humour ou l’autodérision juifs.

Je préfère l’inachèvement.

Rembrandt peignit de superbes figures de Juifs sans être Juif lui-même.

Je me contenterai donc de me limiter à mes pièces d’identités qui me désignent comme citoyen belge, né le 19 décembre 1945 à Etterbeek pas loin de Molenbeek, personne n’étant parfait.

C’était après la guerre.

Si j’étais né quelques mois plus tôt, un docile fonctionnaire belge aurait tamponné sur ma carte d’identité comme sur celle de mes parents 4 lettres rouge sang : JUIF.

Pas artiste juif, non ! Juif

Dayénou.

Cela m’aurait donc assigné à résidence identitaire jusqu’à ce que mort s’en suive.

Alors donc je botte en touche, me dérobe (ah que j’aime les robes), me détourne de toute définition trop restrictive qui me limiterait, m’enfermerait, m’enliserait, m’enchaînerait.

Je tisse ma toile à peindre de fils bleus certes, cette couleur reprise dans la Torah et que personne évidement n’a jamais pu reproduire ni évidement décrire. Le pauvre Rothko ne se noya-t-il pas dans son propre sang pour l’avoir trop cherchée en vain. Ou en vin.

Je prends du fil noir jaune rouge (vive la Belgique) ou du fil à coudre pour peaux de croco de l’atelier de mon père sur lesquels j’ai peint les derniers Bouts de souffle. Ç’aurait pu être les miens. Bouts de souffle comme le bout du bout d’une identité indéfinissable qui s’envole. Mais en même temps, comme dit l’autre, d’une identité que l’on hait ou jalouse mais qui ne s’arrêtera pas de souffler de sitôt.

Richard Kenigsman

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