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Ce jeudi plus de 1600 immigrés ont été contraints assez brutalement par la police parisienne de quitter leurs logements de fortune, tentes en toile, cabanes en morceaux de bois ou de tôle ondulée, bref ce que l’on appelle en Afrique des « habitations spontanées » et en France des bidonvilles. Bien entendu sans eau ni électricité. Chaque jour qui passait sans accident ou incendie était un miracle. On pouvait y voir, outre des adultes femmes et hommes, de nombreux enfants en bas âges et même d’assez nombreuxnourrissons qui « vivaient »non pas comme au « Camping Paradis » mais dans des conditions infernales.

Quelles que soient mes opinions sur la politique que mène ou devrait mener le gouvernement au sujet des immigrés, légaux ou illégaux, je ne peux pas ne pas être interpelé par ces images bouleversantes reprises en boucle sur les chaînes télé. Car elles nous ramènent nous juifs immigrés d’Europe Centrale ou du bassin méditerranéen à ce qu’ont subi nos parents et grands-parents juste avant et juste après la 2ème guerre mondiale. Faut-il rappeler que certains de nos coreligionnaires installés dans ce pays depuis plus de 2 000 ans ne reçurent pas toujours à bras très grands ouverts ces pauvres frères dont la plupart ne parlaient pas un mot de français. Cet exemple mérite d’être cité car après une génération leurs enfants issus de cette immigration souvent « illégale » devenaient médecins, dentistes, hommes d’affaires et scientifiques aux plus hauts niveaux donnant à la France gloire et Prix Nobel.

Si la France fut plutôt accueillante pas tous les français le furent ! Mon père qui dut s’exiler de Pologne à 17 ans afin de venir travailler ici afin d’envoyer de l’argent à ses parents restés à Varsovie me racontait qu’il habitait avec son frère, arrivé avant lui, dans un petit 2 pièces qui servait aussi d’atelier aux 2 frères tailleurs. S’ils travaillent un dimanche le voisin se plaignait du bruit et de ces juifs qui prenaient le pain de la bouche aux bons français en travaillant le jour du repos dominical. S’ils ne travaillaient pas un autre dimanche alors le même voisin se plaignait encore mais cette fois-ci des juifs qui vivaient sur le dos des français.

Est-ce que les choses ont changé ? Cela fait des siècles que nos textes nous intiment l’ordre de nous souvenir que nous avons été esclaves en Egypte. Ne l’oublions pas dans ces moments tragiques pour ces pauvres gens et ne cherchons pas à faire trop de rapprochements. L’adage populaire dit « comparaison n’est pas raison ». Mais rappelons pour eux comme pour nous et aussi comme pour les français qui quittèrent leurs terres pour aller aux Amériques ou ailleurs que ce sont les meilleurs qui s’exilent, prenant tous les risques et prêts à tout pour faire vivre leurs parents, leurs enfants et leur permettre à eux aussi d’être un jour les ambassadeurs de leur nouveau pays.

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