Alain Chouffan. D’Oum Kalthoum à Dalida les divas de la musique orientale

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Ah ! ma mère ! Que j’adorais ! Et qui aimait, à Tunis, les chansons orientales qu’elle fredonnait dans ses moments perdus. Pour elle, je suis allé voir cette exposition à l’Institut du monde arabe, intitulée D’Oum Kalthoum à Dalida.

Une exposition passionnante, très bien présentée, avec des images d’archives, des affiches, des objets personnels, de belles robes brodées d’or, et surtout, bien sûr, leurs voix, que l’on entendait à travers des vidéo, de de plusieurs chansons et récital, de ces divas arabes du XXe siècle. Tout l’âge d’or de la chanson orientale, qui a duré un demi-siècle, de 1920 à 1970, avec entre autres, Oum Kalthoum, Fairouz, Warda, mes préférées.

Oum Khalthoum, prodigieuse chanteuse formée dès l’enfance à la cantillation coranique et au chant religieux qui s’installe au Caire en 1924 et s’impose dans les années trente, et jusqu’à sa mort comme la plus grande chanteuse égyptienne. Et tout le Moyen-Orient. Appelée “La voix du Caire” ou l’Etoile de l’Orient, elle a vendu plus de 80 millions de disques avant de mourir en 1976. Mais voilà, elle est aussi, pour les Juifs, Oum Kalthoum la scandaleuse. Je ne sais plus quelle année, la maire de Haïfa a proposé de baptiser une rue à son nom. Ce fut un tollé de protestation car on lui reproche d’avoir exhorté dans ses chansons les musulmans et les arbres du monde entier à tuer les juifs, à égorger les juifs (ed bah el yahoud) et d’avoir appelé toujours en chanson à une Palestine en lieu et place de l’Etat d’Israël. Je me souviens aussi qu’elle avait donné deux récitals à l’Olympia, à Paris, les 13 et 15 novembre 1967, quelques mois après la guerre des 6 jours. Ce furent les seuls concerts de la diva en dehors du monde arabe.

Avec Fairouz, c’est autre chose. Elle fait résonner les mots du grand poète libanais Gibran Khalil. Avec une voix chaude et captivante. Dans les années 50, sa vie prend un tournant décisif quand elle rencontre les frères Rahbani, jeunes compositeurs qui l’ont accompagnée pendant la plus grande partie de sa carrière. Elle épousera d’ailleurs, l’un des frères, en 1954. Ils ont d’ailleurs écrit pour elle des comédies musicales qui ont fait les belles heures du festival de Baalbeck.

Et enfin il ne faut pas oublier Warda, la grande Warda ! Dernière d’une fratrie de cinq, d’origine algérienne par le père et libanaise par la mère. Dans les années quarante, son père ouvre un cabaret rue Saint-Séverin, dans le Quartier Latin. Le cabaret s’appelait TAM TAM (pour Tunisie, Algérie, Maroc). Dix ans après Oum Kalthoum, c’est à son tour de se produire dans une salle archi-pleine, à l’Olympia, le 10 septembre 1979. De retour à Paris qui l’a vue naître, Warda, présentée au public par Charles Aznavour, fait un triomphe.

Enfin, la surprise, c’est Dalida ! Car il ne faut oublier qu’en 1977, Dalida – Iolanda Gigliotti, est née au Caire et elle a même réussi à se faire élire Miss Egypte en 1954 – renoue avec ses racines arabes en enregistrant une chanson populaire égyptienne, Salma, ya salama composée par le grand poète Sayyed Darwish. Après ses débuts au cinéma, en Egypte, elle va tenter sa chance et va en France, ou sa carrière décolle en 1956 avec le succès de Bambino, en 1956, sous le nom de Dalida…Bref, une passionnante exposition, visible jusqu’à fin septembre, qui explore l’émergence des icônes de la musique orientale ! Et pour moi, la voix de la mère…

Alain Chouffan

SourceTRIBUNEJUIVE.INFO

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