Anna-Nina Bizougli. Ma Tunisie. Je t’aime dans la douleur

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Anna-Nina Bizougli

J’e t’aime dans la douleur, dans la joie … Tu souffres… Je sais … On te blesse, torture, viole tes principes, bafoue ta liberté, brise ton coeur de cristal…

Rome, par la bouche de Caton l’Ancien – Delenda est Carthago– t’a détruite mais n’a pas réussi à te faire mettre genoux à terre!

Les couteaux sont aiguisés, le sang aux reflets d’anémone a coulé tachant ton coeur, cassant tes murailles, les parois de ton âme éventrées, en ta poitrine les couteaux ont fini de hacher ton coeur, en ce moment tu boites bas …

Que sont venus faire les corbeaux chez toi ?

Sont-ils venus se mesurer à toi ? Ils sont venus de l’autre côté, où vivent des rapaces qui tailladent, dépècent, mutilent, écrasent les quelques hommes libres qui leur résistent…

Vos pieds ont souillé le rivage de ma patrie, vos coeurs impurs débordant de haine ont tué les soldats de mon pays, l’empreinte de vos sandales de bédouins ont sali le sable de ma Tunisie !

Je me sens nue, frissonnante de rage mais pas impuissante. Rome et sa supériorité n’ont pas effacé ma Tunisie de la carte du monde libre!

Nous sommes les héritiers d’Hommes libres venu de Tyr pour fonder Carthadach, Libres de cette liberté qui blesse, qui dérange les bédouins décérébrés que vous êtes!

Nous sommes héritiers d’hommes libres venus de la mer, hommes raffinés buvant vin et nectar précieux, aimant la femme, la transformant en reine par un seul regard…

Alors que vous, vous vous abreuvez d’urine de chamelle et vous sodomisez vos chèvres!

La barbarie contre la liberté!

Le mustang de Carthage, écume rouge aux lèvres, blessé, devenue fou, ne se laissera pas faire, il combattra !

Horde sauvage, bédouins crasseux incapables de vous donner à la liberté, vous vous inventez une religion qui n’a de culture que celle de la mort! Vous êtes tombés sur une femme du nom TOUNES, qui aime habiter des noms différents, des robes de soie, une femme constante, impossible à soumettre, une femme qui aime les banquets, où le sucré-salé se mêle aux roses et au jasmin …

Cette femme raffinée devient redoutable quand on essaye de lui manquer de respect!

Debout mon coeur, même ensanglantée, brisée, tu continues à te battre pour la liberté

“Des étoiles les plus lointaines

Descend sur nous une splendeur

Qui attire notre désir:

C’est ce que nous nommons l’amour”

MICHEL ANGE

Je t’aime ma Tunisie

Anna-Nina Bizougli Mars 2017


Peu avant, en 2014, Anna-Nina écrivait:

Bonjour mes frères! je suis Tunisienne comme vous, mais Musulmane par accident; un peu comme toute l’humanité, nous ne choisissons pas, ni le lieu de naissance, ni la confession des parents!

Toute petite, mon père m’emmenait tous les jeudis prendre un croissant dans son Café ( à la rue de Rome; il n’était pas cafetier, mais ingénieur, je dis son café parce qu ‘il le nommait ainsi)

Donc nous habitions la médina; il faisait un crochet et me faisait traverser la Hara, et me disait: “Tant que nos frères de confession Juive vivront ici, tant qu’il y aura des ghetto de par le monde, il faudra avoir honte ! Nous naissons libres et égaux! Il n’y a aucune différence entre les êtres humains!

Mon père comme moi était musulman par “accident”; il était DEISTE à la manière de Voltaire.

Les Musulmans que nous connaissions c’ étaient nos voisins ou la famille. Nos amis et connaissances étaient Juifs; moi j’étais à l’école des soeurs, ma petite soeur était à l’école de la rue el méchenka dans l’ancien palais du caïd Nessim.

Mes copains et copines étaient Juifs, j’allais gouter chez omi Rahil, la grand-mère de mon frère et ami Samuel Tubiana (que Dieu ait son âme): quand on sortait du Lycée, elle nous guettait du balcon du premier étage de leur immeuble de l’avenue de Madrid, et quand je ne voulais pas monter elle me disait: Monte yarrani kobbara alik (ce qui rendait Sam fou furieux), Je t’ai fait des you-you, ou des fricassés, ou un couscous boulettes (manger un couscous boulette à 17h il fallait le faire!)

Qui a dit que les Juifs étaient”radins”, racistes?

FAUX FAUX! Je suis là pour témoigner!

Omi Rahil voulait mourir en Israël. Moi, du haut de mes 15ans, je lui disais: “Je te promet omi Rahil, dès que je travaillerai, je t’ achèterai le billet“,

Alors elle m’embrassait, elle sentait le hénné, le clous de girofle, l’ambre et le musc, elle sentait fort la Tendresse.

Elle est morte avant d’aller en Israël. Je l’ai pleurée et j’ai “porté ” son deuil 40 jours Ô ya mimti Rahil comme tu me manques! Je sais que de ton Paradis tu veilles sur moi! Les jours où je sens la déprime me grignoter le coeur, je pense très fort à toi: tu me disais “idhak li dounia didhaklik

Voila ma Rahil d’amour: J’essuie mes larmes et Nidhak! Je sais qu’on ne peut pas arrêter le temps,mais je sais que vous manquez à la Tunisie! Oh mes Tunes, je vous aime!

Ô mes amis ,si vous saviez le déchirement ,quand vous êtes partis,je pleurais dans les bras de”BABA SIDI” le gd-père de Samuel mon frère,je ne voulais pas qu’il parte ,c’était un peu égoïste de ma part,car j’ai fait un transfert quand omi Rahil est morte,la maman de Sam avait pris la relève pour les gâteries,mais l’empreinte d’Omi Rahile était indélébile! Comme la vie est drôle parfois!je me retrouve avec plein de frères et soeurs sur HARISSA,!IL y a une chose qui me vient en mémoire,un jour,en passant par l’avenue madrid,je passais mon chemin,ne voulant pas monter,omi Rahil m’apelle:monte,devant mon refus ,elle descend m’attrape par le col de mon manteau m’oblige à monter(je ne sais où elle à trouvé la force de me traîner),me”jette”dans le hall et me dit:”tu es fâchée avec cette bourrique de Sam,quelque soit le motif deux choses ne prend jamais de décision en colère,et ne dit pas un mot en colère,en plus si tu as partagé’ l’eau et le sel, c’est à la vie ,à la mort !”et j’applique ces deux règles! merci NICOLE GANDUS et merci CLAUDE BONAN pour votre petit mot CHABAT CHALOM !vive l’amitié entre TUNES!

ÉCRIT PAR Anna-Nina Bizougli Sur Harissa.com;


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SourceTRIBUNEJUIVE.INFO

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