Appels à la prière islamique : les propos ambigus de Castaner et du CFCM ne trompent personne

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Par Amaury Bucco

Le ministre de l’Intérieur et l’organisation musulmane ont préféré s’en prendre à la vigilance de Marine Le Pen vis à vis des dérives prosélytes d’un certain islam, plutôt que de condamner fermement le recours à l’appel à la prière dans les lieux publics.

Il y a exactement huit jours, le 1er avril dernier, Valeurs actuelles publiait un article pour expliquer comment certains musulmans, imams ou fidèles, profitaient du confinement pour diffuser l’appel à la prière dans les lieux publics : pratique prosélyte jamais autorisée en France. Quelques jours plus tard ce fut au tour du Rassemblement national de se saisir du sujet. La présidente du parti adressa le 4 avril une lettre au ministère de l’Intérieur pour exiger que cesse cette « nouvelle escalade dans l’occupation illégale du domaine public par voie sonore » de la part de « groupements qui cherchent à saisir toute occasion de repousser les principes de laïcité de notre République et, ainsi, défier ouvertement l’Etat républicain ».
Deux jours plus tard, Christophe Castaner répondait à Marine Le Pen en ces termes ambigus, moins destinés à condamner ces provocations qu’à les excuser : « À ce jour, toutes les mosquées ont fermé. Cependant certains responsables de mosquées, très peu nombreux, ont souhaité lancer des appels à prier chez soi ou, à 20 h, à exprimer leur solidarité avec les personnels hospitaliers. Au-delà des polémiques, qui appartiennent à ceux qui veulent les faire vivre, il a été expressément demandé à ces responsables de trouver d’autres formes d’expression de leur solidarité et de cesser ces initiatives. » Autrement dit, toute en reprochant à Marine Le Pen d’alerter le gouvernement sur le sujet, le ministre de l’Intérieur reconnaissait que ces « formes de solidarité » n’avaient pas lieu d’être… Peut-être parce que ce ne sont pas simplement des « formes de solidarité » ?

De son côté, le même jour, soit le lundi 6 avril, le Conseil français du culte musulman (CFCM) sortait enfin de son silence pour se prononcer sur l’affaire. Mais, là encore, les reproches étaient davantage tournés contre Marine Le Pen, que contre la situation dénoncée à juste titre par celle-ci. Les récentes positions du CFCM, qui avait tranché en faveur du voile en octobre dernier, laissaient en réalité peu de doute quant à la clémence de cette organisation pour les pulsions prosélytes de certains croyants. Titré « Mise au point sur les allégations de la présidente du RN », le communiqué tente ainsi de justifier les appels à la prière publics effectués dans certains quartiers, et particulièrement celui lancé depuis le minaret de la mosquée de Lyon, mercredi 25 mars.
« S’agissant de Lyon, peut-on lire, il convient de rappeler qu’une réunion interreligieuse à l’occasion de la fête de l’annonciation qui célèbre la Vierge Marie, figure commune aux traditions chrétienne et musulmane, était programmée pour le 25 mars 2020 dans la grande mosquée de Lyon. De son côté, la conférence des évêques de France a fait savoir que toutes les cloches des églises de France allaient sonner pendant 10 minutes, le 25 mars 2020 vers 19h30, en “solidarité avec notre Nation toute entière”. La rencontre prévue à la grande mosquée de Lyon n’ayant plus eu lieu, mesure de confinement oblige, la grande mosquée de Lyon s’est associée à cette expression de solidarité des églises de Lyon en ayant recours à l’équivalent du glas à savoir le Adhan. À préciser que 19h30 ne correspond à aucune heure de prière musulmane et que l’appel lui-même se terminait par la séquence « priez chez-vous » ! »
Dieu est le plus grand, j’atteste qu’il n’y a nulle divine digne d’être adorée qu’Allah
Or, non seulement le diocèse de Lyon, contacté par nos soins, n’était pas au courant de cette singulière expression de solidarité (pas plus que la mairie), mais il est absurde de comparer le son des cloches, tradition ancestrale de notre pays à l’appel à la prière islamique, qui s’apparente plutôt à un changement de civilisation, ainsi qu’à une atteinte évidente à la neutralité de l’espace public dont la cloche, par son histoire, fait partie. Par ailleurs, contrairement ce qu’affirme le CFCM dans son communiqué, l’Adhan est bien une prière islamique prononcée en arabe, dans laquelle on peut entendre « Allahu Akbar » ou encore « Dieu est le plus grand, j’atteste qu’il n’y a nulle divine digne d’être adorée qu’Allah ». La comparaison avec le simple son d’une cloche est donc sans fondement, de même qu’il est absurde d’y voir une quelconque forme de « solidarité interreligieuse avec la Nation », comme l’affirme naïvement le CFCM.

Mais ce n’est pas tout. Le communiqué publié par le CFCM va plus loin. Il nous apprend que l’organisation musulmane s’est penchée sur la question de l’appel à la prière lors d’une réunion le 1er avril, et que, tout en « saluant la bonne intention des responsables des mosquées qui se sont spontanément joints à l’expression de solidarité interreligieuse pour la Nation », l’organisation a simplement décidé d’en appeler à la « vigilance » des « responsables des mosquées » dans la mesure où cette expression pourrait faire l’objet d’une « instrumentalisation (…) par les groupuscules identitaires ». « En cette période difficile que traverse notre pays », peut-on lire en conclusion, le CFCM « réitère son appel aux musulmans de France de trouver les moyens d’expression solidaire les plus consensuels pour barrer la route aux adeptes de la haine et de la division. Le contexte actuel ne laisse pas de place aux débats sereins ». Le débat n’est donc pas tout à fait clos, semble-t-il.
SOURCE :

https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/appels-la-priere-islamique-les-propos-ambigus-de-castaner-et-du-cfcm-ne-trompent-personne-117946

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SourceLIGUEDEDEFENSEJUIVE.COM

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