Aux Etats-Unis, le musicien Phil Collins relance la bataille de Fort Alamo

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A Fort Alamo, la bataille fait rage de nouveau. Cette fois, le personnage central n’est plus Davy Crockett, mais Phil Collins. Le célèbre chanteur et batteur de Genesis se passionne depuis l’enfance pour l’histoire de ce siège meurtrier. Quelque 180 colons engagés dans la lutte pour l’indépendance du Texas alors sous domination du Mexique s’étaient retranchés en 1836 dans une mission près de San Antonio. 

Ils résistèrent treize jours face aux troupes mexicaines avant d’être massacrés. Phil Collins a amassé une collection unique de plus de 400 objets : des balles de mousquet, une corne de poudre, des casques, des documents militaires, etc. Et il en a fait don en 2014 à l’agence étatique en charge du site d’Alamo, qui s’est engagée à l’exposer dans un futur musée. 

En 2014, Phil Collins fait dont de la plus grande collections d'objets liés à la bataille de Fort Alamo (à San Antonio, Texas) dont une besace en cuir ayant appartenu à David Crockett.

En 2014, Phil Collins fait dont de la plus grande collections d’objets liés à la bataille de Fort Alamo (à San Antonio, Texas) dont une besace en cuir ayant appartenu à David Crockett.

Robert Daemmrich Photography Inc/Corbis/Getty Images

Problème, l’authenticité de certains de ces objets, dont le couteau de Jim Bowie, l’un des leaders texans, est contestée par un livre récent, Forget the Alamo. the Rise and Fall of an American Myth. « Si le musée ouvre, les Texans ne seront peut-être pas très contents d’apprendre que leur Etat a dépensé pour cette collection des centaines de millions de l’argent du contribuable alors qu’il savait que certaines pièces étaient jugées douteuses par les experts », écrivent les trois auteurs. 

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La bataille se joue aussi sur l’interprétation historique de cet évènement. La mini-série de Disney et le film de John Wayne qui l’ont rendu mythique aux Etats-Unis dans les années 1950 et 1960 ont magnifié les colons rebelles. La réalité, selon des études récentes, s’avère moins glorieuse. 

La bataille se poursuit

Davy Crockett, loin de s’être battu jusqu’à la mort, se serait rendu et aurait été exécuté par les Mexicains. Entre un tiers et la moitié des défenseurs de Fort Alamo se seraient enfuis avant l’assaut. Surtout, et c’est l’une des causes majeures de la guerre d’indépendance, les Texans voulaient maintenir l’esclavage dans leurs plantations de coton alors que le Mexique l’avait aboli. 

Sans le vouloir, Phil Collins a déclenché une énorme polémique entre les traditionalistes et les révisionnistes. Les premiers veulent un musée centré sur la version John Wayne du siège et la poignée de héros blancs qui se sont sacrifiés contre l’oppresseur mexicain. Les autres souhaitent qu’on inclue les esclaves noirs, les Indiens et les Tejanos, les Texans d’origine hispanique, dont certains se sont battus aux côtés de Davy Crockett et que le récit officiel a totalement occultés. 

« Il est important que le musée ne traite pas seulement du siège, mais ait une vue plus large qui raconte avec exactitude tous les aspects de l’histoire sans omettre aucun des protagonistes », estime Carey Latimore, historien à la Trinity University (San Antonio) et membre du comité consultatif des citoyens chargé de l’aménagement du site d’Alamo.  


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Après des années de querelles politiques et la menace de Phil Collins de retirer sa collection, le Texas a commencé la construction du musée. Mais la bataille se poursuit. En juillet, Dan Patrick, vice-gouverneur de l’Etat, a interdit un débat avec les auteurs du livre Forget the Alamo, qui démolissent, preuves à l’appui, le mythe d’Alamo. Selon lui, « cette réécriture de l’histoire texane non fondée sur les faits n’a pas sa place ». 

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