Chelah Lekha 5782: « L’appât d’honneurs » (vidéo)

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 Chelah Lekha 5782: « L’appât d’honneurs » (vidéo)

De nombreuses questions se posent sur cette sidra.
HaShem a promis aux Patriarches de donner en héritage une contrée à leur descendance alors, pourquoi dit-IL à Moïse : « envoie pour toi » des observateurs ? En fait, HaShem n’a pas demandé d’envoyer des observateurs dans cette contrée qu’IL offre aux Bené Israël, mais en précisant bien « pour toi ».

IL veut signifier en d’autres termes : pour ce qui Me concerne, Je sais ce que Je vais vous donner comme terre mais si toi, Moïse, tu veux tranquilliser ce peuple, Je n’y vois pas d’inconvénient, envoie là-bas qui tu veux.

Nous assistons alors à un véritable déploiement de démagogie populaire et il faut tout d’abord savoir qui étaient ces envoyés. Dans la parasha de Nasso il a été question des sacrifices offerts par les élus (les princes) de chaque tribu sauf celle des Léviim. Ces « chefs » sont restés en poste pendant les 40 jours qu’a duré l’expédition. Qui sont, alors, ceux qui sont partis parcourir le pays et en rapporter des fruits ? Ce sont ceux qui auraient pu être des « gouverneurs » locaux sorte de préfets pour chaque tribu. Or, en prenant possession du pays, une question se pose à ces futurs délégués et surtout : qu’en serait-il de leurs fonctions ? Seront-ils toujours investis de ces hautes fonctions ? Seront-ils toujours des « nessiim » ? Redoutant de perdre leurs attributions et par conséquent de perdre le rang honorifique qui leur était conféré, à leur retour de la mission qui leur fut transmise, ils adoptèrent, alors, un discours très démagogique : vanter tout d’abord le pays et l’abondance matérielle que l’on y trouvait : des raisins si beaux, si juteux qu’il fallut deux gros bâtons disposés en « x » et 8 hommes pour la porter ce qui reviendrait à dire que cette grappe de raisins pesait quelques 7 tonnes et que chacun des explorateurs pouvait porter près d’une tonne de marchandise ! C’est donc après avoir exposé ce magnifique raisin, cette superbe figue et la grenade géante et après avoir reconnu devant tout le peuple qu’en effet, les figues laissaient échapper un miel savoureux dont les chèvres se pourléchaient et qui provoquait chez elles une surabondance de lait riche qui coulait de leurs mamelles, que les explorateurs portèrent leur « coup bas » : ce pays est effrayant car tout y est immense !
D’autre part, pour que les habitants ne remarquent pas ces intrus, nous enseigne le midrash, D. occupa les Cananéens et les « géants » à enterrer les membres de leurs familles qui mourraient. La région de Kyriat Arba était habitée par 4 géants d’où le nom de Kyriat Arba (la cité des 4). Nos explorateurs profitèrent de cette occasion qui leur était donnée pour déformer la vérité et déclarer au contraire, que la « Terre dévore ses habitants ».

Cette péricope offre un rapport direct avec la parasha dans laquelle nous avons vu Aharon et Myriam médire sur leur frère. La différence réside en ceci : Aharon et Myriam ont médit de leur frère alors que les explorateurs en dehors de Caleb et de Josué ont médit de la terre d’Israël et c’est à ce niveau qu’il est important de signaler que si la médisance au niveau d’êtres humains est très grave lorsque la médisance concerne la Terre d’Israël, la médisance est encore beaucoup plus grave pour les raisons suivantes :
Attribuer au pays toutes sortes de défauts et dire qu’à cause de cela il est impossible d’y vivre est une faute grave car en donnant cette terre à Son peuple, D. sait exactement ce qu’IL fait et ne pas « voir » les qualités et les détruire est non seulement un manque de confiance en D. mais, ce qui est encore plus grave dirais-je est que l’on veut publier que l’homme est incapable de lutter contre ces phénomènes ou, en d’autres termes : « Moi, je suis bien, mais ce pays est trop dur » c’est-à-dire que le pays ne me convient pas. Ou bien, une tout autre raison : le pays ruisselle de lait et de miel mais ces géants me font peur, jamais on n’arrivera à les détruire !

Alors que D. a promis « Je vous livrerai le pays et ses habitants ».

Cette façon d’agir se révèle être un manque de confiance en HaShem et il se répète sans cesse et c’est toujours à Moïse qu’échoit la tache de défendre ce peuple qui récrimine sans fin. Un peuple de pleutres, incapable de voir que LE chemin à suivre est celui de D. et de la Torah. Moïse tend la perche aux explorateurs mais ils ne savent pas la saisir.
Une autre crainte se fait jour : les honneurs dont ont fait l’objet tous ces « notables » devenus explorateurs ne leur seront plus attribués : leur conclusion est donc facile, ne pas aller plus avant et retourner en Egypte. Le Zohar est ferme sur ce point c’est à cause de l’éventualité de perdre leur rang social, qu’ils déclarent haut et fort que la terre de Canaan n’est pas un « cadeau ».
Aujourd’hui, les commentaires négatifs continuent à pleuvoir sur Israël pour de multiples raisons il faut surtout savoir qu’en proférant toutes sortes de critiques l’on se livre non seulement à un hiloul HaShem (profanation du Nom de D.) mais encore qu’en dénigrant le pays on affiche sa propre incapacité à accepter ce avec quoi bien d’autres font leur quotidien et vivent avec fierté dans ce pays où D. habite au milieu de Son peuple.
La punition est sans appel : toutes ces personnes qui, au moyen de prodiges sans précédents, et de miracles inimaginables se sont montrés indignes car ingrats, car sacrilèges, indignes d’être des sujets d’un Roi de l’Univers : ils rêvent d’être idolâtres à l’instar des égyptiens qui par l’accumulation de tous leurs péchés ont atteint 49 degrés d’impureté sur 50 ! Quelles sont les infractions à la Loi commises par ces personnes ? Ils ont suivi la même « idée » tant dans la faute du veau d’or qu’au retour de cette expédition en terre de Canaan en tant qu’explorateurs. En effet, lorsqu’ils ont participé à la fonte de l’or pour la fabrication du veau d’or, ils ont souhaité avoir un veau qui soit « à leur TÊTE » et, en revenant de leur exploration ils ont employé le même mot « rosh » ou tête pour retourner en Egypte et redevenir idolâtres.
D’après Rashi la supplique de Moshé Rabbénou pour qu’HaShem pardonne la faute du veau fut éminemment efficace puisque l’Eternel a pardonné mais la faute est tout de même restée inscrite et donc, lorsqu’ a surgi la faute de médisance sur la Terre d’Israël, cette faute du veau d’or a refait surface comme facteur aggravant nous pourrions dire que le peuple fut libéré « sous caution » mais, après la faute des explorateurs, ce fut un élément grevant le sort des « condamnés » de sorte que la sentence tomba et les 600,000 libérés d’Egypte moururent dans le désert à l’exception de Yokhéved, de Yéhoshoua, entre autres.
En quoi la médisance de Myriam sur Moshé fut-elle différente de la médisance des explorateurs. Moïse était un homme né d’une union régulière entre un homme et une femme bien que son destin fut on ne peut plus particulier. Bien que Moshé fut un homme humble et d’exception, il eut pu se défendre et pardonner ou se venger comme n’importe quelle autre créature humaine.
Le lashon hara ou médisance sur le pays, sur cette terre d’exception qu’est Israël, cadeau de l’Éternel à Son élue (Israël étant la Fiancée du D. d’Israël), la Terre n’a virtuellement pas ni la vocation ni la possibilité de se défendre. Cependant elle est dotée d’une faculté : celle de boire le sang de ses ennemis et de dévorer ses enfants sous certaines conditions. Et donc, médire de la Terre d’Israël reviendrait à médire du Créateur car tout se passerait un peu comme si – toute proportion gardée – l’on dirait vertement à un hôte : « votre cadeau est pourri »….

C’est la raison pour laquelle la médisance sur le pays d’Israël est beaucoup plus grave. La médisance, en soi, est déjà une grave faute mais elle l’est encore davantage lorsqu’il s’agit de la Terre où HaShem réside.

Caroline Elishéva REBOUH

SourceJFORUM.FR

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