Coronavirus: décès d’un ancien gendarme “Juste parmi les nations”

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Contaminé par le coronavirus, Auguste Héry, un ancien gendarme de 95 ans, “Juste parmi les nations”, est décédé le 1er avril. L’Essor vient de l’apprendre par l’un de ses fidèles lecteurs, le lieutenant-colonel (ER) Gérard Cabry.

4.128 hommes et femmes en France ont reçu cette distinction de “Juste parmi les nations”. Un diplôme décerné par le Comité français Yad Vashem pour avoir sauvé des Juifs pendant l’Occupation. Plus de 25.000 personnes dans le monde se sont vues ainsi honorées, soit de leur vivant soit à titre posthume, à l’issue d’une minutieuse enquête.

Son père étant prisonnier en Allemagne, Auguste Héry, alors âgé de 19 ans vivait avec sa mère Louise dans la ferme familial de Champvoisy (Marne). Ils y avaient caché une famille juive de quatre personnes en août 1943. Fuyant les rafles antisémites à Paris, la famille Burak avait rejoint ce petit village très isolé de 200 âmes. Il y avait le père Salomon Burak, tailleur, sa femme Gunenda et leurs deux enfants Isaac, 14 ans, et Marcel 10 ans. Suite à une dénonciation, sept Juifs, dont une autre famille, furent arrêtés dans le village le 22 février 1944. Aucun parmi eux ne revint de la déportation. Seuls Salomon Burak et son fils Marcel échappèrent à la rafle.

Après la guerre, Auguste Héry quitta la ferme pour la Gendarmerie. Il y fit une belle carrière, marquée par un long séjour en Algérie, notamment dans une compagnie saharienne de gendarmerie à Colomb-Béchar. Il la termina comme adjudant-chef, adjoint au commandant de la compagnie d’Epernay (Marne). En 2018, il fut reconnu avec sa mère Louise, décédée en 1971, “Juste parmi les Nations”. La même année, Auguste Héry et Marcel Burak inaugurèrent une stèle à la mémoire des sept Juifs déportés. Il reçut ensuite son diplôme de “Juste parmi les Nations” le 16 juin 2019 lors d’une cérémonie solennelle à la mairie de Champvoisy, près de Dormans où il avait pris sa retraite.

Auguste Héry était chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Médaille militaire, chevalier de l’ordre national du Mérite, croix de guerre 39-45, titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la croix du combattant. Il était aussi le doyen de l’union départementale de la Marne de l’UNPRG. Le Comité français Yad Vashem a reconnu “Justes parmi les Nations” dix-huit gendarmes en service pendant l’Occupation. Le dernier d’entre eux, Camille Mathieu est décédé en 2017 à l’âge de 102 ans.

Source :

https://lessor.org/a-la-une/deces-dun-ancien-gendarme-juste-parmi-les-nations/

Héry Auguste

Héry Louise

Année de nomination : 2018      Dossier n° 13736 –

http://www.ajpn.org/images-justes/1551701420_Louise_Auguste_Micheline_1941-42.jpg

 

 

Les Justes

  1. Auguste Héry
    Date de naissance : 12/11/1924
    Profession : Ouvrier agricçole
    Particularité : Information non disponible

Mme Louise Héry (née Crespin)
Date de naissance : 17/12/1904
Date de décès : 28/12/1971
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Champvoisy
Département : Marne
Région : Champagne-Ardenne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 16 juin 2019
Lieu : Mairie de Champvoisy/Dormans (51700)

Personnes sauvées

  1. Marcel Burak
  2. Isaac Burak
  3. Salomon Burak

Mme Ginendla Burak (née Rochman)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

https://unprg.fr/wp-content/uploads/2018/05/Marne.jpg

 

 

L’histoire

En 1941, la famille Burak habitait rue Poulet à Paris dans le 18e arrondissement. Salomon Burak, d’origine polonaise, travaillait comme tailleur. Son épouse Gunendla élevait à la maison leurs deux enfants Isaac âgé de 14 ans et Marcel 10 ans. Ils n’ignorent pas les rafles envers la communauté juive, notamment envers les hommes en âge de travailler. Pour cette raison, Salomon et Isaac quittent le domicile pour se réfugier à Dormans dans la Marne.

En 1943, les rafles s’intensifient et forcent Gunendla et Marcel à partir également en direction de la Marne. La famille se regroupe, mais le premier lieu d’hébergement se révèle peu sûr. En août 1943, c’est au hasard des routes qu’ils arrivent à Champvoisy, village de deux cents habitants. Puis dans une impasse, appelée « les Grandes cours ». Dans cet espace semi-fermé vivait notamment Louise Héry âgée de 39 ans et son fils Auguste, 19 ans. Il y avait également le beau-père Théotime, 72 ans, et Micheline, la sœur d’Auguste, 10 ans. Marcel, le mari de Louise, est prisonnier de guerre en Allemagne depuis le début de la guerre.

Louise HÉRY décide immédiatement de les héberger, confiante sur le relatif isolement du village. Rapidement, Salomon y reprend des activités de tailleur, principalement pour les habitants du village. Marcel l’accompagne assez régulièrement ou fréquente quelquefois les bancs de l’école communale.

Une autre famille juive était arrivée dans le village peu après eux, les Leska, parents de trois filles. Mais les Burak avaient très peu de contacts avec eux car ils étaient hébergés en dehors du village, au lieu-dit « La Madeleine ».

Avec le recul, Marcel pense que ses parents ont tout fait pour ne pas attirer l’attention sur eux. Cela se compliqua lorsqu’Isaac dut subir une opération de l’appendice, quelques temps plus tard. Louise Héry appela le docteur Marot qu’elle connaissait pour sa discrétion. Et c’est avec les papiers d’identité d’Auguste Héry que le docteur décida de faire entrer Isaac incognito à l’hôpital le plus proche.

Le 22 février 1944 était le jour de mardi-gras, synonyme pour les enfants d’insouciance et de jeux. Après avoir mangé des crêpes avec sa mère et son frère, Marcel est retourné au milieu des enfants du village. C’est peu après que policiers français et soldats allemands sont arrivés. Ils se sont dirigés directement vers leur lieu d’hébergement et vers celui des Leska. La famille Leska fut raflée. Aux Grandes Cours, Gunendla et son fils Isaac ont subi le même sort. Théotime Héry et sa belle-fille Louise, ainsi qu’Albert Guiborat, le maire du village, sont convoqués à la kommandantur et interrogés par la police pour avoir porté aide à des Juifs. Ils sont relâchés vingt-quatre heures plus tard. Il ne fait aucun doute que les deux familles juives avaient fait l’objet d’une dénonciation. La chance a voulu que Salomon et Marcel ne soient pas sur place. On cacha Marcel et il rejoignit son père. Sept Juifs cachés à Champvoisy furent emmenés ce jour-là. Aucun ne reviendra. Ils faisaient partie du convoi n° 69 qui quitta Drancy le 7 mars 1944.

Pour Marcel et son père, leur séjour à Champvoisy prit fin rapidement. Une chaîne de sauvetage constituée des habitants du village les conduisirent dans un hameau proche (la ferme d’Avize), puis un autre, leur permettant d’échapper aux contrôles jusqu’à la fin de la guerre.

Au printemps 2018, Auguste Héry a recontacté Marcel Burak. Il est aujourd’hui âgé de 93 ans. Très concerné par le travail de Mémoire, et soucieux que son village se souvienne, il venait de demander que soit installée une stèle près du monument aux Morts, en souvenir des sept martyrs juifs de 1944. La cérémonie qu’il avait organisée s’est déroulée le 29 avril 2018. Marcel a retrouvé ce jour-là Auguste Héry qu’il n’avait jamais revu, avec une émotion partagée. C’est suite à ce geste de 2018 que Marcel a émis le désir de remercier cette famille pour son implication pendant la guerre.

Le 6 novembre 2018, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Louise Héry ainsi qu’à son fils Monsieur Auguste Héry.

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Louise Hery

Source :

https://yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/les-justes-de-france/dossier-13736/

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SourceLIGUEDEDEFENSEJUIVE.COM

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