Elections en Israël et angoisses des partis. Chaque vote est important.

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Editorial de Nathalie Sosna-Ofir (Copyrights).

48 heures avant les élections. La course s’avère très serrée, comme au précédent scrutin, comme le révèle le tout dernier sondage autorisé à la publication. Aucun des deux blocs ne serait en mesure de former le prochain gouvernement et auraient tous deux besoin d’Avigdor Lieberman pour atteindre les 61 mandats. Le Bloc de droite sans Israel betenou de Lieberman est crédité de 44 mandats sans les ultra-orthodoxes, de 59 avec. Le Bloc de centre gauche de 43 mandats sans les partis arabes, 53 avec . Et bien que son parti soit en perte de vitesse, c’est toujours Avigdor Lieberman qui, comme au précédent scrutin, devrait faire office d’arbitre avec 8 mandats. Et déciderait du nom du prochain 1er ministre d’Israël.

Ynet imagine deux scénarios possibles au lendemain du vote. Scénario 1 : Netanyahu et le bloc de droite parviennent à obtenir au moins 61 sièges et le Premier ministre forme un gouvernement de droite ultra-orthodoxe. Avec le Likoud, la Droite, les ultra-orthodoxe -Shass et Yaadout Hatora- et peut-être le Otzma Yeudhot s’il est éligible.

Scénario 2 : Gouvernement d’union Bleu et Blanc-Likoud-Israel Beitenou et peut-être le parti travailliste. Mais Gantz a déjà dit et redit qu’il ne participerait pas à un gouvernement ensemble avec Netanyahu en raison des graves soupçons qui pèsent contre lui et qui pourrait être mis en examen pour fraude, corruption et abus de confiance après l’audience préliminaire, début octobre, chez le procureur général de l’Etat. D’autre part, si le président Rivlin confiait la tâche de former le prochain gouvernement à Benny Gantz celui-ci a déjà annoncé qu’il établirait un gouvernement national laïc avec le Likoud dirigé par un autre leader que Netanyahu et Israël Betenou.

Autre point : si aucun candidat ne parvient à rassembler 61 mandats, comme ce fut le cas immédiatement après les élections du 9 avril, le système politique israélien sera à nouveau paralysé et chaotique. En même temps, la plupart des partis politiques estiment l’éventualité d’un troisième round quasiment nulle . Dans le Maariv, Aviv Drucker estime que si Netanyahu ne parvient pas à rassembler les 61 mandat nécessaires à la formation d’un gouvernement, ce serait alors la fin de l’ére Bibi.
Dans le Israël Hayom le rav Hillel Gershoni de la mouvance sioniste religieuse appelle à la mobilisation pour permettre à la Droite de former un gouvernement sans Avigdor Lieberman.

Chaque voix compte dit-il rappelant que lors de la précédente élection, il manquait 1 545 voix à la « nouvelle droite » pour passer le seuil d’éligibilité. Les élections en cours sont certes des réélections. Elles sont ennuyeuses. Personne ne comprend pourquoi il faille retourner aux urnes. Mais c’est justement dans ce genre de situation, qu’il faut se mobilier. Le nombre de votes requis pour obtenir un mandat est en baisse, celui de votes nécessaires pour franchir le seuil d’éligibilité diminue. Il y a de fortes chances que nous aboutissions à la même impasse qu’après les dernier scrutin. Pour éviter cela, la droite doit atteindre la majorité absolue sans Lieberman, ce qui est une tâche très difficile. Une voix, la vôtre, peut faire la différence, car il est fort possible que la différence entre 60 et 61 sièges en dépende.

Et dans le yedihot, Limor Livnat, ancienne ministre de la culture et des Sports de Netanyahu et ex-ministre de l’éducation d’Ariel Sharon, appelle à l’union. Deux camps, ‘Seulement Bibi » et « tout sauf Bibi’ divisent dangereusement la société israéliennes. Quand sur la page Facebook du 1er ministre on déclare que les Arabes -y compris les israéliens- veulent tous nous détruire. Lorsqu’Ayman Odeh, leader du parti arabe uni, s’approche menaçant du 1er ministre et lui colle un téléphone au visage, le tout lors d’un débat à la Knesset. Lorsque l’ex-1er ministre Ehud Barak, ancien ministre de la Défense et chef d’état-major, qualifie le contrôleur de l’Etat de serpillère et Netanyahu de collaborateur du Hamas.

Quand Erez Tadmor, porte-parole de la campagne du Likoud, qualifie lui l’ancien chef d’état-major Benny Gantz « d’idiot en chef ». Quand quelqu’un qui ose penser différemment du gouvernement traditionnel est immédiatement taxé de gauchiste. Il ne faut pas s’étonner que la haine et la violence au sein de notre société se propage à vitesse grand V. Quelque chose va mal chez nous !

Les deux camps – « tout sauf Bibi » et – « seulement Bibi »- menacent de balayer comme une énorme vague toutes les réalisations et tout ce que nous avons construit pendant les 71 ans de l’État et de détruire la société israélienne.

Une seule issue. Un gouvernement d’union. Tout de suite. Sans conditions. Mais Lieberman est versatile et change d’avis d’un moment à l’autre. Tout comme Benny Gantz. Le matin il tente de séduire les ultra-orthodoxes et leur promet monts et merveilles et le soir annonce qu’il formera un gouvernement d’union laïc.

Ce qui par la même occasion disqualifie non seulement les ultra-orthodoxes mais aussi Netanyahu. Et pour Netanyahu, c’est simple. Dès que l’on commence à évoquer un gouvernement d’union, il répond simplement : « Non! ». La situation rappelle ce que Charles Dickens écrivait dans son livre  » Le Conte de deux villes », Il y a 160 ans, quelque part ailleurs. « C’était le bon temps, c’était le mauvais temps. C’était l’âge de la sagesse, c’était l’âge de la stupidité. C’était le tour de la foi, c’était le tour du scepticisme. C’était un jour clair, c’était un jour sombre. C’était le printemps de l’espoir, c’était l’hiver du désespoir. Tout était possible, rien n’était possible. « 

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