Facebook : Des survivants de l’Holocauste demandent le retrait de contenus négationnistes

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Mark Zuckerberg, directeur général du réseau social Facebook a réagi face à la demande de suppression des publications négationnistes par des survivants de l’Holocauste — Shutterstock

« Quand des gens disent en ligne que l’Holocauste n’a jamais eu lieu, ils disent que mon père, ma sœur et soixante membres de ma famille n’ont pas été assassinés par les nazis », explique Lea Evron, aujourd’hui âgée de 85 ans. D’origine polonaise, elle a échappé aux camps d’extermination de même que sa mère alors que son père et sa sœur ont été déportés, en 1943.

Dans une vidéo mise en ligne sur Facebook, neuf rescapés de la Shoah dont Eva Schloss, la demi-sœur d’Anne Frank demandent à Mark Zuckerberg, fondateur et PDG du réseau social, de retirer les contenus négationnistes. Cette vidéo a été réalisée en partenariat avec la Claims Conference, organisation créée en 1951 notamment pour œuvrer à la récupération de biens spoliés.

La loi américaine n’interdit pas les propos négationnistes

« Ceux qui disent que l’Holocauste n’a pas existé me traitent de menteur », résume Sidney Zoltak, également d’origine polonaise, qui a échappé aux camps en se cachant dans des villages en Pologne. Dans un document publié début juillet, l’organisation de lutte contre l’antisémitisme Anti Defamation League (ADL) a donné plusieurs exemples de groupes Facebook au sein desquels des usagers mettaient ouvertement en doute l’existence de l’Holocauste ou son étendue.

Parmi eux, le groupe CODOH ou « comité pour un débat ouvert sur l’Holocauste », où étaient encore visibles mercredi des messages niant la réalité du génocide des juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale.

Si dans de nombreux Etats européens, des propos révisionnistes ou négationnistes sont passibles de poursuites pénales, aux Etats-Unis, ces derniers ne sont pas interdits par la loi. La jurisprudence tend à les placer sous la protection du premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression.

70 messages de contre-attaque prêts

En juillet 2018, Mark Zuckerberg, qui est lui-même juif, avait expliqué qu’il ne voulait pas supprimer les messages négationnistes de Facebook. Sollicité par l’AFP, Facebook a indiqué qu’il supprimait tout contenu qui « défendait » l’Holocauste, « essayait de le justifier », « accusait les victimes de mentir » ou incitait à la haine ou la violence contre les juifs. Mais la plateforme ne retire pas du contenu « uniquement parce qu’il est faux », a précisé un porte-parole, et ne supprime donc pas les contenus négationnistes, même si elle cherche à en limiter la propagation sur la plateforme.

La Claims Conference prévoit de mettre en ligne une vidéo d’un rescapé chaque jour « jusqu’à ce que Facebook agisse », a indiqué une porte-parole, expliquant que plus de 70 messages étaient déjà prêts. L’organisation indique avoir demandé à Mark Zuckerberg de rencontrer des rescapés pour écouter leur histoire « et comprendre pourquoi le négationnisme est un discours de haine », a expliqué la porte-parole.

En juin, le réseau social s’est retrouvé sous le feu des critiques quand plusieurs associations de défense des droits des minorités ont appelé au boycott de la plateforme pour obtenir qu’elle contrôle mieux les contenus incitant à la haine, au racisme ou à la violence.

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Source20MINUTES.FR

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