Gaz: l’Allemagne enclenche un « niveau d’alerte »?

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(FILES) In this file photo taken on November 08, 2011 the Nordstream gas pipeline terminal is pictured prior to an inaugural ceremony for the first of Nord Stream’s twin 1,224 kilometre gas pipeline through the baltic sea, in Lubmin November 8, 2011. – Germany said on June 23, 2020 it would raise the alert level under its emergency gas plan to secure supply following the recent reduction of pipeline supplies from Russia. (Photo by John MACDOUGALL / AFP)

«Le gaz est désormais une ressource rare» : l’Allemagne enclenche un «niveau d’alerte»

Le « niveau d’urgence » permettra à Berlin d’organiser des mesures de rationnement afin de répartir les volumes de gaz entre particuliers, administrations, industrie.

L’Allemagne fait déjà face à une « crise gazière ». Le pays a activé ce jeudi le « niveau d’alerte » du plan visant à garantir son approvisionnement en gaz qui rapproche le pays de mesures de rationnement, dans le sillage de la baisse de 60 % des livraisons de Moscou via le gazoduc Nord Stream.

« Nous sommes dans une crise gazière. Le gaz est désormais une ressource rare », a déclaré le ministre de l’Économie Robert Habeck lors d’une conférence de presse. Le gouvernement pourra dans ce cadre « soutenir » les acteurs du marché pour faire face aux prix élevés. « J’espère que ce ne sera jamais le cas », a réagi le ministre à propos de ce scénario cauchemardesque pour la première économie européenne.

Vers des mesures de rationnement ?

Il s’agit de la deuxième étape du dispositif sur l’approvisionnement en gaz allemand, activé en mars dernier, suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La troisième et dernière étape de ce plan basé sur un modèle de l’Union Européenne, le « niveau d’urgence », permettrait à l’État d’organiser un rationnement afin de répartir les volumes entre particuliers, administrations, industrie.

La décision fait suite à la baisse de 60 %, depuis la semaine dernière, des livraisons de gaz via Nord Stream vers l’Allemagne du groupe russe Gazprom, qui argue d’un problème technique. Mais pour le gouvernement allemand, il s’agit d’une « décision politique », destinée à peser dans le bras de fer entre Moscou et les pays occidentaux sur la guerre en Ukraine.

Cette décision a eu un lourd impact sur plusieurs pays européens, en particulier l’Allemagne, l’Italie et la France. Certes, les réserves en Allemagne se situent actuellement à 58 %, un niveau « supérieur à la moyenne des dernières années ». Mais si les livraisons via le gazoduc Nordstream « restent à un niveau bas », le « niveau de stockage de 90 % », préconisé par la loi allemande ne sera « pas atteint », selon le ministère.

« Tout va bien en ce moment, mais cela ne doit pas nous faire oublier que dans l’état actuel des choses, tout ira mal à l’avenir », a résumé le ministre Robert Habeck, une figure du parti écologiste. Si rien ne change, une pénurie de gaz pourrait se déclencher dès février 2023. En cas d’arrêt total des livraisons par Moscou, elle pourrait arriver dès « mi décembre », selon les évaluations de l’Agence fédérale des réseaux.

Une utilisation renforcée du charbon

C’est pourquoi « nous devons prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer notre approvisionnement » en prévision de l’hiver prochain, a déclaré Robert Habeck. Déjà l’Allemagne a annoncé dimanche sa décision d’utiliser davantage de charbon pour économiser du gaz, qui représentait 15 % de l’électricité produite en 2021.

Berlin a également annoncé l’ouverture d’une ligne de crédit de quinze milliards d’euros la banque publique KfW pour financer l’achat de gaz, dont les tarifs ont flambé, par l’acteur responsable des achats pour l’Allemagne, Trading Hub Europe.

www.leparisien.fr
Le géant russe Gazprom a considérablement réduit ses livraisons vers l’Allemagne, obligeant le pays à trouver d’autres solutions. AFP/John MACDOUGALL

SourceJFORUM.FR

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