Guerre en Ukraine : Otan, Poutine… Jordan Bardella et Marine Le Pen ont-ils le même discours sur la Russie ?

Vues:

Date:

Un double discours sur la Russie ? Jordan Bardella s’est dit contre une sortie de la France du commandement intégré de l’Otan. Du moins tant que la guerre en Ukraine « est toujours en cours » a lancé jeudi la tête de liste RN aux élections européennes, lors d’un entretien organisé par le média Politico et le think tank Europa Nova.

La mesure figurait pourtant dans le programme défendu par Marine Le Pen à la présidentielle 2022. Ce n’est pas la première fois que le patron du parti semble diverger avec la ligne portée par l’ancienne candidate sur la Russie de Vladimir Poutine. Est-ce réellement le cas ? On fait le point.

Un revirement sur l’OTAN ?

Depuis des années, le Rassemblement national prône la sortie de cette structure de commandement militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Dans son projet – toujours en ligne sur le site du parti – on peut ainsi lire ceci :

« La priorité sera de quitter le commandement intégré de l’OTAN ; la participation de la France au commandement militaire intégré de cette organisation est incompatible avec son statut de puissance souveraine, son indépendance diplomatique et militaire et la libre définition de l’usage de sa force de frappe nucléaire. »

« On ne change pas les traités en période de guerre », a balayé jeudi soir Jordan Bardella pour justifier ce revirement, alors que le conflit s’enlise depuis maintenant plus de deux ans. L’intéressé aurait d’ailleurs proposé à Marine Le Pen de retirer cette proposition du projet du RN, rapporte Le Monde. Une demande restée sans suite. Le parti préfère rappeler que Marine Le Pen avait déjà en quelque sorte « suspendu » cette mesure – pourtant jugée prioritaire – lors de la dernière campagne présidentielle. La candidate défendait alors un « rapprochement stratégique entre l’Otan et la Russie » lorsque la guerre entre le pays de Vladimir Poutine et l’Ukraine « sera achevée et aura été réglée par un traité de paix ».

Une différence de ligne sur la Russie ?

Ce n’est pas la première fois que des propos de Jordan Bardella semblent dissoner avec ceux de Marine Le Pen à propos de Moscou. Ce jeudi, l’eurodéputé n’a pas fermé la porte aux livraisons de missiles à longue portée français Scalp à l’Ukraine, alors que ce choix était jugé « irresponsable » l’été dernier par Marine Le Pen.

Autre exemple après la mort en détention d’Alexeï Navalny, mi-février. Le patron du parti avait salué sur X « son opposition au régime » de Vladimir Poutine, évoquant « une nouvelle tragique pour tous les défenseurs des droits humains et des libertés fondamentales ». La députée d’Hénin-Beaumont s’était cantonnée à acter le « décès » d’un « militant politique engagé dans la défense de la démocratie ».

De manière plus directe, Jordan Bardella avait semblé critiquer la position des siens dans une tribune à l’Opinion en février 2023. Il regrettait alors « une naïveté collective à l’égard des ambitions de Vladimir Poutine », alors que le RN est régulièrement visé pour ses « ambiguïtés » à l’égard du Kremlin. La prise de parole avait jeté un froid en interne et courroucée l’ex patronne du mouvement, qui avait clamé son « admiration » pour le président russe en 2011.

Un impact dans la campagne européenne ?

Ces positions fluctuantes sont utilisées par leurs adversaires à l’approche des élections européennes. « Nouvel épisode du  »oui mais non mais oui » du RN : Bardella veut sortir du commandement intégré de l’OTAN. Mais non en fait. Mais oui quand même. Enfin pas en temps de guerre. Après la politique de la girouette, le RN confond l’OTAN avec une porte de saloon. Pas sérieux », a taclé ce mardi l’eurodéputée Renaissance, Nathalie Loiseau sur X.

Notre dossier sur Jordan Bardella

Au-delà des divergences de forme, le camp présidentiel souligne que le RN tient une seule ligne sur le fond : refus de voter les sanctions énergétiques contre le régime de Poutine et les résolutions qui dénonçaient les détentions de Navalny, refus de livrer des armes offensives à Kiev, soutien de l’annexion de la Crimée ou refus d’intégrer l’Ukraine dans l’Otan. Un cadre du RN se moque des piques lancées par le camp présidentiel : « Ce que j’appelle l’offensive Poutine des macronistes, c’est débile et ça n’a aucun impact sur le terrain », raille-t-il. A moins de trois mois du scrutin, Jordan Bardella caracole toujours en tête dans les sondages.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img