Hommage républicain aux 23 résistants du « Groupe Manouchian » samedi 23 février à 10h à Vaulx-en-Velin


Hélène Geoffroy, Maire de Vaulx-en-Velin, Vice-Présidente de la Métropole de Lyon
Pierre Barneoud et la Municipalité avec les associations du Comité Manouchian, vous invitent :
samedi 23 février 2019 à 10h, square Manouchian (angle avenues Garibaldi et Roger Salengro à Vaulx-en-Velin la Côte). Cérémonie en hommage aux 23 résistants du « Groupe Manouchian », en présence de représentations consulaires.
Avec la participation de : l’Association des Moldaves de Lyon, The Blue Note, l’Association Musicale de Vaulx-en-Velin (Le Chœur du Souvenir des Ans Chanteurs), les Descendants des Anciens Combattants Italiens (DACI), le Souvenir Polonais, l’association Franco-Polonaise, le Collectif Multilingue de Vaulx-en-Velin et le Comité Manouchian (Union Culturelle Française des Arméniens de France – UCFAF, Union Compatriotique de Daron-Dourouperan – UCDD, Eglise Apostolique Arménienne de Lyon, Eglise Apostolique Arménienne de Décines, Association Pour les Echanges et la Coopération entre Lyon et Erévan – APECLE, Croix-Bleue des Arméniens de France Vaulx-en-Velin – CBAF).
La commémoration sera suivie de lectures de textes et d’un hommage musical à la Mairie annexe du Sud (32 rue Alfred de Musset), puis d’un buffet.
CCAF France CCAF Mission 2015 Centre-France CCAF Sud
Source :
http://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=8165

Missak, dit Micheln 1, Manouchiann 2, né le 1er septembre 1906 à Hısn-ı Mansur dans l’Empire ottoman, mort fusillé à trente-sept ans au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944, est un poète2 arménien et immigré résistant.

Rescapé du génocide arménien et formé au métier de menuisier, il se réfugie en 1925 en France, pays de « préférence »3 qu’adoptera sa veuve. Ouvrier tourneur autodidacte, il s’engage à la suite de la crise du 6 février 1934 dans le militantisme antifasciste qu’anime le mouvement communiste, et devient en juillet 1935 un cadre du Komintern en prenant la direction de la revue du HOC, Comité de secours pour l’Arménie, puis de l’Union populaire franco-arménienne, relais successifs du syndicat de la Main-d’œuvre immigrée auprès des ouvriers arméniens.

Il entre dans la Résistance en 1941, à la rupture du Pacte germano-soviétique, et est versé en février 1943 dans les FTP-MOI de la région parisienne. Alors que les arrestations se multiplient, il est choisi en août 1943 pour en être le commissaire militaire et est arrêté trois mois plus tard. Figure d’une résistance armée contraire à l’attentisme4 prôné par certains, il meurt « en soldat régulier de l’Armée française de la Libération »5 avec vingt-deux de ses camarades de l’Affiche rouge, « étrangers et nos frères pourtant »3.

« La vie n’est pas dans le temps, mais dans l’usage. »

— M. Manouchian.

En février 1943, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée de Paris : il s’agit de groupes armés constitués en avril 1942 sous la direction de Boris Holban, Juif originaire de Bessarabie. Le premier détachement où il est affecté comporte essentiellement des Juifs roumains et hongrois et quelques Arméniens. Le 17 mars, il participe à sa première action armée, à Levallois-Perret, mais son indisciplinen 16 lui vaut un blâme et une mise à l’écart21.

En juillet 1943, il devient commissaire technique des FTP-MOI de Paris ; en août, il est nommé commissaire militaire de la région parisienne, à la place de Boris Holban démis de ses fonctions pour raisons disciplinaires (il jugeait suicidaires les missions dans le contexte du moment) tandis que Joseph Epstein, responsable d’un autre groupe de FTP-MOI, est devenu responsable des Francs-tireurs et partisans pour l’ensemble de la région parisienne. Epstein est donc le supérieur hiérarchique de Manouchian, la direction politique étant exercée par un des cinq membres de la direction nationale de la MOI, Jacques Kaminski, qui a pour adjoint et délégué auprès des militaires Marino Mazetti. Manouchian lui-même a sous ses ordres trois détachements comprenant au total une cinquantaine de militants21. Son premier rôle est de fixer à cette jeunesse affranchie des cibles, des hauts gradés22, de sorte que leur action ait une valeur militaire et politique. On doit mettre à son actif l’exécution (par Marcel Rayman, Leo Kneler et Celestino Alfonso), le 28 septembre 1943, du général Julius Ritter, adjoint pour la France de Fritz Sauckel, responsable de la mobilisation de la main-d’œuvre (STO) dans l’Europe occupée par les nazis. Les groupes de Manouchian accomplissent près de trente opérations dans Paris du mois d’août à la mi-novembre 1943.

La Brigade spéciale no 2 des Renseignements généraux avait réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943. À partir de là, elle put mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Au matin du 16 novembre 1943, Manouchian est arrêté avec celui-ci en gare d’Évry Petit-Bourg, alors que, se sachant suivis depuis deux ou trois mois, ils discutent de l’opportunité de disperser le groupe22. Son épouse, Mélinée, cachée par les Aznavourian, parvient à échapper à la police mais pas son second, Arménak Manoukian. En 1985, elle témoigne dans un documentaire de Mosco Boucault, Des terroristes à la retraite23 et accuse la direction de l’époque du Parti communiste français (PCF) d’avoir lâché voire vendu le groupe Manouchian pour des raisons tactiques24. Dès le 14 juin 1985, avant la diffusion télévisée, Mélinée Manouchian répète devant les journalistes ce qu’elle affirme dans le film, sa conviction que son mari, Michel Manouchian, a été sacrifié avec ses hommes par le commissaire politique des FTP Main d’œuvre immigrée, Boris Holban. Le film apporte le témoignage de Louis Gronowski, qui fut de 1942 à 1945 l’agent de liaison entre Jacques Duclos, un des dirigeants du PCF clandestin en l’absence de Maurice Thorez aux côtés de Benoît Frachon, Auguste Lecœur et Charles Tillon , et la direction de la MOI, témoignage dans lequel cet homme clef, resté fidèle à son Parti, déclare « Par mesure de sécurité, on a envoyé des militants se cacher (…) Mais il fallait qu’il en reste pour combattre. Oui, dans chaque guerre il y a des sacrifiés. »

Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands de la Geheime Feldpolizein 17 (GFP) qui exploitent l’affaire à des fins de propagande. Le tribunal militaire allemand du Grand-Paris juge 24 des résistants arrêtés25, dont Manouchian. Une parodie de procès est menée de façon expéditive le 19 février à l’hôtel Continental en présence des journalistes. À leurs cris de haine racistes, Manouchian se tourne vers eux et leur jette « Vous avez hérité la nationalité française, nous l’avons méritée »26. La presse collaborationniste dénoncera le « cynisme » d’accusés qui assument pleinement les attentats qu’ils ont commis.

Dix des prévenus sont sélectionnés pour la composition de l’Affiche rouge, sur laquelle apparaît l’expression « l’armée du crime »27. Le tribunal prononce vingt-trois condamnations à mort28. Le 21 février 1944, les vingt-deux hommes du groupe des condamnés à mort sont fusillés au Mont-Valérien, en refusant d’avoir les yeux bandés29, tandis qu’Olga Bancic va être transférée en Allemagne et décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 194430.


Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ».

Mais l’affaire de l’Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l’ennemi, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Elle transforme un obscur en héros. Les soutiens de sympathisants se multiplient.

happywheels

ARTICLES POPULAIRES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Populaire cette semaine

Derniers Commentaires