Hong Kong, ancienne perle de l’Empire britannique, chinoise depuis 25 ans

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Après 156 ans de souveraineté britannique, la Perle de l’Orient était rétrocédée à la Chine le 1er juillet 1997. Pékin avait promis « un pays, deux systèmes ». Depuis, des défenseurs des droits humains ont été arrêtés et jetés en prison, la presse libre muselée et l’économie ralentie.

1842, la Chine perd la première guerre de l’opium. La dynastie Qing voulait interdire le commerce de la substance sur le territoire pour échapper à l’influence du Royaume-Uni qui depuis 1773 bénéficie d’un monopole sur sa vente.

Après quatre ans d’un conflit qui a démontré la supériorité de l’armée britannique sur une dynastie chinoise décadente, Hong Kong est prise comme un butin de guerre. Le traité de Nankin est signé, Hong Kong devient une colonie de l’Empire.

La localité ne compte que 7500 habitants à l’époque, principalement des pêcheurs et leur famille, mais la situation géographique de l’île est exceptionnelle. Elle est située devant le delta des Perles, en face de Canton, le grand port chinois de l’époque ouvert aux étrangers. Quelques années plus tard, la banque HSBC (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation) est fondée. En 1865, 70% du fret maritime qui transite par Hong Kong concerne l’opium venu des Indes. La ville compte déjà plus de 83.000 habitants.

C’est le début d’un extraordinaire développement. Hong Kong devient un des premiers ports du monde, sa rade est équipée pour accueillir les plus grands navires de commerce et au début du 20e siècle, son trafic dépasse celui de Londres, d’Anvers ou de New York.

Britannique pour 99 ans

En 1898, les Britanniques veulent agrandir Hong Kong. C’est à ce moment-là qu’ils signent un bail de 99 ans consenti par la Chine sur des Nouveaux Territoires de la Baie. Des villes nouvelles s’y créent, elles abritent principalement les industries qui se développent, sucrières, métallurgiques et textiles notamment.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville est occupée par les Japonais, puis en 1949 de nombreux réfugiés arrivent à Hong Kong après l’arrivée au pouvoir du parti communiste à Pékin.

Dans les années 1960 et 1970, la ville surperforme. L’éducation et le tourisme se développent, Hong Kong devient l’une des places financières les plus influentes de la planète, aux côtés de Londres et de New York.

En 1972, la Chine obtient que Hong Kong soit enlevé de la liste des colonies et en 1984, un dialogue s’ouvre entre Londres et Pékin sur la rétrocession des Nouveaux Territoires prévue en 1997. Margaret Thatcher espère poursuivre la présence britannique mais elle fait face à un gouvernement chinois qui rejette l’ensemble des traités signés au 19e siècle. Pékin les considère injustes et inégaux et refuse de reconnaitre la souveraineté britannique sur Hong Kong. Une déclaration est alors signée. Elle prévoit la rétrocession du territoire de Hong Kong dans sa globalité.

Hong Kong redevient chinoise

Le 1er juillet 1997, Hong Kong devient donc une Région administrative spéciale (SAR) de la République Populaire de Chine. Le portrait de la reine disparaît des billets de banque, des timbres et des bureaux publics. Quatre mille militaires chinois prennent immédiatement possession du territoire pour acter le changement de souveraineté.

Les Britanniques ont réussi à négocier que les politiques socialistes de Pékin ne soient pas appliquées immédiatement à Hong Kong. Le territoire est autorisé à conserver son système capitaliste et son mode de vie pendant cinquante ans. Promesse non tenue : depuis dix ans, Pékin fait main basse sur le territoire : des citoyens qui demandaient le suffrage universel ont été condamnés à de la prison et un parti indépendantiste a été interdit en 2018.

En 2020, Pékin a imposé une loi draconienne sur la sécurité nationale. Plusieurs titres de presse ont été contraints de fermer. Le pétulant patron de presse Jimmy Lai est actuellement en prison. En quelques années, Hong Kong est passé du 18e au 80e rang dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.

Depuis l’an dernier, les cours de Liberal Studies ont été suspendus. Censés développer l’esprit critiques chez les jeunes hong-kongais, ils ont été remplacés par des cours de « Citoyenneté et développement social ». Le but : rendre la nouvelle génération plus patriote.

Economiquement, Hong Kong subit la concurrence de Shanghaï et de Singapour. La reprise en main politique de Pékin a poussé plusieurs entreprises à quitter la ville et les candidats au départ sont de plus en plus nombreux. Londres affirme avoir reçu plus de 120.000 demandes de séjour.

SourceRTBF.BE

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