Israël et la tentation chinoise: Boîte de Pandore?

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Israeli prime minister Benjamin Netanyahu with Chinese president Xi Jinping, in Beijing on March 21, 2017. PM Netanyahu is on an official state visit to China. photo by Haim Zach / GPO ***HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES*** *** Local Caption *** ראש הממשלה בנימין נתניהו נפגש עם נשיא סין Xi Jinping
Par Dominique Moïsi Publié le 22 déc. 2019 à 15h44 Mis à jour le 23 déc. 2019 à 7h12

Si l’Etat hébreu reste un des seuls régimes démocratiques de la région, il pâtit lui aussi de la crise de la démocratie libérale telle qu’elle s’observe dans bien des pays occidentaux.

En outre, pour pallier le manque de fiabilité de son allié historique, les Etats-Unis (dans cet  article paru sur notre site Freddy Eytan démontre le contraire), Israël est de plus en plus tenté de se rapprocher de la Chine pour s’en faire un nouveau protecteur.

S’il est un pays où l’on sent comme un sentiment de fatigue à l’égard de la démocratie, c’est bien Israël.

Alors que la nation s’apprête à connaître en mars 2020 ses troisièmes élections en moins d’un an, la lassitude commence à prendre le pas sur la passion.

Qu’attendre d’une troisième échéance électorale, compte tenu de la polarisation profonde de la société ?

Benyamin Netanyahu se voyait depuis longtemps déjà comme le Winston Churchill de l’Etat juif, le rempart ultime face au risque d’un nouvel Holocauste, qui aurait pour cause, cette fois, l’arme nucléaire aux mains de l’Iran.

Il se verrait bien désormais comme le Boris Johnson israélien qui – mélange de détermination de sa part et de lassitude de la part des électeurs – se forgerait, comme son modèle, une majorité indiscutable à la Knesset (le Parlement d’Israël).

Un « Poutine israélien »

Les électeurs d’origine russe veulent un « Poutine israélien », un homme fort au tempérament despotique. « Bibi » est sans doute le plus apte à remplir ce rôle.

Mais la majorité des électeurs israéliens considèrent au fond d’eux-mêmes que l’après-Netanyahu a déjà commencé , que l’homme ne s’accroche plus au pouvoir que pour éviter la prison.

Avec le risque d’une escalade en matière de sécurité pour détourner l’attention de l’électorat vers des enjeux extérieurs, comme la tension grandissante avec l’Iran en Syrie. Le Moyen-Orient, en cette fin d’année 2019, n’est certes pas l’Europe de 1869, à la veille du conflit entre la France et la Prusse.

Il n’existe ni à Jérusalem ni à Téhéran, comme c’était le cas alors, à Paris ou à Berlin, de vrais « partis de la guerre » souhaitant détourner l’attention de leurs citoyens des difficultés internes : qu’il s’agisse de la crise systémique du système politique en Israël, ou de la contestation tant interne qu’externe (du Liban à l’Irak) du régime des Mollahs et de l’expansionnisme iranien, sinon chiite.

Mais Israël n’est pas seulement une illustration spectaculaire de la crise de la démocratie libérale.

S’il est un pays qui pense déjà la géopolitique en termes de G2, c’est l’Etat hébreu. Il est confronté à un défi stratégique majeur que l’on pourrait formuler ainsi : que faire quand le pays dont vous dépendez le plus, les Etats-Unis, vous déçoit et vous inquiète tout à la fois, en dépit des cadeaux (empoisonnés) qu’il vous prodigue de manière quasi-systématique  ? Ne pas affaiblir le présent est une chose, ne pas insulter l’avenir en est une autre. Avec opportunisme disent les uns, avec lucidité disent les autres.

Boîte de Pandore

Israël s’ouvre toujours davantage à la Chine. L’avenir du monde et donc celui d’Israël ne se joueront-ils pas demain en Asie ? Comment convaincre Washington qu’accepter de voir les Chinois construire un port au nord du pays, à Haïfa, et flirter avec l’idée d’adopter la 5G chinoise n’est pas dirigé contre les Etats-Unis ? Lire la suite dans www.lesechos.fr

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