Israël: les enjeux de la visite du ministre égyptien du Pétrole

Le voyage du ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Tarek el-Molla, en Israël est remarquable pour le simple fait qu’il est le premier ministre égyptien à se rendre en Israël depuis que le ministre des Affaires étrangères Sameh Shoukry a rencontré Netanyahu en 2016.

Et El-Molla n’est pas un acteur secondaire. « El-Molla est très proche de Sissi », a souligné Gabriel Mitchell de l’Institut Mitvim, un groupe de réflexion basé en Israël. « Il est sans doute l’un des ministres égyptiens les plus visibles en dehors de la présidence. »

Ce ne sont certainement pas les questions énergétiques importantes qui manquent à El-Molla pour discuter avec Israël. Israël et l’Égypte ont convenu dimanche de relier le champ de gaz naturel israélien Leviathan aux installations égyptiennes de gaz naturel liquide par un pipeline sous-marin, à partir duquel il peut être exporté vers les marchés européens.

De plus, un projet controversé entre les Émirats arabes unis et Israël visant à pomper le pétrole depuis Eilat sur la mer Rouge jusqu’à Ashkelon sur la Méditerranée inquiète l’Égypte, mais Le Caire s’est largement abstenu de critiquer publiquement le projet. Un accord pour fournir du gaz naturel israélien à Gaza est sur le point d’être approuvé, et tout ce qui se passe dans l’enclave côtière pourrait avoir un impact direct sur la sécurité égyptienne.

Et les analystes disent que l’un des principaux objectifs de ces réunions – au-delà des discussions sur l’énergie – était d’envoyer un message à la Turquie, et à son président Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime lors d’une conférence de presse, à Ankara, Turquie, le 26 octobre 2020. (Présidence turque via AP, Pool)

Depuis près d’une décennie, la Turquie est engagée dans une rivalité acharnée avec l’Égypte, qui a commencé lorsque Erdogan a soutenu les Frères musulmans après que le groupe a été chassé du pouvoir au Caire

En Méditerranée, l’Égypte s’est alignée sur la Grèce et Chypre, qui accusent la Turquie de forer illégalement du gaz naturel dans leurs zones économiques exclusives. Avec Israël, les pays ont formé le Forum EastMed Gas, dont le siège est au Caire, et ont mené des exercices militaires communs.

« Une rencontre entre Israël et l’Egypte, même si ce n’est pas le but premier de la visite, envoie un message à la Turquie, surtout dans le contexte des autres réunions qui ont lieu ce mois-ci », a déclaré M. Mitchell.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s’est rendu en Israël le 8 février, et le président chypriote Nicos Anastasiades a rencontré Netanyahu le 14 février.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu reçoit le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Jérusalem le 8 février 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)

« Il y a un message clair d’unité, indiquant que ces partenaires travaillent ensemble, que leur diplomatie et leur politique énergétique se chevauchent ».

L’East Mediterranean Gas Forum (EMGF), qui regroupe Israël, l’Égypte, Chypre, la Grèce et l’Autorité palestinienne, a été officiellement lancé en septembre. Le forum entend coopérer à la mise en place d’un gazoduc de gaz naturel reliant Israël, la Grèce et Chypre à l’Italie et à l’Europe. L’objectif final est d’approvisionner le continent avec 10 % de son gaz.

Israël a rejoint l’EMGF en septembre dernier.

Cette visite avait également pour but d’envoyer un message à l’administration Biden.

L’Égypte prévoit une pression accrue du gouvernement américain sur son bilan en matière de droits de l’Homme.

« Nous ne tolérerons pas les agressions ou les menaces de gouvernements étrangers contre des citoyens américains ou des membres de leur famille », a déclaré la semaine dernière le porte-parole du département d’État, Ned Price, après l’arrestation par le gouvernement du président Abdel Fattah al-Sissi de la famille d’un militant politique qui est également citoyen américain.

Alors qu’il était candidat à la présidence, Biden a tweeté « No more blank checks for Trump’s ‘favorite dictator’ », [Finis les chèques en blanc pour le « dictateur préféré » de Trump].

Rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi (à gauche) et le ministre égyptien du Pétrole Tarek El-Molla à Jérusalem, le 21 février 2021. (Crédit photo : MFA)

SourceJFORUM.FR

ARTICLES POPULAIRES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Populaire cette semaine

Derniers Commentaires