La vieille Europe mourante et sa vivante obsession anti-juive

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Jean Vercors

11 février 2018

Au pays des 1000 Fjords, rien ne va plus. Moxnes, un législateur norvégien qui a désigné le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) candidat au Prix Nobel de la Paix soutient que ce mouvement antisémite est « pacifique » !

Moxnes, cela ne vous surprendra pas, est le président du Parti rouge d’extrême-gauche, qui détient un siège au Parlement norvégien de 169 membres, et l’extrême gauche a repris le flambeau de l’antisémitisme européen.

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Le mouvement BDS est un mouvement antisémite perfectionné par les nazis, et son but est la destruction de l’État d’Israël, pas le boycott de ses produits, qui n’est qu’une ruse marketing.

En 1910, il y avait environ 1000 juifs en Norvège. La plupart avaient fui les pogroms de Russie. Bien que la minorité soit minuscule et largement dispersée, plusieurs stéréotypes de juifs ont gagné en popularité dans la presse norvégienne et dans la littérature populaire au début du 20e siècle.

  • Dans les livres des auteurs Rudolf Muus et Øvre Richter Frich, largement lus, les juifs sont décrits comme sadiques et obsédés par l’argent.
  • En 1910, l’avocat Eivind Saxlund publia une brochure intitulée Jøder og Gojim («Juifs et Goyim»), qui fut qualifiée en 1922 de «littérature antisémite» par un écrivain de Dagbladet. Saxlund fut poursuivi pour diffamation et il perdit l’admiration du public.
  • En 1920, les Protocoles des Sages de Sion ont été publiés en Norvège sous le titre Den nye verdenskeiser (« L’Empereur du Nouveau Monde »).
  • En 1916, l’écrivain norvégien Mikal Sylten a publié un périodique antisémite appelé Nationalt Tidsskrift.
  • Durant l’occupation de la Norvège par le Troisième Reich, 759 juifs sont déportés avec l’accord et la participation du gouvernement de collaboration dirigée par Vidkun Quisling. La plupart des déportés sont morts à Auschwitz. 
  • Plus récemment, une caricature antisémite était publiée dans le Dagsavisen et dépeignait un juif religieux réécrivant les dix commandements pour inclure «tu tueras». Selon plusieurs commentateurs politiques, l’antisémitisme en Norvège est institutionnel.

 Au pays de la Guiness

L’Irlande a décidé qu’il était temps de s’en prendre aux juifs. La semaine dernière, le Sénat irlandais a été sur le point d’adopter un projet de loi interdisant d’acheter ou de vendre quoi que ce soit des «territoires» de Judée et de Samarie. C’est à l’intervention du président Trump que l’on doit le retrait de la loi.

Selon la loi, vous pouviez écoper d’une amende ou être emprisonné, si vous achetiez des oranges d’Ariel ou un club de golf en « Cisjordanie » (étrange, l’emploi de ce terme destiné à effacer des mémoires le vrai nom « Judée » parce qu’il évoque de façon claire qu’il s’agit d’une terre juive). Cette mesure, qui a reçu un large soutien au sein du Parlement, a été mise de côté– pour le moment. Elle a été mise en attente en deuxième lecture après que l’administration Trump en ait eu écho.

Trump a aussitôt réagi ainsi : «Vous boycottez Israël, les États-Unis vous boycotteront.»

L’Irlande, où les juifs sont arrivés il y a environ 1 000 ans, n’a pas eu de pogrom, autant que je sache. La première synagogue d’Irlande a été fondée en 1660 près du château de Dublin. L’Irlande a eu son indépendance en janvier 1919. Certes, les juifs fuyant la persécution nazie dans les années 1930 n’y étaient pas les bienvenus– mais c’est un autre sujet.

Le boycott des magasins juifs à Limerick en 1904

Le boycott économique contre la petite communauté juive de la ville de Limerick dans la première décennie du XXe siècle a provoqué le départ souhaité de nombreux juifs de la ville. Il a été initié par un prêtre rédemptoriste influent, le père John Creagh, qui a appelé au boycott lors d’un sermon en janvier 1904.

En 2014, la fondation à l’éducation de l’Holocauste d’Irlande a refusé tout rappel à citer l’Etat d’Israël dans ses cérémonies commémoratives.

Question à un ami irlandais :

 » Pourquoi les murs de 5 mètres et les clôtures qui divisent les communautés catholiques et protestantes du Nord existent-elles toujours ? »

 

Au pays de la vodka

Le différend actuel entre la Pologne et Israël, en réalité entre la Pologne et le peuple juif, met en évidence l’une des grandes faiblesses du caractère humain. Même après avoir commis et participé à la pire des atrocités contre des innocents, les auteurs– où les Etats en l’occurence– ont rarement le courage de reconnaître leurs actions et d’essayer d’expier leurs fautes.

La nouvelle loi polonaise pénalise toute personne qui fait le lien entre l’Etat polonais et l’extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il ne fait pourtant aucun doute que de nombreux Polonais, Hongrois, Lituaniens, Lettons, Estoniens, Ukrainiens, Tchèques, Slovaques, Croates, Grecs, Hollandais, Autrichiens, Belges et Français ont participé à la destruction de la communauté juive européenne. Tous ces pays ont pieusement mis le blâme sur l’Allemagne, quand il s’agissait d’admettre la culpabilité de beaucoup de leurs citoyens dans ce crime contre le peuple juif et l’humanité.

Le siècle passé regorge d’exemples de cette faiblesse humaine.

Pendant la Première Guerre mondiale, les Turcs ont été responsables de la mort de plus d’un million de citoyens arméniens. À ce jour, la Turquie insiste sur le fait qu’elle n’est pas coupable de ce génocide. Elle nie toutes les accusations, peu importe les faits. Le monde entier accommode la Turquie à ce sujet depuis plus d’un siècle. Faut-il le signaler : Israël n’est pas innocent non plus, qui n’a pas officiellement reconnu le génocide arménien.

Hitler, en justifiant son génocide planifié du peuple juif, a utilisé la Turquie comme la preuve que son pays n’encourait aucune conséquence pour exterminer les juifs d’Europe. Il est ironique de constater que d’une part Hitler a eu raison : les Etats européens sont longtemps restés passifs quand ils ont su, et que d’autre part, parmi les auteurs de génocides ethniques au cours du siècle dernier, seule l’Allemagne a tenté d’assumer la responsabilité de ses actions et de ses politiques– sans pouvoir se débarrasser de son antisémitisme.

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