Le coup de force du député Guilad Kariv (Avoda)

36

Le député Guilad Kariv, du parti Avoda, est en passe de réaliser un coup de force à la Knesset. Il cherche à contourner la commission présidée par Nir Orbach, la commission de la Knesset, en faisant passer les lois sujettes à discussion, dans la commission qu’il préside, la commission des Lois. Une manoeuvre qui en laisse plus d’un dubitatif, y compris le conseiller juridique de la commission, qui n’est pas persuadé que ce genre de débats doit avoir lieu dans ce forum. Guilad Kariv affirme néanmoins qu’il en a reçu l’autorisation du conseil juridique de la Knesset, dans le cas où effectivement, le processus législatif serait bloqué au niveau de la commission de la Knesset.

Le député Guilad Kariv estime, lui, que Nir Orbach traine des pieds pour faire avancer deux projets de loi: celui qui doit empêcher un mis en examen d’occuper le poste de Premier ministre et celui de la dissolution de la Knesset. Le premier ne fait pas l’unanimité au sein même de la coalition et ils sont nombreux à penser qu’une telle loi vide le peuple de son pouvoir de décider de ses dirigeants. Le second projet est ralenti par Nir Orbach qui, avec d’autres députés de droite et orthodoxes, remuent ciel et terre pour former un gouvernement alternatif au sein de la Knesset actuelle, sans avoir besoin de passer par la case élections.

Kariv a donc décidé de ne pas s’en remettre à la bonne volonté d’Orbach. Dimanche matin, sa commission débattra de ces deux projets de loi en vue de leur présentation devant la Knesset:  »Le peuple ne peut pas être pris en otage par des considérations politiciennes. A partir du moment où la Knesset a voté quasiment à l’unanimité pour avancer les élections, il faut conclure le processus rapidement. Dans le cas où la commission de la Knesset ne ferait pas avancer le processus à la vitesse souhaitée, nous le ferons au sein de la commission des Lois ».

Concernant la loi dite du  »mis en examen », Kariv se défend de la précipitation soudaine de faire passer cette loi, en arguant du fait qu’elle est à l’ordre du jour depuis que le gouvernement actuel a prêté serment.

Personne n’est dupe, derrière cette démarche de Kariv se cache la volonté de tout faire pour ne pas que Binyamin Netanyahou ne reprenne les commandes du pays, ni dans la Knesset actuelle à la tête d’un gouvernement alternatif, ni dans la prochaine Knesset en l’empêchant de prétendre au poste de Premier ministre.

Au sein du Likoud, on a fortement réagi à ce coup de force:  »Même en Corée du Nord, on n’essaie pas d’empêcher le candidat favori d’être élu pendant la campagne électorale. En désaccord avec la loi et le conseil juridique de la Knesset, la coalition des Frères Musulmans a transféré le débat sur la dissolution de la Knesset à la commission des Lois. S’ils continuent à agir illégalement, la Knesset ne sera pas dissoute prochainement, nous utiliserons tous les moyens mis à notre disposition. Ce procédé méprisable ne cache pas le fait que le seul gouvernement que Lapid peut constituer est avec les Frères Musulmans et la Liste arabe unifiée ».

L’opposition menace donc de revenir sur tous les accords conclus avec la coalition en vue de cette période de transition – à savoir les lois qui pourront être votées, la date des prochaines élections et même le vote pour la dissolution de la Knesset.

SourceLPHINFO.COM

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici