Le président du barreau israélien : « Après le témoignage de Nir ‘Hefetz, j’ai honte ! »

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Les huit premiers témoins à charge contre Binyamin Netanyahou qui ont déjà été entendus par les juges , ont tous conforté sans le vouloir la défense de l’ancien Premier ministre, tant ils se sont contredits les uns les autres et ont contredit leurs propres dépositions faites lors des enquêtes de la police. Au fur et à mesure que se déroulent les contre-interrogatoires par les avocats de Binyamin Netanyahou il se confirme ce que beaucoup savaient déjà : les dossiers dans lesquels l’ancien Premier ministres est mis en examen sont de nature politique et non judiciaire, et ils ont été montés par la police, le Parquet et le conseiller juridique du gouvernement pour provoquer la chute de Binyamin Netanyahou.

Le cas du dernier témoin en date, Nir ‘Hefetz, ancien proche conseiller de Binyamin Netanyahou, devenu « témoin d’Etat » sous la pression de la police, est le plus éloquent. Le témoignage qu’il apporte, de manière spontanée ou sous les questions précises et implacables des avocats de Netanyahou, dévoile et confirme un véritable scandale d’Etat qui se résume ainsi, de ses propres mots : « Il fallait la tête de Binyamin Netanyahou, par tous les moyens ». Pour cela, la police n’a lésiné sur aucun moyen illicite pour obtenir de lui qu’il devienne un témoin d’Etat à charge contre son ancien patron. Le scandale est d’autant plus grand qu’au moment des faits, alors qu’il s’était déjà plaint de l’acharnement physique et psychologique exercé contre lui et sa famille, les instances judiciaires, qui étaient au courant, ont délibérément menti en feignant « l’ignorance » ou en niant carrément qu’il y ait eu de quelconques procédures illicites envers Nir ‘Hefetz. Il s’agit essentiellement du Parquet, du conseiller juridique du gouvernement et de la police des polices, indument appelés « garde-fous de la démocratie » par ceux-là mêmes qui en sont les fossoyeurs.

Ces développements inquiétants on fait réagir le président de l’ordre des avocats, Avi ‘Himi : « Après avoir entendu le témoignage de Nir ‘Hefetz, la population a été mise au courant des lourdes pressions qui ont été exercées sur lui, y compris dans les conditions de son incarcération, et elle a pu voir une image hideuse des procédés d’interrogatoires dans le cadre d’une opération d’humiliation et de piétinement de son honneur. Toutes ces choses n’ont pas provoqué de colère en moi mais un véritable choc et surtout de la honte. Ce n’est pas la première fois que j’entends des propos sur les conditions d’enquêtes et incarcération en Israël, mais là, j’ai ressenti de la honte comme citoyen d’Israël (…) Il est inadmissible de se comporter de manière aussi méprisante envers un être humain. Les responsables du système judiciaire doivent se poser aujourd’hui la question pourquoi dans des enquêtes aussi sensibles que celles concernant l’ancien Premier ministre Binyamin Netanyahou, que le Parquet et le conseiller juridique du gouvernement semblent suivre avec tant de soin, une telle descente aux abysses a pu se produire (…) Je n’ignore pas que certaines enquêtes sont difficiles et nécessitent parfois des procédures complexes, mais la fin ne justifie pas toujours les moyens. Au-delà du combat contre la criminalité, il y a des valeurs sacrées qui ne sont pas moins importantes et qu’un Etat moderne doit appliquer. Le témoignage de Nir ‘Hefetz et les conditions de son recrutement comme témoin d’Etat fournissent une image contraire à la justice et à la morale. Ces moyens illicites employés entachent la vérité (…) Il s’agit d’un grand danger qui risque au bout du compte de faire condamner des innocents. La position et le passé de Nir ‘Hefetz ont permis de placer son témoignage sous les projecteurs mais que dire d’un simple citoyen qui ferait l’objet de telles méthodes ? (…) Le Parquet promet régulièrement aux tribunaux que les leçons seront tirées de tels comportements mais les choses continuent comme si de rien n’était. Pourquoi les avocats de Nir ‘Hefetz n’étaient-ils pas présents au moment de ces interrogatoires ? Où était le Procureur de l’Etat ? Où était le conseiller juridique du gouvernement ? Pourquoi n’entend-t-on pas leur voix aujourd’hui après toutes ces révélations ? Le système judiciaire est formé de milliers de policiers, avocats et juges droits et honnêtes, qui effectuent leur travail de manière consciencieuse. Le système judiciaire devrait jouir de la confiance de la population, mais les méthodes d’enquêtes qui viennent d’être mis au jour érodent cette confiance (ndlr : comme le confirme une récente étude de l’Université de ‘Haïfa). Ce qui vient de se passer est un signal d’alarme pour tous les responsables de ce système : on ne peut plus accepter ce type d’enquêtes illicites. Il faut qu’ils s’assoient et édictent des normes claires et précises sur la manière de mener les enquêtes et les interrogatoires afin de mettre fin une fois pour toutes à ces méthodes et pour que la justice et la vérité puissent triompher ».

Au-delà de ces affaires à proprement parler, il ne faut pas oublier l’image globale et les « dommages collatéraux » qu’elles ont provoqué : une secousse sismique dans la vie politique et électorale israélienne avec plusieurs campagnes électorales sans résultat net et la situation surréaliste que le pays vit aujourd’hui. Quelles seront les retombées sur la société israélienne au cas où Binyamin Netanyahou est un jour acquitté ? Les juges seront-ils capables d’émettre une décision en vertu des éléments objectifs contenus dans ces dossiers et non en fonction du verdict édicté dès le début par les grands médias et les adversaires de l’ancien Premier ministre ? L’ancienne juriste de renom Ruth Gabizon, peu avant sa disparition, avait exprimé sa crainte que Binyamin Netanyahou n’aurait pas droit à un procès équitable. Il faut espérer qu’elle se soit trompée mais l’attitude actuelle du système judiciaire israélien, lourdement entaché par une politique de deux poids et deux mesures, de politisation, de népotisme, de conflits d’intérêts, de copinages et autres combines anti-démocratiques ne prête guère à l’optimisme.

Photo Hadas Parush / Flash 90

SourceLPHINFO.COM

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