Le Sentier à Paris joue sa survie avec les masques de protection.

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Fermetures des boutiques, paiements en suspens, clients en faillite… Le confinement a coûté cher au Sentier. Les impayés se comptent en centaines de milliers d’euros et les commandes sont rares, alors, fin mars, quand l’Association française de normalisation (Afnor) a publié un tutoriel pour « accélérer la fabrication en série ou artisanale d’un nouveau modèle de masque », en tissu donc, l’espoir renaît là où justement le tissu ne manque pas. Les usines turques, tunisiennes, marocaines ou bulgares peuvent repartir.

La fabrication et les commandes se sont faites au début de façon empirique, mais le jeu en vaut la chandelle. Le coût de production est en moyenne de 1,20 euro et le prix de vente, non plafonné par l’État contrairement aux masques chirurgicaux, monte jusqu’à 5 euros.

Les marges sont supérieures à celles d’un tee-shirt, et la création bien plus simple. « C’est facile pour nous, on n’a pas de contrainte d’esthétique, de toute façon après dix lavages, ça va à la poubelle ». Un détaillant assure avoir fait la moitié de son chiffre d’affaires annuel en un mois grâce à la vente de 300 000 masques produits en Bulgarie.

Mais, pour ce qui concerne le niveau de protection sanitaire, les niveaux sont variables. Le bon, ce sont les « masques grand public » dont l’appellation est strictement contrôlée. Pour afficher le logo officiel avec le niveau de filtration et le nombre de lavages, le fabricant de tissu ou de masques doit en effet soumettre ses échantillons aux tests de la Direction générale de l’armement (DGA) ou d’autres laboratoires compétents qui les valide « capacité de filtration de 98 % ». Grâce à cette validation, les fournisseurs sont référencés sur le site Savoirfaireensemble.fr, plateforme de mise en relation créée par le comité stratégique de filière des industries de la mode et du luxe (CSF) pour équiper le pays en masques et qui a parmi les clients potentiels : des collectivités locales ou des supermarchés, des clients impossibles à approcher habituellement par les sociétés du Sentier.

Les demandes de test affluent à la DGA. Chaque jour son centre d’expertise et d’essais reçoit en moyenne 200 échantillons dont la moitié seulement pourra être testée. Marco attend ses résultats depuis trois semaines. Dans un marché où « le gros de l’affaire se joue maintenant », les escroqueries semblent inéluctables et les commerçants ayant la validation DGA se font approcher par d’autres structures aux produits moins efficaces. Au ministère de l’économie et des finances, on rétorque que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a commencé les contrôles et que la fraude coûtera cher.

Mais dans le Sentier, peu importent les sanctions, tout le monde se demande surtout combien de temps encore cette histoire de masques va durer.

Source : Le Monde & Israël Valley

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SourceISRAELVALLEY.COM

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