Levi Mani, «citoyen sauveteur» de l’application SAUV Life, honoré par le Sénat

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Chaque minute qui passe après un arrêt cardiaque réduit de 10 % les chances de survie. Or les secours mettent en France 13 minutes en moyenne pour arriver jusqu’à la victime, avec des écarts sensibles entre ville et campagne.

«Ce temps rend l’espoir de survie quasiment inexistant si aucun massage cardiaque n’est réalisé dans l’intervalle», souligne le Dr Lionel Lamhaut, médecin au Samu de Paris (Hôpital Necker).

C’est sur ce constat que repose le lancement, depuis deux ans, d’applications pour smartphone dédiées au secourisme.

Leur principe est simple: faire appel à un réseau de volontaires prêts à courir sur place pour prodiguer un massage cardiaque ou aller chercher le défibrillateur le plus proche.

«En cas d’arrêt cardiaque, les personnes géolocalisées à moins de 500 mètres du malade (soit 10 minutes à pied) reçoivent un message d’alerte de la part des sauveteurs, qui envoient leur ambulance en parallèle», indique Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

«SAUV Life» a, elle, été adoptée par l’APHP en région parisienne, mais aussi par plusieurs Samu français.

Elle revendique plus de 65.000 inscrits. «Tout citoyen motivé peut nous rejoindre, même s’il n’est pas formé au secourisme, car il pourra toujours être utile”, souligne son concepteur, le Dr Lamhaut.

 “Les études montrent en effet qu’une action, même imparfaite, vaut mieux que rien du tout.» Le massage cardiaque sert à faire circuler le sang dans l’organisme, et continuer à apporter de l’oxygène aux organes vitaux.

Améliorer la rapidité de l’intervention auprès des victimes d’arrêt cardiaque est un vrai défi et un enjeu majeur de santé publique.

On compte chaque année en France entre 40.000 et 50.000 arrêts cardiaques – dont le taux de survie ne dépasse pas 5 %.

Une étude publiée en 2015 dans le New England Journal of Medicine montre que les chances de s’en sortir sont doublées en cas de massage cardiaque mis en place avant l’arrivée des urgentistes.

Au-delà de ces vies sauvées, le retour d’expérience dans la capitale (où Samu et pompiers sont sur les lieux en 9 minutes) est pour l’heure mitigé: 33 volontaires sont intervenus physiquement sur un malade, sur les 744 alertes lancées sur une année, tandis que 32 défibrillateurs ont pu être utilisés grâce à la cartographie.

«L’intérêt de la démarche sera encore plus évident dans les zones rurales où les secours arrivent moins vite», souligne le Dr Lionel Lamhaut, dont l’application a permis 30 interventions avant l’arrivée des secours sur les 90 alertes lancées en six mois.

Pour cela, les volontaires doivent être le plus nombreux possible. C’est notamment pour les convaincre et les rassurer sur leur responsabilité juridique qu’a été déposée en octobre une proposition de loi créant un statut de citoyen sauveteur. Seuls 40 % des Français sont aujourd’hui formés au secourisme.

SAUV LIFE, Comment ça marche ?

1 – Il suffit de télécharger l’application SAUV Life (sur Google Play ou Apple Store) et de s’inscrire.
2 – Quand le Samu 69 reçoit un appel pour un arrêt cardiaque, il envoie en même temps une équipe de secouristes sapeurs-pompiers et une équipe médicale du Samu tout en déclenchant l’application SAUV Life
3- Les citoyens volontaires géolocalisés à proximité (il faut accepter d’être géolocalisé en permanence) reçoivent un SMS d’alerte.
4 – Les citoyens volontaires qui acceptent de répondre à cette alerte sont dirigés vers la victime par l’application.
5 – Une fois qu’il est sur place, le Samu appelle le citoyen volontaire et le guide dans les gestes à effectuer. Un citoyen volontaire peut aussi se voir demander uniquement d’aller chercher à proximité un défibrillateur et de l’apporter auprès de la victime.
6 – Une fois arrivé sur place, le Samu prend la relève

hassidout

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