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Les députés belges ont voté mardi une résolution demandant la fin de ces versements aux collaborateurs du régime nazi.

Des retraites embarrassantes. Une vingtaine de Belges touchent encore une pension d’invalidité en tant qu’ex-collaborateurs avec le régime nazi, une situation décriée par des députés qui ont voté mardi une résolution visant à mettre fin à ces versements réalisés par l’Allemagne. « La Chambre des représentants demande au gouvernement […] de plaider auprès du gouvernement fédéral allemand la fin du régime des pensions accordées aux collaborateurs belges », écrivent les élus dans ce texte. 

Ces pensions sont versées chaque mois aux habitants de la Flandre ou de la Wallonie qui se sont engagés aux côtés de l’armée allemande, ainsi qu’aux enrôlés de force dans les territoires annexés de l’est de la Belgique, explique l’historien Christophe Brüll, un spécialiste des relations belgo-allemandes à l’université du Luxembourg. L’Allemagne a toujours refusé de transmettre à la Belgique la liste des bénéficiaires. 

Seules les personnes touchées par une invalidité et qui n’ont pas été condamnées pour crimes de guerre peuvent en bénéficier. « Mais les critères d’invalidité sont généreux. Quant à la question de la condamnation, dans les années 50, on ne savait pas trop qui avait fait quoi et on ne vérifiait pas avec le même sérieux qu’ensuite. Il y a une zone d’ombre », relève l’historien. 

Des pensions non-taxées

La presse belge estime que plusieurs milliers d’anciens engagés en ont bénéficié, mais « personne n’a jamais fait de recherches approfondies sur le sujet », souligne Christophe Brüll. À l’occasion d’une audition devant la Chambre des représentants en 2017, l’ambassadeur d’Allemagne en Belgique à l’époque, Rüdiger Lüdeking, avait affirmé que 27 personnes en Belgique touchaient encore cette pension. Le quotidien belge Le Soir évoque, lui, 22 personnes vivant en Belgique. 

L’ambassadeur avait également mentionné, selon la presse belge, une somme de 385 euros par mois pour les bénéficiaires. Le quotidien La Libre Belgique cite, lui, une fourchette allant de 425 à 1 275 euros. Dans le texte, voté en commission, les députés relèvent « l’injustice subie par les victimes du nazisme, qui ne reçoivent pas d’allocations, alors que les collaborateurs belges perçoivent une pension sur laquelle ils ne doivent pas payer d’impôts ». Ils demandent au gouvernement belge de « requérir auprès des autorités de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, responsables des dossiers belges […], toutes les informations pouvant faire la clarté » sur le sujet. 

99 pensions retirées

Ces pensions sont versées en Belgique en vertu d’une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une retraite complémentaire. De nombreux anciens nazis, voire criminels de guerre, ainsi que des collaborateurs étrangers, pas uniquement en Belgique, ont pu en bénéficier. Le Soir précise que certains collaborateurs belges, engagés notamment dans la Waffen-SS, ont obtenu la nationalité allemande en 1941 par le biais d’un décret signé par le chancelier Adolf Hitler lui-même, et toujours pas abrogé. 

Depuis 2008, la loi permet aux Länder (les États régionaux allemands), qui versent ces retraites, de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée : 99 retraités se sont vu retirer ce « bonus », contre 50 000 espérés, selon des données de 2017 du ministère allemand du Travail. 

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