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Jérusalem – Israël a frappé dans la nuit de dimanche à lundi plusieurs positions du régime syrien et de son allié iranien en Syrie, un nouvel accès de tensions dans l’affrontement que se livrent à distance l’Etat hébreu et l’Iran sur le territoire syrien.

– Que s’est-il passé ?  

L’armée israélienne dit avoir attaqué des entrepôts et des centres de renseignement et d’entraînement de la force iranienne Qods. Les batteries syriennes s’en sont mêlées et ont également été visées, dit-elle. 

Côté syrien, l’agence officielle Sana confirme que la défense anti-aérienne de Damas a riposté à des tirs de missiles. 

Israël dit avoir mené ces raids en réponse à un missile sol-sol tiré selon lui par les Iraniens de la Syrie vers le nord de l’Etat hébreu. Il a été intercepté dimanche par le système de défense aérien « Iron Dome« . Ce tir de missile a lui-même été précédé de raids israéliens rapportés par les médias syriens et l’armée russe, mais non confirmés par Israël. 

Selon l’armée russe, les frappes de la nuit ont tué quatre soldats syriens et en ont blessé six autres.  

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, évoque 11 combattants tués dont au moins deux Syriens. 

– Pourquoi Israël frappe-t-il en Syrie ? 

Israël et Syrie restent techniquement en état de guerre. Israël s’est employé à ne pas se laisser aspirer dans le conflit après le début de la guerre civile de l’autre côté de la ligne de démarcation en 2011. 

Mais, le 30 janvier 2013, Israël a frappé une première fois en bombardant près de Damas un site de missiles sol-air et un complexe militaire soupçonné d’abriter des produits chimiques, selon un responsable américain. Depuis, Israël a frappé des positions syriennes, mais aussi des convois d’armes destinés au Hezbollah libanais et, de plus en plus ces derniers mois, des intérêts iraniens. Le chef d’état-major israélien sortant Gadi Eisenkot faisait état récemment de « milliers de cibles » iraniennes et du Hezbollah visées, surtout à partir de janvier 2017. 

Il s’agit, dit Israël, d’empêcher l’Iran, grand ennemi régional, de se servir de la Syrie comme tête de pont et de former un arc hostile jusqu’à la Méditerranée. 

Depuis peu, Israël admet ouvertement s’en prendre à des cibles iraniennes. Cette publicité est une manière de mettre en garde l’Iran, disent des experts. Elle s’adresse aussi aux électeurs israéliens appelés aux urnes le 9 avril, estime Eyal Zisser, vice-recteur de l’université de Tel-Aviv et spécialiste de la Syrie.  

Selon lui, ces frappes « ne peuvent pas empêcher une présence iranienne en Syrie, mais retarder un déploiement iranien« .  

Les attaques de la nuit rappellent aussi que le conflit entre Israël et Iran va durer, « jusqu’à ce que le régime syrien soit bien plus solide ou que les Russes interviennent« , juge-t-il. 

Jusqu’alors, la Russie, autre alliée du régime de Bachar al-Assad, ne s’est pas frontalement opposée aux frappes israéliennes en Syrie, qui visaient surtout les intérêts de l’Iran, perçu comme un rival de Moscou dans le contexte syrien. 

– Quelle présence iranienne en Syrie ?  

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), des milliers de combattants pro-iraniens ont été déployés au fil des plus de sept années de conflit en Syrie, dont des membres de la force Qods dirigée par le général Qassem Soleimani, un artisan de la stratégie militaire iranienne dans la région. 

Une unité commando de l’armée régulière iranienne a pu en outre être temporairement déployée aux côtés de dizaines de milliers de combattants appartenant à des groupes chiites, dont le Hezbollah libanais. 

Selon le général Mohammad Ali Jafari, qui dirige les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime iranien dont relève la force Qods, Téhéran a dépêché en Syrie des « conseillers militaires et révolutionnaires » et dispose sur place de « matériel et d’armes« . 

Cité lundi par les médias iraniens, le commandant des forces aériennes Aziz Nasirzadeh, sans faire référence à l’attaque israélienne, a déclaré que les Iraniens étaient « prêts à combattre le régime sioniste et les éradiquer de la surface de la Terre« . 

– Quelles sont les conséquences du retrait américain ? 

L’Iran est annoncé comme l’un des grands gagnants du retrait américain de Syrie annoncé le 19 décembre par le président Donald Trump au motif que la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) était terminée. 

« C’est un revers pour Israël« , reconnaît Eyal Zisser, car l’Etat hébreu se retrouve davantage isolé dans le jeu des puissances régionales en Syrie. Depuis le 19 décembre, les officiels israéliens laissent entendre à l’envi que leur détermination et faculté à contrer l’Iran en Syrie sont intactes. 

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