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Condamné à la perpétuité en Irak, Mélina Boughedir est incarcérée avec sa fille de deux ans à Bagdad.

La question du retour des djihadistes français prisonniers en Syrie revient depuis la semaine passée sur le devant de la scène médiatique. A ce jour, certains de ces ressortissants sont également détenus en Irak. Mais leurs retours ne sont pour l’instant pas prévus dans l’Hexagone: la France reconnaît la souveraineté de la justice de Bagdad. 

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Une journaliste de France Inter s’est intéressée au cas de Mélina Boughedir, 24 ans, condamnée à perpétuité (soit vingt ans de prison dans la loi locale) en juin 2018 à Bagdad, pour avoir appartenu à la police des moeurs de Daech. Ce que nie la jeune femme, qui a échappé à une condamnation à mort. Son procès, très bref, avait été suivi par plusieurs médias français en juin 2018. 

« Il n’y a pas beaucoup de choses à faire »

Cela fait plus d’un an et demi que la mère de famille est détenue dans la prison pour femmes de Daech dans la capitale irakienne, où l’a rencontrée Sophie Parmentier. Deux autres Françaises seraient incarcérées ici, aux côtés de près de 470 autres femmes, selon la directrice de la prison.  

Mélina Boughedir est, elle, enfermée avec sa dernière fille, âgée de 24 mois, dans une cellule qu’elles partagent avec 90 femmes et enfants. « Il y a une loi irakienne qui autorise les enfants jusqu’à trois ans. Après trois ans, ils ne peuvent plus rester en prison. Maintenant, elle a deux ans. J’attends », explique-t-elle à la journaliste, dont elle n’a pas été prévenue de la visite. Dans les faits, des adolescents seraient également présents.  

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La Française dit être « tout le temps » avec sa fille, à vivre « sur le même matelas ». « Ici, c’est pas comme en France en prison, il n’y a pas beaucoup de choses à faire. Il y a un Coran, on prie, mais il n’y a pas d’autres livres à lire. Il n’y a rien, on reste à rien faire, on attend. » 

Mélina Boughedir a trois autres enfants (4, 6 et 8 ans), qu’elle a autorisés à rentrer en France alors qu’elle pensait pouvoir elle aussi y retourner sans encombres, après un premier procès beaucoup plus clément. Elle avait écopé de sept mois de prison, qu’elle avait déjà purgés et pensait pouvoir rejoindre l’Hexagone en famille. Mais la peine écopée en appel a été bien plus lourde.  

Elle dit avoir voulu suivre son mari

La prisonnière n’a pas eu ses enfants au téléphone depuis plus d’un an. Ils sont actuellement pris en charge en France par l’aide sociale à l’enfance. Et les messages écrits qu’elle pouvait recevoir sont, dit-elle de plus en plus rares. « C’est très difficile d’avoir les messages par la Croix Rouge dans cette prison ».Mélina Boughedir lance d’ailleurs un appel à l’État pour qu’elle puisse appeler ses enfants en France. 

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Celle qui nie ce pour quoi elle a été condamnée, n’exprime pas de regrets. Elle affirme toujours à France Inter être arrivée à Mossoul, dans le nord de l’Irak, pour suivre son mari, Maximilien Thibaut, présumé mort.  

« Au bout de deux semaines à l’hôtel, une nuit, il a dit ‘je veux aller en Syrie’, j’ai dit non, et il m’a dit, si tu ne veux pas entrer avec moi en Syrie demain, je prends les trois enfants et toi, tu restes, y a pas de problème. » Elle martèle qu’elle l’a suivi pour ne pas être séparée de ses enfants. Aujourd’hui, la mère de famille visée par une enquête depuis son départ en Syrie clame être prête à être jugée en France. Mais les autorités françaises ne l’entendent pas de cette oreille.  

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