Marseille : En préconisant l'enfouissement de la carrière antique de la corderie, la préfecture déterre un vieux combat

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La carrière antique d’où sont sorties les premières pierres ayant bâti Marseille retournera-t-elle sous terre ? C’est du moins ce que recommandent les services de l’Etat qui constatent la « grande fragilité du site », actuellement protégé par un simple tissu. Mis au jour en 2017 par
l’archéologie préventive (INRAP), à l’occasion de la construction d’un immeuble dans le quartier de Saint-Victor (7e arrondissement), la carrière de pierre de la corderie avait suscité
une forte mobilisation pour sa sauvegarde. Un combat que les défenseurs de la carrière pensaient gagné lorsque la ministre de la Culture de l’époque, Françoise Nissen, décidait de
classer, du moins en partie, le site monument historique.

« Le classement en monument historique visait à permettre la mise en visibilité du site »

L’annonce de privilégier l’option d’un enfouissement a ravivé ce combat, auquel avaient pris part des poids lourds de la nouvelle municipalité. Pourtant, d’autres options sont sur la table, comme le rappelle Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. « Le 12 novembre 2020 nous avons été questionnés par l’Etat sur trois hypothèses. La présentation des vestiges sous un toit construit, pour une enveloppe de deux millions d’euros. Une solution intermédiaire, avec des fenêtres archéologiques sous vitrage, ce qui coûterait 760.000 euros. Et l’enfouissement qui de toute façon coûterait aussi 500.000 euros. Le classement en monument historique pris par Françoise Nissen visait à permettre la mise en visibilité du site, et nous restons sur cette idée-là ».

Dans cette histoire, le fin mot reviendra à l’Etat, propriétaire des vestiges, comme le veut la loi pour tous les sites et artefacts archéologiques. Mais avec l’idée de peser au maximum sur celui-ci. « De toute façon, cette décision nécessitera une discussion avec la ville, car nous allons devoir gérer les incidences », assure l’élu.

« Que cela ne se finisse pas avec une simple plaque »

Les membres du collectif Laisse béton, mobilisés dès 2017, ont également repris le combat. Mercredi, ils ont organisé un rassemblement qui a réuni une centaine de personnes.

« Il faut que les Marseillais puissent voir ces vestiges. Nous irons jusqu’au bout », soutient Guy Coja, membre du collectif et vice-président du Comité d’intérêt de quartier Saint Victor. « Et pas que cela ne se finisse pas avec une simple plaque. L’essentiel des vestiges de Marseille sont déjà enfouis, alors que c’est la plus vieille ville de France », regrette Guy Coja.

Source20MINUTES.FR

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