Nomination des juges à la Cour suprême: le travail d’Ayelet Shaked menacé

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En échange de la nomination d’Avi Nisenkorn, ancien président de la Histadrout, au poste-clé de ministre de la Justice, le Likoud escomptait obtenir en échange deux places vacantes au sein de la commission de nomination des juges afin d’y avoir le dernier mot. Mais là-aussi, Bleu-Blanc ne veut rien entendre et Binyamin Netanyahou semble avoir cédé sur ce point également.

Apparemment purement technique, ce point est pourtant hautement crucial. De la composition de cette commission dépend l’identité des juges et donc de la composition de la Cour suprême. Durant son mandat de ministre de la Justice, Ayelet Shaked avait oeuvré pour rééquilibrer l’instance judiciaire suprême, devenue depuis des décennies le fief et la chasse gardée de l’ancienne élite laïque de gauche avec toutes les conséquences qui en découlent sur le plan de la jurisprudence.

Malgré les attaques virulentes de la gauche et des élites judiciaires qui l’accusaient de « mettre en danger la démocratie et l’Etat de droit », Ayelet Shaked avançait avec détermination et faisait au contraire oeuvre de démocratie en créant une Cour suprême pluraliste qui redresserait l’image très négative qu’elle s’est créée au fil du temps auprès de la population par ses nombreuses décisions déconnectées des réalités et son appropriation de prérogatives indues.

Ayelet Shaked voulait mettre fin à ce népotisme en faisant également entrer à la cour des juges plus conservateurs et ainsi générer une instance plus représentative de la population israélienne. Elle a rappelé l’époque du président de la Cour suprême Prof. Aharon Barak, initiateur de la « révolution activiste » qui reconnaissait lui-même que les représentants politiques dans cette commission lui laissaient carte blanche pour nommer les juges qu’il désirait! ». Durant son mandat, elle avait procédé à la nomination de 334 juges dont 6 à la Cour suprême.

Hélas, le travail qu’elle a accompli avec méthode risque d’être réduit à néant. Réagissant à ce qui est en train de se passer, Ayelet Shaked a dénoncé « une nouvelle capitulation totale face à la gauche après la nomination d’Avi Nisenkorn ». Si cette commission de nominations accorde finalement une influence identique au Likoud et à Bleu-Blanc, les quatre prochains juges qui doivent être nommés à la Cour suprême ne modifieront en rien sa composition et le rééquilibrage entamé par Ayelet Shaked sera stoppé.

Voilà une menace, réelle celle-ci, pour la séparation des pouvoirs et la démocratie israélienne.

Photo Gili Yaari / Flash 90

SourceLPHINFO.COM

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