Nucléaire : l’Iran salue des « discussions fructueuses » avec l’AIEA

Publié le : 21/02/2021 – 18:20

L’Iran s’est félicité dimanche des discussions à Téhéran avec le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi, à l’approche de la mise en application d’une loi qui limiterait les inspections des activités nucléaires en cas de maintien des sanctions américaines.

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Des « discussions fructueuses ». L’Iran s’est félicité dimanche 21 février des pourparlers à Téhéran avec le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi. Ces discussions ont eu lieu à l’approche de l’application d’une loi qui militerait les inspections des activités nucléaires de l’Iran, cela en cas de maintien des sanctions américaines.

L’échéance fixée par la loi iranienne expire dimanche 21 février mais un responsable iranien a affirmé qu’elle n’entrerait en vigueur que mardi 23 février, à moins d’une annonce par les États-Unis d’une levée de leurs sanctions.

Ces sanctions ont été rétablies en 2018 par l’ex-président Donald Trump qui a retiré unilatéralement son pays de l’accord international de 2015 censé encadrer le programme nucléaire iranien.

Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a rencontré le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

« L’Iran et l’AIEA ont eu des discussions fructueuses fondées sur le respect mutuel et dont les résultats seront publiés en soirée », a tweeté Kazem Gharibabadi, l’ambassadeur d’Iran auprès de l’AIEA, « gendarme » nucléaire de l’ONU.

M. Grossi devait tenir une conférence de presse dimanche soir à son retour à Vienne, siège de l’AIEA, après cette visite de 24 heures à Téhéran.

Dans une déclaration à Press TV, la chaîne en anglais de la télévision d’État, M. Zarif a indiqué qu’il évoquerait avec le chef de l’AIEA la mise en œuvre de la loi iranienne, qui vise à restreindre certaines inspections de l’AIEA de sites en Iran.

Mais, selon M. Zarif, la loi n’aboutirait pas à une « impasse » dans la collaboration entre l’Iran et l’AIEA. Et M. Grossi pourra « s’acquitter de ses obligations de montrer que le programme nucléaire iranien reste pacifique ».

« Pas d’enregistrements »

Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que la loi votée en décembre par le Parlement obligeait son gouvernement à « ne pas fournir les enregistrements » des caméras de surveillance installées sur les sites à l’AIEA.

Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, « les inspections de l’AIEA seront réduites d’environ 20 à 30 % après la mise en œuvre de la loi ». « Cela ne signifie certainement pas un retrait de l’accord » de 2015.

Ce pacte prévoit une levée progressive des sanctions, en échange de la garantie que l’Iran ne se doterait pas de l’arme atomique. Même si l’Iran a toujours démenti avoir un tel but.

Après le retrait unilatéral américain et le rétablissement des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, l’Iran s’est affranchi progressivement à partir de 2019 de plusieurs limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en vertu de l’accord conclu en 2015 avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine).

D’après M. Zarif, « les stocks d’uranium enrichi vont augmenter » également, en attendant que l’autre camp respecte ses obligations.

« Une fois que tout le monde aura fait sa part et rempli ses obligations, alors il y aura (une reprise) des discussions », a-t-il ajouté.

En décembre, le Parlement iranien a exigé du gouvernement de restreindre certaines inspections de l’AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects en Iran, si les sanctions ne sont pas levées au 21 février.

« Escroquerie occidentale »

Dans un geste à l’égard de l’Iran, les États-Unis ont accepté jeudi 18 février une invitation des Européens à participer à des pourparlers pour relancer l’accord de 2015. Mais le lendemain, Joe Biden a appelé les puissances européennes à travailler de concert avec les États-Unis pour répondre aux « activités déstabilisatrices » de l’Iran au Moyen-Orient.

Dans ce contexte diplomatique complexe et alors que l’Iran et les États-Unis n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, M. Araghchi a indiqué que l’Iran examinait la proposition de l’UE pour une « réunion informelle ».

Avec AFP

>> À lire aussi : Nucléaire iranien : Washington multiplie les gestes de bonne volonté vis-à-vis de Téhéran

SourceFRANCE24.COM

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