Accueil ...L'EUROPE Passeport vaccinal : que prévoient les différents pays européens ?

Passeport vaccinal : que prévoient les différents pays européens ?

Depuis le 21 décembre, à cause de la 2e vague épidémique de Covid-19, elle avait dû fermer les portes de « House of fashion », son salon de coiffure d’Aabenraa, dans le Sud du Danemark. Après plus de trois mois et demi d’inactivité forcée, Maria Quist a pu le rouvrir mardi 6 avril. « Les premiers clients sont tous heureux d’avoir enfin une coupe, raconte-t-elle, un sourire dans la voix. Aucun n’avait oublié de venir avec un « passe corona », sinon nous ne les aurions pas acceptés, car je risque une amende de 400 euros. » Le Danemark est le premier pays du continent européen à imposer le recours à un tel sésame pour accéder à certains services, commerces ou lieux de rassemblements. Va-t-il faire des émules ? Tour d’horizon des initiatives en cours. 

Danemark : un « coronapas » pour les cafés

Annoncé début février, le recours au « passe corona » accompagne la réouverture progressive du pays. Après les salons de coiffures, de beauté, de massage et de tatouage le 6 avril, ce sera au tour des terrasses, des musées et des bibliothèques le 21 avril, puis les salles de restaurant, de cinéma et de sport en mai. Pour y accéder, les Danois devront à chaque fois sortir leur « coronapas » (terminologie danoise), sous la forme d’une application dédiée ou d’un document personnalisé de l’autorité nationale de santé, certifiant qu’ils ont été vaccinés, sont immunisés après avoir été frappés par le Covid-19 ou qu’ils possèdent un test négatif de moins de 72 heures. 

Le sésame devrait rester en vigueur jusqu’à la fin août, lorsque toute la population du royaume aura eu accès au vaccin, selon le gouvernement. Le système ne suscite pas de fortes réticences : « Tous nos créneaux d’avril sont déjà réservés », se félicite ainsi Maria Quist. 

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Estonie : en pointe pour passer les frontières

Le plus petit des trois États baltes (1,4 million d’habitants), dont le système de santé est entièrement numérisé, s’est donné pour objectif d’être le premier à déployer une technologie de pointe pour le passage des frontières. « Ce devrait être chose faite au cours de la seconde quinzaine d’avril », précise Marten Kaevats, conseiller national numérique du gouvernement. Il s’agira d’un QR code, sous une forme numérique ou imprimée, qu’un garde-frontière pourra flasher. » Lors d’un contrôle, l’agent verra s’afficher un feu vert indiquant que la personne a été vaccinée, est considérée comme immunisée ou possède un test négatif récent. 

Ce « passeport » répond au cahier des charges du « certificat vert numérique » présenté par la Commission européenne, mi-mars, dont l’objectif est de faciliter les contrôles sanitaires entre les États membres l’été prochain – le Parlement prévoit de l’entériner en juin. « Nous travaillons avec la Finlande pour une prochaine utilisation entre nos deux pays », précise Marten Kaevats. En revanche, l’Estonie ne prévoit pas, pour l’instant, une utilisation plus large – pour accéder par exemple aux cafés ou aux concerts. 

Royaume-Uni : un « pass » pour retourner au stade

Contrairement au Danemark, l’accès aux terrasses des pubs, aux salles de gym ou magasin non-essentiels, dès le 12 avril, ne se fera pas à l’aide d’un « passeport sanitaire » indiquant si la personne a été vaccinée, se trouve immunisée ou bénéficie d’un test négatif encore valable. Mais le Premier ministre Boris Johnson envisage de l’imposer à ceux souhaitant participer à des événements de masse. Plusieurs essais pilotes sont prévus ce mois-ci, dont une soirée en boîte de nuit, une conférence à Liverpool et les demi-finales de la Coupe d’Angleterre de football, dans le stade de Wembley, les 17 et 18 avril, puis la finale, le 15 mai. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson veut expérimenter un "passeport sanitaire" dans les lieux de rassemblements de masse.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson veut expérimenter un « passeport sanitaire » dans les lieux de rassemblements de masse.

afp.com/Stefan Rousseau

Le « passeport » serait basé sur l’application numérique du NHS (système national de santé britannique), mais pourra aussi être imprimé. Il a suscité une levée de boucliers de 70 députés résolus à s’opposer à un dispositif considéré comme une « source de division et discriminatoire ». Et promet des débats houleux à la Chambre des communes – le Royaume-Uni a toujours refusé le principe des cartes d’identité, considéré comme du fichage. 

Et ailleurs ?

Les préoccupations éthiques soulevées par certains parlementaires britanniques se font aussi entendre dans la plupart des pays européens. Si les Vingt-Sept soutiennent le « certificat vert numérique » proposé par la Commission, la plupart restent réticents à un usage domestique pour accéder à certains services ou commerces. En France, les obstacles légaux semblent trop nombreux, en particulier le risque d’une « rupture » du principe d’égalité. Aux États-Unis, le passeport vaccinal fédéral a été écarté par la Maison-Blanche. En Floride, il a même été interdit par le gouverneur Ron DeSantis, au nom du respect des « libertés individuelles ». 


En Israël, le « passeport vert » permet aux citoyens israéliens de voyager sans tests ni quarantaine vers la Grèce et Chypre, avec qui des accords touristiques ont été conclus. À l’intérieur du pays, il est exigé pour certaines activités (concerts, théâtre, salle de gym, restaurants), mais pose plusieurs questions éthiques. Seules les personnes immunisées après avoir été malades du Covid-19 ou qui ont été vaccinées peuvent en posséder un, et non celles disposant d’un test négatif récent. Et des experts des libertés publiques dénoncent l’utilisation abusive des bases de données médicales nationales pour inciter individuellement à la vaccination, au risque d’enfreindre la liberté de chacun. 


Clément Daniez

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