Pessah en quarantaine (vidéo)

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Pour la première fois dans l’histoire récente de nombreuses familles juives se retrouveront séparées pour fêter Pessah.

Celles qui avaient l’habitude de rejoindre parents ou enfants en France comme celles qui retrouvaient pour l’occasion la partie où la branche de la famille vivant en Israël.

Le coronavirus est venu limiter inexorablement les voyages et les échanges. Il a figé chacun dans sa place. Tout se passe comme comme si l’heure des choix était venue. Comme s’il fallait choisir son camp ou plutôt son lieu.

Etes-vous d’ici où de là-bas ? Il devient plus difficile en tout cas d’être un peu de partout à la fois. Cette nouvelle configuration a valeur d’avertissement pour les Juifs de diaspora.

L’incitation à revenir chez soi est également à l’œuvre pour chaque Nation du monde, pour chaque famille, pour tous les individus. Les frontières réapparaissent ainsi que la primauté des politiques publiques et la nécessité d’appartenir à une terre et un groupe humain.

Chacun se voit contraint par se retour à soi de tenir compte des autres et de respecter des règles collectives. L’heure requiert un confinement altruiste. Comme prévu par la tradition, le retour d’Israël sur sa terre implique parallèlement une techouva des Nations.

Le processus d’effacement des différences à l’œuvre en Occident depuis des siècles atteint ainsi sa limité mortifère. Le Covid 19 oblige à un « reset » ontologique. En ce sens, il est à la fois un mal et un remède.

En réassignant chacun à sa place, le virus paraît sonner le glas d’une globalisation débridée. Il amorce une dé-mondialisation généralisée. Il remet en évidence l’impératif de distinction qui est au principe même de la Création du monde.

Le texte de la Genèse nous informe en effet que Dieu distingua entre le ciel et la terre, entre la lumière et les ténèbres, entre les eaux d’en bas et les eaux d’en haut, entre les différentes espèces, entre le jour et la nuit.

L’ordre premier ne peut être ignoré de même que les différenciations apparues dans l’histoire : celle de la dispersion des Nations comme celle de la distinction entre Israël et les Nations.

Le virus remet également à l’honneur une autre valeur phare en Israël : Le sens de l’intérêt général et l’interdépendance de chaque individu. Les Israéliens connaissent tous l’adage talmudique : « Kol Israël haverim ze ba ze ».

La guemara ((Chevouoth 39a) cite en appui à cette affirmation un verset du Lévitique emprunté au chapitre des bénédictions et des malédictions : « Ils trébucheront, l’homme sur son frère, comme en face de l’épée, et pas de poursuivant » (Lévitique 26/37).

Le talmud explicite la dracha : « Ils trébucheront, l’homme sur son frère, à cause du péché de son frère. De nombreux midrachim reprennent l’expression pour expliquer que la faute d’un seul peut faire trébucher toute la collectivité de même qu’à l’inverse, le mérite d’un seul peut la sauver.

Que la véracité de deux grands principes de la tradition d’Israël se trouve ainsi dévoilée au grand jour est le signe d’une étape nouvelle : l’amorce d’une reconnaissance universelle des vérités que le peuple juif a mission de transmettre à l’Humanité.

La sortie d’Egypte version 5780 -que chacun fêtera en son lieu- aura sans nul doute cette année un goût plus prononcé encore qu’à l’accoutumée de délivrance finale.

Antoine Mercier

Source: www.manitou-lhebreu.com

SourceJFORUM.FR

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