Pierre Saba – Insolvabilités de l’Union européenne

L’Union-Européenne (UE) feint d’exercer une diplomatie. A cet effet, ses politiques avaient créé un poste de ministre des affaires étrangères de l’UE. La médiocrité de l’exercice & le niveau si bas des résultats obtenus par les titulaires du poste ne peuvent plus être cachés. Le faste & la prétention de son intitulé, « haut-représentant de l’Union pour les Affaires étrangères & la Politique de Sécurité » n’a d’égal que sa fatuité. Autrement dit, il ne sert à rien.

Pire, au fil des ans, il a non-seulement perdu de sa superbe mais est progressivement devenu nocif et contre-productif.

L’actuel titulaire de la charge est le socialiste espagnol-catalan Josep Borell.

La diplomatie européenne

Elle est l’œuvre de ce qui reste du consensus obligatoire des diplomaties des 27 Etats de l’UE. Compte tenu de leurs antagonismes d’une part & de l’indépendance acharnée de chaque diplomatie nationale au sein de l’UE, il est très difficile de décider d’une diplomatie européenne tant les clivages sont divers & profonds.

Nocivité de la diplomatie européenne

La conduite des affaires étrangères de l’UE est incertaine. Elle est nocive tant pur l’UE elle-même que pour ses partenaires.

L’exemple de Moscou

En déplacement récent à Moscou, Borell s’est vu administrer une leçon publique de modestie de la part du ministre fédéral russe des affaires étrangères. Peu après trois diplomates de l’UE ont été priés de quitter la Russie…

Ces récentes déconvenues diplomatiques & personnelles de Borell à Moscou ont conduit le parlement européen à débattre du caractère personnel et non mandaté de ses activités sur place.

Il y a bien un problème de diplomatie européenne et de déviance nocive de ses actions.

L’épisode russe de Borell n’est pas unique.

L’exemple iranien

Le soutien déterminé de l’UE à la reprise des négociations atomiques avec l’Iran au moment même où celle-ci annonce de nouvelles restrictions aux accords conclus précédemment constitue un antagonisme hostile aux intérêts de l’UE at au respect des accords conclus.

L’exemple du Kosovo

Les intimidations diplomatiques que l’UE a tentées dernièrement à l’encontre de la république du Kosovo dans sa décision d’installer son ambassade à Jérusalem aux prétextes de ne pas contourner les intérêts palestiniens constituent une inutilité supplémentaire et onéreuse.

Le petit Kosovo à majorité musulmane n’a prêté aucun intérêt, aucune écoute aux « recommandations » et autres « insistances » diplomatiques de l’UE. Il a installé son ambassade à Jérusalem.

Le Kosovo constitue un échec patent de la diplomatie de l’UE. Après avoir été incapable dans les années 90 de résoudre le conflit des Balkans & appelé au secours l’armée des Etats-Unis d’Amérique, l’arrogance coloniale de l’UE à l’égard du Kosovo musulman était-elle la meilleure formule à adopter ? Toujours est-il que le Kosovo, Etat européen non membre de l’UE, a su écarter en les méprisant les menaces hégémoniques et colonialistes à peine déguisées de l’UE sur sa diplomatie.

L’exemple palestinien

L’attachement de l’UE à la position palestinienne est nocif à la paix. L’Autorité palestinienne refuse l’application des accords de paix avec Israël, le diffame régulièrement (voir les récentes déclarations du premier ministre palestinien sur France 24 relatives aux « crimes d’Israël », mobilise les institutions internationales sur la base de faits manquants, invoque un droit inexistant, diffuse un antisémitisme contraire aux principes de l’ONU, etc. Bref, l’UE choisit le soutien à une entité qui ment, diffame, invente, cache ses responsabilités dans la situation de guerre que connaît la région et refuse toute proposition de paix depuis des dizaines d’années.

Le dernier exemple relatif aux vaccins C19 est frappant. L’Autorité palestinienne refuse les injections israéliennes sur le Mont du Temple et dans les territoires palestiniens tout en se plaignant de l’absence de solidarité israélienne en la matière !

S’éloignant des principes moraux qu’elle clame partout, l’UE tient nul compte des offres israéliennes refusées et poursuit son rôle de porte-voix palestinien.

Ce soutien diplomatique est ici aussi nocif à la crédibilité de l’UE qu’à la recherche de la paix. Elle lui interdit de participer à quelque négociation de paix qui soit.

L’exemple israélien

Les attaques diplomatiques de l’UE contre Israël sont de moins en moins suivies d’effets. Certes l’ONU et l’UNESCO restent les impitoyables théâtres des attaques que l’UE ordonne contre l’Etat hébreu principalement par la voix de la France. Mais le désenclavement diplomatique israélien, la « stalinisation « des arguments défendus par l’UE rendent plus difficiles & moins crédibles les prétentions anti-israéliennes.

Contre-productivité de la diplomatie européenne

Cette diplomatie européenne est désarticulée, contradictoire, inefficace, contreproductive.

Au niveau de l’UE, elle ne bénéficie d’aucun soutien collectif ni encore moins unanime des Etats membres. Au contraire, elle est décriée par certains et reflète l’indifférence des autres.

Au niveau extra-européen, elle provoque l’incompréhension, le mécontentement, la colère ou le mépris.

Au niveau fonctionnel, elle déplace l’UE en périphérie de plus en plus lointaine des dossiers en cours.

Fin du géant économique européen ?

Pendant longtemps, et jusqu’à peu, l’UE était observée comme un nain politique et un géant économique. Cette situation est désormais résiliée par son comportement diplomatique.

L’exemple du virus C19

Non seulement l’UE importe les masques & les vaccins mais elle éprouve les plus grandes difficultés à le faire d’une même voix et à imposer une uniformité d’achat qui faciliterait les acquisitions et donc les thérapies.

C’est bien une situation coloniale que vit désormais l’UE.

L’exemple israélien

Si l’UE entretient une guerre diplomatique contre Israël, elle vit une paix économique avec Israël.

Sur un plan économique, marchand, scientifique, c’est le contraire ! L’UE découvre depuis des années le caractère incontournable d’Israël avec lequel elle commerce et signe accords après accords.

Les critiques négatives d’Israël, les soutiens aux restrictions commerciales en provenance de Judée et de Samarie (Cisjordanie selon la terminologie européenne) sont publiés à grand cris et constituent des éléments de plus en plus légers.

Le commerce et les échanges divers avec Israël sont de plus en plus importants dans une grande discrétion de moins en moins efficace !

S’agissant du traitement de la crise virale que connaît le Globe, la célérité, l’efficacité, les résultats, les changes commerciaux & scientifiques israéliens dépassent manifestement les qualités de l’UE en la matière.

Bref, l’une des raisons essentielles du déclin de l’UE est que l’unique bras armé dont elle dispose en son commerce fonctionne avec de plus en plus de difficultés. Ce qui reste encore mais pour combien de temps la première puissance commerciale du monde est victime de la médiocrité de ses choix politiques et diplomatiques, des désaccords entre les Etats qui la composent & de la subordination à des puissances qui n’en font pas partie.

L’éloignement de l’UE de ses propres principes conduit à une contre productivité de sa diplomatie et au déclin de son économie. Les exemples de ces deux petits Etats (Israël & Kosovo), tenant tête avec succès au « géant de l’UE », sont précisément démonstratifs du déclin de cette UE et de la responsabilité de ses choix politiques et diplomatiques.

Pierre Saba

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