Policier tué à Avignon: le meurtrier d’Éric M. toujours en fuite

Qui était Eric Masson, le policier tué à Avignon? Tout un commissariat et la commune de Bédarrides sont endeuillés après la mort d’Éric Masson mercredi soir à Avignon

Abasourdis, tristes et en colère. Hier encore, quelques heures après le drame qui a coûté la vie à leur collègue et ami, les policiers vauclusiens et marseillais étaient sous le choc.

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La qualification de «meurtre» a été retenue, et une «cliente toxicomane», d’abord interpellée par Éric M., a été placée en garde à vue, a annoncé le procureur de la République d’Avignon.

Le meurtrier du brigadier Eric M., tué mercredi dans le centre-ville d’Avignon lors d’une opération anti-drogues, n’a toujours pas été interpellé, a annoncé le procureur de la République d’Avignon, Philippe Guémas, ce jeudi 6 mai. Une personne a cependant été placée en garde à vue, présente au moment des faits.

Le procureur a retracé les faits qui ont coûté la vie d’Eric M. Mercredi, aux alentours de 18h30, une brigade d’intervention de la circonscription interdépartementale de sécurité publique du Vaucluse-Gard a été déployée, au retour de Carpentras, dans le centre-ville d’Avignon après avoir été alertée par des riverains de troubles dans la commune.

Sur place, n’ayant rien constaté, Éric M. et deux collègues «prennent l’initiative» de se rendre dans une rue à proximité, connue pour être un point de deal. Ils constatent une transaction entre deux individus, dont l’un avec une sacoche, et une acheteuse. Éric M. et un collègue décide alors de suivre discrètement l’acheteuse. Une fois à sa hauteur, il l’interroge et celle-ci reconnaît les faits. «À ce moment-là, les deux individus s’avancent vers les agents, et l’un d’eux leur demande ce qu’ils font là», précise le procureur. Éric M. décline sa qualité de policier, brassard à la main. «L’individu a alors immédiatement sorti une arme et fait feu», le touchant à deux reprises. Le collègue d’Éric M. a tiré deux fois en représailles, sans toucher sa cible. Le brigadier est décédé de ses blessures.

Ce jeudi, la «cliente toxicomane interpellée» a été placée en garde à vue. En revanche, les deux individus, dont le meurtrier d’Éric M., n’ont toujours pas été retrouvés. «Tous les moyens sont mis en œuvre», a précisé Philippe Guémas, qui a retenu la qualification de «meurtre».

Une dizaine de jours après l’attentat de Rambouillet

«La lutte contre les trafics de stupéfiants, partout sur le territoire national, s’apparente à une guerre. Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats, (…) les policiers et les gendarmes de France. Aujourd’hui, un de ces soldats est mort en héros», avait déclaré mercredi soir le ministre de l’Intérieur au commissariat d’Avignon. «Tout est mis en œuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni», avait promis mercredi le chef du gouvernement Jean Castex en annonçant la nouvelle sur Twitter.

Ce meurtre d’un policier près d’un lieu de trafic de drogue intervient alors que l’exécutif a érigé la lutte contre les trafics en priorité et que l’insécurité s’annonce comme un thème majeur de la campagne électorale présidentielle. Ce drame qui intervient une dizaine de jours après l’assassinat d’une fonctionnaire de police tuée à coups de couteau dans une attaque «islamiste» selon le parquet national antiterroriste, dans le commissariat de Rambouillet, a également suscité de vives réactions des syndicats de policiers.

Le Vaucluse, un des dix départements les plus pauvres de France, a connu une hausse du trafic de drogue ces dernières années. «Dans le département, depuis le 1er janvier, c’est 83 interpellations pour trafic de stups, c’est plus de 60 opérations contre les points de deal», a indiqué Gérald Darmanin.

 « Une marche » des policiers à Paris le 19 mai

L’ensemble des syndicats de police ont appelé ce jeudi à une « marche citoyenne » le 19 mai à Paris, après un hommage dimanche à Avignon à leur collègue tué dans cette ville sur un point de deal, et décidé de suspendre leur participation le 17 mai au « Beauvau de la sécurité ».

Dans une démarche peu fréquente, l’ensemble des organisations syndicales, allant d’Alliance à Unité SGP Police, aux syndicats des commissaires et des officiers, à ceux des personnels administratifs en passant par ceux de la police scientifique et technique, ont décidé de ces actions communes lors d’une visioconférence ce jeudi après-midi, ont expliqué à l’AFP plusieurs participants.

Le directeur de la police nationale dénonce un « acte abominable »

« Notre peine, notre chagrin, notre douleur sont immenses. Notre colère aussi », a écrit ce jeudi à l’ensemble des policiers de France, Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale (DGPN), qualifiant d’ »acte abominable » le meurtre du brigadier Eric Masson à Avignon.

« Nous n’oublierons pas. Le temps n’effacera rien », ajoute le DGPN, dans cette lettre consultée par l’AFP.

« Je mesure à quel point cet acte abominable vous touche au cœur autant qu’il me bouleverse humainement et très personnellement », poursuit-il, ajoutant que la police formait un « collectif indestructible face au mal ».

Eric Masson, 36 ans, a été tué mercredi à Avignon lors d’une intervention sur un point de deal. Le suspect du meurtre était toujours en fuite jeudi.

« Nous nous reconnaissons » en Eric Masson, écrit encore Frédéric Veaux dans son courrier, « dans ses valeurs, ses qualités personnelles et professionnelles ».

« C’était un jeune policier très engagé, très motivé, passionné par son métier. Quelqu’un de très sportif », a aussi déclaré le DGPN, interrogé sur RTL.

Originaire du Vaucluse, il était revenu dans le département voilà plusieurs années. PHOTO DR

Un policier a été tué lors d’une opération antidrogue ce mercredi au cours de laquelle plusieurs policiers ont été pris pour cible par des tirs.

SourceJFORUM.FR

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