Quatre F-16 belges reprennent la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et en Syrie

Cinq avions F-16 de la Défense belge ont décollé ce mardi matin de la base aérienne de Florennes. Quatre d’entre eux doivent atterrir en Jordanie après un vol de 4h45, le cinquième servant de réserve en cas de souci technique durant le vol. La Belgique reprend ainsi sa place dans les opérations aériennes de la collation internationale menée par les Etats-Unis pour combattre le groupe État islamique.

Malgré le démantèlement de son  » califat  » en Irak et en Syrie, et malgré la mort de son dirigeant Abu Bakr al-Baghdadi, l’Etat islamique reste présent dans la région. Les partenaires de la coalition n’ont jamais voulu crier victoire : les groupes terroristes et djihadistes ont la capacité de se fondre dans la population, de former des cellules dormantes et de réapparaître là où on ne les attend pas.

L’ensemble du territoire n’est pas encore sous contrôle. La menace peut se cacher et facilement ressurgir.

  » Ce n’est pas parce qu’on en entend plus parler qu’il n’y a plus de menace sur place « , explique le général-major Thierry Dupont, commandant de la composante Air.  » On a vu avec les attentats meurtriers chez nous que ces organisations peuvent avoir une influence sur nos pays. Avant les attentats, on n’y avait peut-être pas suffisamment prêté attention. Ce n’est pas parce qu’il reçoit moins de visibilité que le problème serait moins important. Il y a toujours des gens qui se cachent. L’ensemble du territoire n’est pas encore sous contrôle. La menace peut se cacher et facilement ressurgir. Je suis fier de cette contribution à la stabilité dans le monde. « 

Trois types de missions

Les chasseurs-bombardiers belges vont mener au-dessus de la Syrie et de l’Irak trois types de missions.  » Nous sommes là principalement pour offrir un support et une protection aux troupes qui sont au sol « , détaille le colonel Philippe Goffin, commandant de la base de Florennes.  » Nos avions sont en vol et armés. Si des troupes sont mal prises, nous pouvons intervenir. « 

Le deuxième type de mission, ce sont sont les vols de reconnaissance. Il peut s’agir de prendre des images de zones sensibles. Leur analyse peut être faite par le pilote à bord ou par des spécialistes à Florennes. Les avions sont également équipés d’un système de guidage laser pour guider des bombes tirées par d’autres.  » La troisième mission, c’est plus rare mais ça peut arriver, c’est un bombardement sur un objectif qui est identifié avant le départ du vol « , ajoute Philippe Goffin.

Droit de veto

Quatre militaires belges sont également intégrés au centre de commandement américain basé au Qatar. L’un d’eux détient un carton rouge, un droit de veto si l’on demande aux avions belges une mission qui ne serait pas conforme à leur mandat.

Les F-16 belges sont équipés de nouvelles bombes, de plus petite taille : elles provoquent en principe des dommages réduits et permettent d’effectuer des frappes chirurgicales. Elles peuvent tout de même perforer 2,4 mètres de béton et planer sur une distance de 110 km avant d’atteindre leur objectif. Un F-16 peut en emporter huit à la fois.

La guerre au temps du covid-19

Le déploiement des quatre F-16 a nécessité l’envoi d’un détachement de 125 hommes pour leur maintenance sur place. C’est 30 militaires de plus que prévu initialement, en raison de la nécessité de placer en quarantaine ceux qui seraient contaminés par le Covid-19. Tous les participants à la mission ont d’ailleurs déjà subi deux semaines de quarantaine et un test avant de partir pour la Jordanie. Il est prévu d’effectuer dix rotations de deux mois.

Les avions devraient être opérationnels le 1er octobre. C’est leur troisième déploiement en Jordanie depuis 2014. Selon l’état-major de la Défense, le groupe Etat islamique a conservé une capacité de nuisance. Devant le parlement au mois de juin, un officier expliquait que l’Etat islamique continue à mener des opérations terroristes et poursuit sa propagande dans les prisons où se trouvent des milliers de ses combattants.

Réticences francophones

Le renseignement militaire américaine estime que l’EI a « gardé sa cohésion, avec une structure de commande et de contrôle intacte, des réseaux urbains clandestins et une présence des insurgés dans la plupart des zones rurales de Syrie ». Pour l’armée américaine,  » la mort de Baghdadi n’a pas conduit à une dégradation immédiate des capacités de l’EI ».

Le gouvernement et le parlement belges ont donc donné au mois de juin leur feu vert à cette opération pour un an. Côté francophone, socialistes, écologistes et PTB s’étaient prononcés contre cette troisième participation belge. Pour certains élus, l’intervention militaire en Syrie ne s’appuie pas sur un mandat valable et n’est pas conforme au droit international. D’autres avaient exprimé leur méfiance à l’égard de la politique et de la personnalité du président américain Donald Trump et estimaient qu’il ne fallait pas répondre positivement à la demande américaine.

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